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                    <text>PALEO-PIEMONTE
Un viaggio nel tempo, tra mari, dinosauri e mammut

�IL FOSSILE E’…
- Viene scavato
- Testimonianza della vita
- Tracce lasciate da
animali e vegetali
- Vari tipi di tracce

�QUANTI TIPI DI FOSSILI ESISTONO ?

�Cos’è il TEMPO?

TEMPO dell’UOMO ≠ TEMPO della GEOLOGIA

����LE TAPPE DEL TEMPO che hanno lasciato tracce
fossili sul NOSTRO TERRITORIO
1.
2.
3.
4.
5.

IL MARE del PALEOZOICO
Gli ARCOSAURI sulle spiagge delle ALPI
I DINOSAURI ITALIANI
La pianura padana SOMMERSA
Il Piemonte come le savane africane

��PALEOZOICO, un mare eterno
• CAMBRIANO
• ORDOVICIANO
• SILURIANO
• DEVONIANO
• CARBONIFERO

�QUANTO TEMPO SOMMERSI ?

�CAMBRIANO
↓
COMPAIONO TUTTI I PHYLA ANIMAL
ORA 2 MILIONI DI SPECIE
Sono solo 1% di quelle vissute sulla
Terra

��Gli ARCOSAURI del Triassico sulle nostre
montagne

�Geologia delle alpi
Dove stiamo?
Montagna o mare ?

��Isochiotherium gardettinensis

���VIRTUAL
PALEONTOLOGY

�La grande era dei dinosauri

�Theropoda

Ornithischia

Ornithischia

Sauropodomorpha
Sauropodomorpha

Saurischia
DINOSAURIA

Theropoda

�AMBIENTE
MESOZOICO
IN ITALIA

Ma chi ci viveva ?

�Saltriovenator zanellai

���CIRO – Sipionyx samniticus

Trovato nel 1980 a Pietraroja (Benevento) dal veronese
Giovanni Todesco

�IL DINOSAURO PIU’ BELLO DEL MONDO

���Antonio del villaggio dei pescatori

���E QUESTI CHE DINOSAURI SONO ???

�LA FINE E L’INIZIO… un’altra volta

��IL MARE TROPICALE – Eocene, 50 m.a.

����BOLCA - Lagerstätte

Lagerstätte: eccezionale quantità di informazioni sulla
vita del passato a causa dell'abbondanza degli
esemplari contenuti

�I dominatori dei mari padani – Miocene

�Balene – un viaggio tra terre e mari

�IL MEGALODONTE

Uno squalo da 18 – 20 metri !!!!

�Squali che rimangono nel tempo

�IL MEDITERRANEO oggi

��UNA SAVANA A TORINO

��ICE AGE, non una ma una lunga serie

��Mammuthus primigenius
IL RE DEI GHIACCI

�ERAVAMO POI COSI’ DISTANTI ?

�«Noi»

�OUT OF AFRICA, teoria valida?

�E’ DAVVERO ANDATA COSI’?

�E TUTTO QUESTO….TUTTO TUTTO…HA PORTATO A ???

VOI

�CHE DOMANDE
TI SONO VENUTE
IN MENTE ???

�GRAZIE PER L’ATTENZIONE
E ricordate… sognate e scegliete la vostra strada!
Ogni lavoro, se è la tua passione, sarà bellissimo.

�Slide 1
Titre et présentation, le Piémont a vécu différentes phases durant des millions d’années, pendant
lesquelles les milieux ont changé et avec eux leurs habitants.
Slide 2
Le fossile est quelque chose qui est déterré(fossile vient du latin “tiré de terre” et fouir, creuser),
c’est un témoignage de la vie, et c’est une trace laissée par un être vivant.
Slide 3
Différents types de traces de fossiles. Les “body fossiles” sont les classiques squelettes de
dinosaures, puis il y a les ichnofossiles qui sont des empreintes. Les restes momifiés, comme ceux
du permafrost, les fossiles d’œufs, les coprolithes qui sont les excréments fossiles qui donnent
d’importantes informations sur la diète.
Slide 4
Le temps dans notre vie est scandé par les aiguilles de l’horloge, les calendriers et le soleil. Le
temps géologique est immensément plus grand et inimaginable.
Slide5
Activité pratique pour les enfants, ils doivent mettre en ordre chronologique l’arrivée des animaux,
pour composer une ligne du temps humain dans la cour. Cela sert á augmenter la collaboration et
comprendre l’immensité du temps profond.
Slide 6
Vidéo sur le temps profond, du big-bang á nos jours, il racconte comment à changé la terre.
Slide 7
Comme les enfants ont fait leur ligne du temps, les paléontologues en donnent une très colorée,
complexe et pleine de dates.
Slide 8
Étapes de notre voyage dans le Piémont.
Slide 9
Durant le paléozoïque, les roches sur lesquelles nous vivons aujourd’hui, n’avaient pas été créés et
dans cette région il y avait la mer, une mer qui a duré des millions d’années et qui a accueilli
l’origine de la vie.
Slide 10 - 11
Faire comprendre la longueur de cette période en prenant comme référence la ligne du temps
élaborée auparavant.
Slide 12

�Faire comprendre qu’en ce moment, s’enfoncent les racines de toutes formes de vie, qui maintenant
peuplent notre terre. On jette un coup d’œil également sur la complexité de la vie actuelle.
Slide 13
Vidéo sur les plus curieuses formes de vie de l’époque.
Slide 14
Deuxième étape, les archosaures du Triassique, les empreintes de ces animaux ont été trouvées sur
les Alpes, non distantes de notre zone.
Slide15
La différence du paysage du Triassique á nos jours. Le temps et les forces endogènes sont
impressionnants.
Slide 16
Les fouilles, qui ne sont pas toujours faites en conditions idéales, comme on le voit dans les
ripréses, dans ce cas là météo, la neige et le froid nous ont mis á dure épreuve, mais le résultat a
mérité les efforts.( Team de Suisse Romande et nous les étudiants de Turin.
Slide 17-18
Isochinotherium: c’est l’animal qui a laissé ces empreintes. Il était long 5 mètres et c’était un
archosaure, un proche parent des dinosaures.
Slide 19
Comment se déroulent les études des empreintes? Par les photographies et une quantité de
mensurations.
Slide 20
La photogrammétrie porte á la production d’un modèle 3D d’affleurement.
Slide. 21
Le mésozoïque , la période où les dinosaures deviennent les dominateurs de la terre. Dans le
Piémont ils furent également présents
Slide 22
Phylogénique des dinosaures, les 3 groupes bases.
Slide. 23
Comme se présente le nord de l’Italie dans cette période?

�Avec une mer chaude et une série d’îles, atolls et mers basses. Maintenant faisons défiler certains
des dinosaures les plus connu trouvés en Italie.
Slide 24
Saltriovenator, le chasseur de salterio est le plus grand carnivore en Italie. Conservé au musée de
Milan, il était muni de dents affilées et sa longueur était de plus de 5 mètres.
Slide 25
Reproduction d’un dinosaure grandeur nature hors du musée de Milan.
Slide 26
La découverte d’une paroi de l’ allosaure. Le vidéo de l’extraction du paléontologue du musée de
Milan Cristian Del Sasso.
Slide 27
Ceci est le plus iconographique des dinosaures jamais trouvé en Italie. Il est considéré le dinosaure
le mieux conservé au monde. C’est un petit de quelques jours/semaines, il est très bien conservé.
Slide 28
Comme déjà dit, c’est le mieux conservé au monde, et on peut voir toute l’anatomie intérieure
de l’individu avec un détail impressionnant.
Slide 29-30
Détails du crâne et des intérieurs.
Slide 31-32-33
Dans un autre site de l’Arc Alpin ont été trouvé des restes cet autre dinosaure ornithologique. Il a
été appelé Antonio et c’est un hadrosaure. Lui aussi est presque complet, il est plus petit que
Bruno qui se voit dans la slide successive. Dans la 3e slide, nous trouvons un modèle précis de cet
espèce.
Slide 34
Comme nous l’avons dit, la situation était côtière et insulaire et donc nous ne devons pas oublier,
les mers et les cieux ceux-ci sont considérés par tous des dinosaures aquatiques et volants. En
réalité
Nous devons nous rappeler que ce ne sont pas des dinosaures, mais des “cousins” vécus dans la
même période.
Slide 35-36
La grande extinction , due á l’astéroïde qui a touchée la terre il y a 65 millions d’années. A ce
moment part l’ère des mammifères. L’événement fut dévastateur et en quelques centaines/milliers

�d’années, effaça la majeure partie de la vie sur la terre (entre dans le big 5, les extinctions plus
intenses)
Slide 37 a 41
Dans cette série de slide, nous parlons d’un autre gisement, celui de Bolca. C’est le gisement italien
le plus connu, il remonte á l’Eocène 50ma. En cette période la mer qui baigne l’Italie est une mer
chaude, tropicale et la faune qui y vit en est le témoignage. C’est incroyable comme les
exemplaires parfaitement conservés, ressemblent extrêmement aux animaux actuellement
existants. Certains exemplaires sont les requins, les poissons et les crocodiles retrouvés. Bolca ,vue
l’extraordinaire conservation a été considérée un “lagerstatte”, un site paléontologique
riche d’informations données par de très beaux fossiles.
Slide 42
Dans le miocéne, l’Arc Alpin est désormais en position et celle qui est maintenant la plaine padane,
était une mer peu profonde et riche de vie. Ici on voit deux baleines.
Slide 43
Exemple d’évolution : la baleine. Les baleines n’ont pas toujours été adaptées á la vie dans l’eau.
De fait, les premières baleines étaient comme dès chiens qui vivaient sur la rive et sur la côte, puis
petit á petit elles s’adaptèrent á une vie de plus en plus aquatique jusqu’á devenir adaptées á 100% á
une vie aquatique.
Slide 44
Le mégalodon : nous pouvons le retenir un des requins plus représentatif sur la terre. Sa réputation
est due principalement á ses dimensions. Ces requins pouvaient arriver á mesurer 18-20 m.
C’étaient des machines de chasse et leurs proies préférées étaient les baleines que nous avons vue
auparavant. Dans l’astigmate il est rare mais possible de trouver des dents de ces requins
préhistoires.
Slide 45
Les requins sont sûrement les animaux qui se sont conservés durant la longue histoire de la vie de la
terre. Celui de gauche est un requin paléozoïque, tandis que celui de droite est un requin tigre. A
part quelques différences , ils sont pratiquement identiques (noter comme sont éloignées les deux
étoiles á gauche).
Slide 46-47
Les changements de la Méditerranée durant la crise saline du Messinien qui mena la
Méditerranée presque á disparaître .
Slide 48
Cet assèchement de la mer a ouvert un pont pour beaucoup d’animaux qui de l’Afrique se sont
répandus en Europe. Dans la plaine padane, on peut encore trouver des restes d’animaux comme le
rhinocéros , des félins comme le lion, des éléphants, des singes etc…

�Slide 49
Les éléphants qui ont vécu dans la plaine, étaient de deux espèces . Les premiers plus vieux et
adaptés à une vie dans la savane et au climat chaud, c’étaient les Anancus avernensis, tandis que
seulement
successivement avec l’arrivée du refroidissement climatique , arrivèrent les plus connus : les
mammouths.
Slide 50
Avec les mammouths arrivèrent les rhinocéros laineux type elasmotherium et les ours des
cavernes.Rappelons-nous que l’ère glaciaire ne fut pas unique , mais une série d’événements durant
lesquelles la température variée beaucoup .
Slide 51
Serie d’épisodes glaciaires et interglaciaires.
Slide 52
Le roi des glaces, focus sur les Mammuthus primagenius.
Slide 53
Quand les derniers mammouths disparurent, nous devons nous souvenir qu’existé déjà la
civilisation égyptienne .
Slide 54
Nous sommes les derniers arrivés sur le territoire.
Slide 55
Les études passées nous disent que nous arrivons de l’Afrique. En réalité des études récentes
mettent en crise cette théorie, mais nous devons attendre de nouvelles études pour comprendre
mieux la situation.
Slide 56
Rappelons que cette image, symbole de l’évolution de l’homme est complètement fausse.
Slide 57
Là est la vraie situation , non une ligne de succession mais un buisson évolutif tourmenté qui a
porté á notre espèce.

�</text>
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                  <text>Le attività degli Sportelli Linguistici fanno in modo che la popolazione entri in contatto con la lingua storica minoritaria sia nella sua forma orale, sia in quella scritta, ponendo le Pubbliche Amministrazioni nella condizione di corrispondere in lingua minoritaria, ai sensi della L.482/99, garantendo la presenza di personale che sia in grado di rispondere alle richieste del pubblico usando la lingua ammessa a tutela.</text>
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                    <text>Sën Gian
Associazione di Promozione Sociale

Le racines au
contraire
Spectacle historique
de Tullio Parise

4 et 5 juillet 2020

�Personnages et interprètes:

1)Marco jeune

Cristian Malan

2)Sonia jeune, compagne de Marco

Adele Parise

3)Giuseppe Charbonnier à 26 ans

Diego Meggiolaro

4)Maria Peyrot, épouse de Joseph à 22 ans

Bianca Parise

5)Bartolomeo Peyrot, père de Marie a 55 ans

Alessandro Bruno

6)Maria Artus, mère de Marie à 58 ans

Rossella Tedeschi

7)Maddalena, femme de Bobbio Pellice

Paola Cesano

8)Anna, jeune femme de Bobbio Pellice

Cristina Marian

9)Vittoria, femme de Bobbio Pellice

Franca Malanot

10)Joseph Charbonnier, vieux

Tullio Parise

11)Joseph Charbonnier a 54 ans

Emil Miegge

12)Jean Gemonat, habitué de l’auberge, français

Carlo Curto

13)François, patron de l’auberge, français

Ernesto Asvisio

14)Albert, garçon de l’auberge français

Gionathan Campia

15)Jacques, habitué de l’auberge, français

Piercarlo Reinaudo

16)Monsieur Musset, pasteur évangélique, français

Michele Malan

17)Paulette, française

Donatella Caffarel

18)Susanne, française

Annarita Reinaudo

19)Camille, française

Giancarla Deferrari

�20)Marie Peyrot, épouse de Joseph a 50 ans

Ivana Cogno

21)Hyppolite Charbonnier, fils de Joseph et Marie, 27 ans

Matteo Ficara

22)Pierre Charbonnier, fils de Joseph et Marie, 16 ans (21 en réalité)

Daniel Davicino

23)Joseph Barthelemy Charbonnier, fils de Joseph et Marie, 12 ans
(18 en réalité)

Micael Fissolo

24)Marie Charbonnier, fille de Joseph et Marie 12 ans (10 en réalité)

Giulia Bertalot

25)Caterina, femme de Bobbio Pellice

Marisa Sappè

26)Adelina, femme de Bobbio Pellice

Ornella Novajra

27)Antoine Durand, homme

Marco Pasquet

28)Monsieur Lalande, juge

Fulvio Giuliano

29) Martel, geôlier

Luca Malan

30)Bouvier, prisonnier

Antonio Valter Pignataro

Techniciens: Musiques, Sons, Lumières, Voix et Bruitages, Vidéos, Costumes, Décors

- Musique:
- Techniciens Son et Lumières

Chorale Vaudoise de Rorà
Valter Carle, Dino Massello, Andrea Rabito

- Voix et bruitages

Piergiorgio Brun

- Réalisation vidéo

Sylvie Mattio

- Changement décors, costumes, scénographie

Tout le monde

Régie

Tullio PARISE

�Prologue: dans un lieu non précisé, dans les vallées, de nos jours
Le spectacle commence avec la Chorale qui monte sur la scène et qui chante un’ introduction (Chant I: « Adieu à la
Patrie»). Au devant de la scène arrivent deux jeunes. Ce sont Marco et Sonia. À la fin du chant, la Chorale disparait
derrière le décor et restent sur scène seulement les deux jeunes. Ils sont couverts de poussière et décoiffés. Le décor est
composé de deux chaises défoncées, un meuble délabré, quelques objets cassés et inutiles et un vieux coffret en meilleur
état. En outre il y à d’autres malles et valises, bagages symboliques de tout émigrant.
Personnages et interprètes: Marco et Sonia jeunes.
Marco (il regarde autour de lui désolé): Quel bordel (et après une pause, il répète sur un ton de voix plus bas et plaintif)
Quel bordel …!
Sonia (le réprimande): Vraiment tu ne sais pas dire autre chose, Marco? Depuis que nous sommes entrés ici, tu n’as fait
que répéter (elle le singe) “Quel bordel!”
Marco (vexé): Mais regarde autour de toi Sonia! Regarde autour de toi. Ici ça ne te semble pas à toi aussi un grand
bordel?
Sonia: (en soufflant): Oui! Mais ce n’est pas en te plaignant tout le temps que les choses changeront! Nous avons voulu
acheter cette ruine? Nous désirons la remettre en état pour venir y habiter? Donc nous n’avons pas d’autre choix
que de nous mettre au boulot.
Marco (ouvrant les bras) Oui, oui, mais si je avais su combien de boulot il y avait à faire je ne me serais pas embarqué
dans cette entreprise.
Sonia (en se mettant en colère) Bien sur tu aurais préféré continuer à vivre avec papa et maman (ironique) tu aurais fait
le fils à papa tutte ta vie? Belle perspective.
Marco (de plus en plus vexé) Je n’ai pas dit ça! Je dis seulement que peut être on aurait mieux fait
choisir une maison si vieille et en si mauvais état!

de

ne

pas

Sonia (regardant autour d’elle perplexe elle aussi) Surement, mais qui nous aurais donné l’argent
pour
une
maison neuve? Et puis ce sera une vieille baraque mais les murs sont solides. Nous la retaperont et elle aura une
personnalité, la nôtre! Moi je n’aurais pas voulu d’un
appartement pareil aux autres.
Marco : Ah, avec ça soit tranquille, tu seras satisfaite. Des maisons pareilles il n’y en a pas
beaucoup sur
le marché. Le problème maintenant est un autre. Nous devons trouver une
camionnette pour déménager tuttes ces
vieilles choses, faire le ménage à fond et voir tous
les travaux à faire.
Sonia (de nouveau se regarde autour, se déplace lentement, en parlant et s’approche d’une vieille malle) Allez,
maintenant n’exagère pas comme d’habitude. Non, ce n’est pas tout à jeter. Cette malle par exemple, on la
nettoie, on la revernit et on l’utilisera comme coffre!
Marco (se moquant) Bien sûr ! Elle sera toute vermoulue (Sonia souffle en ouvrant la malle) Et puis qu’est que tu espère
trouver dedans. Un trésor ? Des vieilles monnaies. Il y a que des vieux chiffons usés. (il fait une pause en
regardant Sonia interrogatif) Eh tu ne me réponds pas ? Regarde que …
Sonia (elle lève la main pour l’arrêter) Mais cesse donc! Ne parle plus et vient plutôt voir. Regarde ! (et indiquant a
Marco un papier jauni par le temps quelle tien à la main) regarde ce que j’ai trouvé!

�Marco (il s’approche récalcitrant) Qu’est que c’est ? L’héritage d’un oncle d’Amérique?
Sonia (sourit, pendant qu’elle le prend par la main et le fait s’assoir à coté d’elle sur une chaise qui tout de suite se
casse. Elle à un fou rire, Marco au début s’assombrit puis il rit de lui même et s’assoit sur un angle du coffre
ouvert. Lis-ça.
Marco (cherche à lire, puis éclate) Mais c’est en français! Et en plus écrit à la main ! Je n’y comprends rien !
Sonia (avec patience) Mais non. Si les choses tu les lis avec attention, ça ce comprend! (elle s’arête un moment
absorbée per la lecture, puis s’exclame) Marco ! Mais on parle d’une condamnation à mort ! Le Joseph
Charbonnier … est en prison (elle lit) nait à Beubi ! Marco ! C’est Bobbio ! (elle penche de nouveau la tête vers
la feuille pendant que Marco semble intéressé, Sonia reprend à lire) … coupable d’avoir le 28 juillet 1850, à
Banon, commis volontairement sur la personne de Jean Gemonat (elle s’arête, regarde Marco avec insistance)
avec l’aide d’un couteau.
Marco : Fait voir (il prend et lit rapidement) mais c’est arrivé il y a 170 ans, en France. Et il a risqué la guillotine (il se
retourne et prend vite un vieux livre, noirâtre et l’ouvre) Regarde une Bible.
Sonia : Une Bible de famille.
Marco (lit sur la première page) Marie Peyrot née à Bobbio le 4 avril 1800, fille de Bartholomé Peyrot, 55 ans et de
Marie Artus 58 ans, le 14 novembre 1822. Joseph Charbonnier, né à Bobbio en 1796, profession charbonnier.
Sonia : Charbonnier de nom et de profession
Marco (il marque une longue pause) Une histoire étrange. Un qui nait à Bobbio, se marie, finit par tuer un autre. (Il relit)
où est déjà qu’il a tué untel à Banon ? Et c’est où Banon ?
Sonia : En France ! Tu vois il parle du Tribunal de Justice de Digne. (Marco ne semble pas
comprendre). Digne, Marco ! En Provence !
Marco : Mais alors ce Joseph et cette Marie ont émigré en France ?
Sonia : Quelle histoire ! Un meurtre du quel on connaît rien … un mariage d’il y a 200 ans … (avec un air songeur) un
mariage … (on entend au loin un hymne chanté par la chorale : « Seigneur dirige et sanctifie ». Chant II.
Pendant ce chant Marco e Sonia s’éloignent laissant la scène avec les décors. La Chorale entre sur la scène,
chante et à la fin repart ).

Acte I

Dans la court du Temple Vaudois de Bobbio Pellice (14 novembre 1822)

(Entrent en scène Giuseppe Charbonnier, un homme de 26 ans, avec sa femme Marie Peyrot de 22 ans. Avec
eux il y aura Bartolomeo Peyrot, le père de Marie, de 55 ans et Marie Artus, la mère de 58 ans. Ensuite
entreront en scène aussi trois femmes, Maddalena, Anna, Vittoria et Giuseppe et Maria qui viennent de se
marier. Les visages son échauffés, émotionnés mais ils laissent entrevoir une certaine préoccupation).

�Giuseppe : (entre en scène tranquille, avec la jeune marié à son bras, viennent en suite les beaux
parents) Et voilà
Maria ! Maintenant nous sommes mari et femme (il regarde du coin de l’œil Maria) vous n’êtes pas contente ?
Maria (d’un air timide) Oh certainement, je le suis.
Giuseppe (agacé) Vous n’en avez pas l’air …
Maria : Qu’est est ce que vous voulez dire ?
Maria Artus (intervient) Ma fille est contente certainement. Qu’est ce que vous voulez, qu’elle vous l’écrive ?
Giuseppe (apeuré par la réaction de sa belle mère) Non … certes non … mais je me demandais …
Maria Artus : Et si elle ne vous le dit pas en sautant de joie come il semble que vous le voudriez, c’est qu’elle à ses
raisons.
Giuseppe : (tentant son autodéfense) Qu’est ce que vous voulez dire ? Quelles raisons …
Maria : (tente d’interagir) Mère …
Maria Artus (l’interrompt brusquement) Laisse moi parler, je te connais plus que tu te connais ! (à Giuseppe) Ma fille
est préoccupée pour son futur !
Bartolomeo (tente à son tour d’intervenir) Excusez moi Maria, peut être que notre fille …
Maria Artus : (brutale) Vous taisez vous : croyez vous connaitre ma fille plus que moi ?
Bartolomeo: Non surement pas, mais …
Maria Artus : (coupant court) Et alors laissez moi parler, moi j’ai élevé cette fille. Si vous voulez vraiment dire
quelque chose, parlez de ses quatre frères qui sont des hommes. Mais de Maria et de sa sœur Caterina, beh,
seulement moi je peut dire quelque chose !
Giuseppe : (essaie de parler) Vraiment je crois que Maria puisse répondre tutte seule aux questions.
Maria Artus : (agacée) Boff ! Certainement qu’elle peut ! Mais de toute façons je sais très bien ce qu’elle veut vous
dire (après une pause) alors allez, ma fille : dites quelque chose à votre curieux de mari !
Maria (regardant sa mère et puis son mari) Je suis contente, Giuseppe. Vraiment. Peut être, suis encore comme ça, je
ne sais pas bien quoi penser. Je dois m’habituer à l’idée d’être votre femme.
Giuseppe : Oh, cela non sera pas difficile de vous habituer.
Maria Artus : (traquant la fille) Et puis…
Maria : (toujours incertaine) Et puis …
Giuseppe (interrogatif) Et puis ?
Bartolomeo (incrédule) Et puis ?
Maria Artus (souffle en incitant la fille) Allez ! Et puis.
Maria : Et puis je suis un peu « sagrinà » …

�Giuseppe : (ne sais pas quoi penser) « Sagrinà » ?
Bartolomeo : (avec un air de minimiser) « Sagrinà »… ?
Maria Artus (en coupant court) « Sagrinà » !
Giuseppe (après une pause) Mais assez ! On rassemble aux « »galucciu » le matin qui répètent tous le même refrain
« Sagrinà , sagrinà, sagrinà ». Mais « sagrinà » pour quelle raison ?
Maria Artus « Sagrinà » pour le futur !
Giuseppe (n’en croit pas à ses oreilles) Mais le futur ? Mais quel futur ? (à ce moment rentrent trois
Bobbio, Maddalena, Anna e t Vittoria)

femmes

de

Maddalena : Félicitations ! (et va vers la mariée pour lui faire la bise).
Anna : Oui, tous mes souhaits et soyez heureux (pendant que Maddalena prend dans ses bras l’épouse et lui fait une
bise)
Vittoria (elle aussi félicite les jeunes époux) Quel beau couple vous faites !
Marie (dit à Marie Artus qui la regarde d’un air renfrogné) Ils sont vraiment un beau couple
Maria Artus (haussant les yeux au ciel e soupirant) Si, si, certainement.
Anna : Ah vous devez être orgueilleuse de votre fille et de votre gendre.
Maddalena : Oh si, un grand travailleur.
Vittorio : Et puis avec un métier sur. Ah si un métier sur.
Maddalena : Le pensez-vous pas aussi, Maria ?
Maria Artus (comme ci-dessus) Ah, ça.
Anna (à Bartolomeo qui semble absent, et éloigné) Vraiment Bartolomé ? Qu’est ce que vous en
Bartolomeo (en retournant sur terre) Comment ? Ah, sur, faire le charbonnier est un métier qui va
Giuseppe (interviens fier de lui) Oui mais ce n’est pas facile, eh ? Il faut savoir choisir le bois et bien
charbonnière et puis maintenir la bonne température sinon tout brûle et tout
est foutu.

dites ?
toujours bien.
faire

la

Maria (orgueilleuse) Eh, Giuseppe est un des plus habiles à faire le charbon.
Anna : C’est sur : nous le savons bien1
Vittoria : Et c’est vous qui avez le meilleur charbonnier. Eh !
Maddalena (avec suffisance) Le meilleur ! Mon mari aussi est brave à faire le charbonnier. Et puis
sont pas seuls à faire le charbon. Les femmes et les garçons aussi s’ils veulent.

les hommes ne

�Maria Artus (intervient) Vraiment, et à la fin tous morts de fatigue, noirs comme des « diau » et les
de poudre qui te brûle. Belle vie !

poumons pleins

Bartolomeo (apres une pause) Mais c’est le travail que nous avons, Maria mon épouse. Et un
métier honnête. Cela ne
sera pas le plus beau métier du monde, mais nous l’avons
toujours fait de père en fils. Il nous a toujours donné à
manger et moi je serais orgueilleux
que Giuseppe et Maria me donnent des petits enfants qui fassent les
charbonniers !
Maria Artus (hausse les mains sceptique) Cela sera …
Anna (après une pause) Nous peut-être nous partons.
Maddalena : Oui partons, vous aurez à faire … travailler …
Vittoria (malicieuse) Oh peut-être les mariés doivent faire quelque autre chose …
Maria Artus : Oh cela sera mieux qu’ils se mettent à travailler, à partir d’aujourd’hui, ce ne sera plus moi à les nourrir !
Giuseppe (s’opposant) Eh! “Travajé, magara duman ! “ Laissez nous faire un peu la fête,
Bartolomeo : Juste !

aujourd’hui

Maria Artus (coupant court) Eh, « adess vedruma » (au mari) Vous vous êtes marié il y a plus
pouvez retourner au travail ; la charbonnière vous attend.

de trente ans et vous

Vittoria (partant avec Maddalena et Anna) Oui, oui, alors au revoir.
Maddalena : Au revoir.
Anna : Au revoir et encore félicitations ! (parlant aux deux autres en sortant). Quelle
là !

insupportable vieillarde celle-

Maddalena: Cela ne lui suffit pas que de ses six fils, les trois plus vieux ne soient pas mariés et ils
maison à travailler pour elle.

sont tous à la

Vittoria : Juste à trente ans elle les mène à la baguette. Ils travaillent comme des malheureux et jamais de plaisir !
Maddalena : Et le mari ? Quel « bunom » Vous avez vu quelle figure il fait ?
Anna : Quelle famille ! Quelle famille … un père et trois fils qui semblent fait dans le même moule,
des faibles. Et le plus jeune ? Espérons …
Vittorio : Heureusement que Maria et sa sœur Caterina semblent plus malines …

tous

comme

Maddalena (levant les yeux au ciel) Ah et si ce Giuseppe l’emporte loin !
Anna : Mah, oui, peut-être. Celui la il semble maintenant un peu endormi mais j’en ai entendu des
compte… Il est plus rusé que cela ne semble !
Vittoria (d’un seul coup intéressée, presque conspiratrice) Vraiment, raconte, raconte… …
Anna : Vous devez savoir… (elles sortent et la voix d’Anna s’éteint à la sortie)

belles

sur

son

�Maria (qui était en train de sortir se tourne brusquement) Ah vous n’avez pas compris ? Vous avez
d’explication ? (elle rit) « Bel om ca l’é mariase mia fia ! »

besoin

Bartolomeo : Allez ne soyez pas injuste.
Maria Artus : Injuste ? Vous les hommes vous semblez vivre dans un autre monde ! Vous faites
ce métier et
vous en êtes fiers. Vous faites bien, mais la faim que nous ressentons chaque
fois que nous avons fini de manger,
celle là vous la comprenez ? Faites les charbonniers.
Vous êtes toujours sales et mort de fatigue. Et de l’argent
pour la nourriture toujours peu, je le sais moi quelle fatigue nous avons fait pour élever nos 6 enfants. Et vous (elle
indique Bartolomeo) qui en vouliez d’autres !
Maria : Maman, nous avons grandi bien pourtant ; nous n’avons jamais souffert la faim…
Bartolomeo (après une pause) Ta mère a raison Maria, si vous n’avez pas souffert la faim, c’est parce que souvent nous
les adultes nous nous sommes privé de nourriture pour vous la donner. Et maintenant qu’à la maison, nous avons
d’autres hommes qui travaillent,
finalement nous pouvons être un peu plus à l’aise. Mais tu (s’apercevant de
Giuseppe), vous
… et les enfants qui viendront, vous serez seuls et vous ferez la même vie que nous, tant
d’années. Cette vie dure !
Giuseppe (sur de lui) Je travaille dur et je m’occuperai de votre fille et de nos enfants, si nous en

aurons.

Maria Artus (pleine de doutes non exprimées) Cela sera. (Elle prend son mari sous le bras)
« Nduma adess » (elle
est en train de sortir à coté de son mari, une seconde avant, elle se
tourne et les regarde une dernière fois) Cela
sera…
Giuseppe (apres un moment de pause) Et alors !
Maria (elle regarde son mari, elle a une lumière diverse dans les yeux) Et alors quoi ?
Giuseppe : Vous ne me direz pas que vous avez les mêmes idées de votre mère ?
Maria (d’un air décis) Regardez Giuseppe, ici on ne parle pas de se faire des idées. Ma mère
connait très bien mon
caractère. Je la connais. Mais je sais aussi qu’elle a raison. Ces bois, cette montagne sont durs et difficiles. Monter par
la Combe du « Ghicciard » tous les
jours à faire des fagots, pour le charbon, se casser le dos, respirer la fumée et la
poussière
pour quelques sous… Maintenant nous y arrivons, certainement mais si nous avons des
fils ?
Giuseppe (il semble que sa confiance en soi se détériore un peu) Eh, oui je comprends, mais nous
sortirons et puis ? Qu’est ce que voudriez faire à la place ?

nous

en

Maria : Je ne sais pas. Maintenant nous nous sommes à peine marié, continuons comme ça. Mais
moi je ne veut
pas faire la fin de mes frères. Moi je veut des enfants et nous y devons penser. Si les choses vont mal, nous pourrions
penser de partir.
Giuseppe : Partir ? Mais où ? Descendre à la plaine ? En bas à « Sen Gian » à cultiver les
Bonjour et les Rostagnol ?

champs ? Comme les

Maria : Peut-être, peut-être plus loin. Vous vous souvenez de la Linette Davit ?
Giuseppe : Linette ? Mais Linette est partie … (il reste muet). Mais Linette est partie en France !
Marseille faire la « sirventa » dans une maison là-bas. Là elle connaissait le
pasteur….
Maria : Et alors nous ne pourrions pas faire nous aussi la même chose ?

Elle est allée à

�Giuseppe : Mais ici nous travaillons ensemble à faire le charbon et …
Maria : Moi je ne ferai pas charbon toute la vie. Moi je ferai des enfants, je les élèverai et mes enfants devront aller
aussi à l’école. Vous serez seul à travailler. Si nous étions ailleurs, je pourrai faire la bonne ou la nourrice pour une
famille riche. Nous serions mieux…
Giuseppe (semble y penser) Oh bien maintenant cependant nous n’en sommes pas encore là.
Maria (soupirant) Ça va. Nous n’en parlons pas encore. Mais nous ne pourrons pas renvoyer cette
discussion
encore pour longtemps. (elle regarde dehors) Moi j’y vais. Vous si vous voulez échanger encore deux mots avec les
autres (elle indique en bas de la scène) faites donc.
(Elle sort).

Acte II

Dialogue entre Giuseppe et Joseph
Dans un lieu imaginaire (14 novembre 1822)
(Pendant que Giuseppe reste en scène et se déplace en avant, s’illumine un coin au fond de la scène à gauche et des
coulisses sort un vieillard)
-Personnages : Giuseppe Charbonnier à 26 ans, Joseph Charbonnier vieux-

Giuseppe (parlant à lui-même, perplexe) Partir ! Mais qu’elle bêtise. Comme si à un certain
partir et s’en va. Comme ça !

moment, un décide de

Joseph : Eh, si on savait que nous réserve le futur !
Giuseppe : Que savon nous de ce qu’il y a hors d’ici ? Hors de Bobbio ?
Giuseppe : Et puis encore, encore, si elle m’avait dit qu’elle avait envie d’aller là bas, près de San
Mais… en France ! Mais c’est une folie !

Giovanni…

Joseph : Pourtant si on doit faire un saut, autant le faire grand…
Giuseppe : A Sen Gian ce n’est pas très différent d’ici.
Joseph : En France, on dit, qu’on est bien. Il y a beaucoup de terre et le travail se trouve facilement…
Giuseppe : et en France on parle français et au moins je le connais. Mais tout le reste : en France
Français !

il

y

a

les

Joseph : Et quoi. Il faudrait savoir à l’avance les conséquences de nos choix !
Giuseppe : Eux ils sont différents ! Ils mangent d’autres choses ! Entre eux ils se comportent
je ne sais pas…

d’une autre

façon…

�Joseph : Si nous savions où porte la route que nous choisissons, nous pourrions avoir quelques indications
supplémentaires…
Giuseppe : Ça sera un saut dans l’inconnu…
Joseph : Mais si on savait tout, quel sens y aurait il à changer ?
Giuseppe : Même … si… au fond… changer et ne plus se casser le dos comme ça…
Joseph : Quand j’avais 26 ans et que je étais à Bobbio, je n’y pensais pas à partir …
Giuseppe : Même si Maria irait faire la « sirventa » elle ne devrait plus faire cette vie.
Joseph : Je me le rappelle le jour de mon mariage. Il faisait froid, nous étions en novembre. Et
suite qu’elle aurait aimé partir…

Maria me dit tout de

Giovanni : Et nos enfants grandiraient certainement mieux qu’au milieu de ces pentes…
Joseph : Et moi je ne savais pas quoi dire, ni penser…
Giuseppe : Je ne sais pas quoi dire, ni penser…
Giuseppe : Eh, si je savais su où nous aurait porté les routes choisies…
(Ils sortent de la scène, tous les deux du même coté d’où ils étaient rentrés)

Acte III

Dans une auberge de Banon (28 juillet 1850)

(A couper la continuité du spectacle il y aura la Chorale qui entrera en scène de derrière les coulisses –Chant III :
« Tourbillon » Pendant le chant on prépare le décor : 3 tables et une huche avec quelques bouteilles de vin et quelques
verres. Rentrent 5 acteurs. Sur les tables un peu de pain, du fromage et du saucisson. A la fin du chant les hommes de
la Chorale s’assoient aux tables de façon désordonnée, sans parler mais en mangeant et buvant. Les femmes de la
Chorale sortent. A une table à gauche assis Joseph Charbonnier et le pasteur Musset et à un autre table à droite, deux
autres Jean Gemonat et Jacques. Deux choristes seront à la première table, deux autres à la table à droite. La troisième
table au fond sera occupée par les choristes. François sera appuyé au fond et se déplacera parmi les tables en servant
les uns et les autres. A coté de lui Albert le serveur, qui pourrait être son fils l’aidera. Pendant que se déroule le
dialogue, à chaque table les convives parlotent entre eux –en silence- jusqu’à l’épilogue où tous prendront part)

�François (attitude autoritaire vers Albert pendant que les convives parlent entre eux) Allez garçon !
ces messieurs.

Porte à boire à

Albert (c’est un garçon timide) Tout de suite (Il prend une carafe de vin avec décision, mais en risquant d’en renverser
un peu)
François (durement) Eh fait attention ! Autrement je te le fait payer !
Albert : Excusez moi je ne l’ai pas fait exprès.
Musset (intervient) Laissez-le… C’est un jeune et il plein de volonté, cela se voit.
François (soufflant pendant que Albert s’approche à la table derrière lui et verse à boire) Mais
volonté ! C’est un feignant. Moi à son âge…

quoi,

plein

de

Musset (l’interromps) Vous étiez pareil! Je me rappelle ce que votre père disait de vous…
Jacques (à Albert qui s’approche de la table à laquelle il est assis avec Jean Gemonat). Oh
tu ne nous porte rien!

Albert, mais à manger

Albert (promptement) Tout de suite! Je demande tout de suite au patron. (Il lance un coup d’œil à
Jean Gemonat (en se moquant) Au patron (à François) Eh François! Patron qu’est ce que vous

François)

avez à manger?

François (à haute voix) Oh seulement choses de première qualité pour mes meilleurs clients (et à
basse voix à
Albert) prend la moitié de cette mauvaise tome de toute façon ils sont déjà
moitié saoul et ils ne voient plus la
différence entre une chèvre et une vache!
Albert (tente de se défendre) Mais cela n’est pas juste!
François (de nouveau dur) Fais comme je t’ai dit. C’est moi qui décide ce qui est juste ou non!
Albert (humblement) Ça va (il passe derrière le comptoir pour prendre le fromage, puis le porte à
Ensuite il se déplace vers la troisième table portant aussi du fromage à deux autres clients)

Jean et Jacques.

Musset (d’une manière douce) Donc Joseph, vous êtes venu aussi ce soir…Bien cela me fait plaisir

de vous voir…

Joseph (avec nonchalance) Mais si. Je n’avais pas envie de rester à la maison. Il fait chaud et au moins le soir, cela fait
plaisir un peu de tranquillité. Nous travaillons toute la journée!
Jean Gemonat (à haute voix mais en s’adressant à Jacques) Travailler! Tu l’entends comme si
de travailler!

celui

là avait envie

Jacques (apeuré) Baisse la voix Jean. Ne te fais pas entendre!
Jean Gemonat: Et alors! Même s’il m’entend?
Musset: Ah oui, vous avez raison Joseph, toutefois on vous voit un peu trop de l’auberge… Et
dimanche, vous n’avez pas beaucoup travaillé. Vous êtes même venu au
Culte…

aujourd’hui

Joseph: Écoutez de quelle chaire (riant tout seul pour son jeu de mots) de cette…chaire vient votre
N’êtes pas ici vous aussi?
Musset: Oui certes. Mais il fait chaud pour moi aussi et moi je ne passe pas tous les soirs à
vous à ce que je sais, vous êtes un fidèle client de notre François…
Jean Gemonat (comme en dessus) Eh c’est un vrai saoulard! Toujours ici à boire!
Jacques: Ça suffit s’il te plait! Nous ne sommes pas venu ici pour foutre le bordel…

c’est

prédication.

l’auberge. Tandis que

�François (s’approche de la table de Joseph) Mais laissez le, Monsieur Musset. Laissez-le boire Si
était comme vous, je pourrai mourir de faim.

tout le monde

Joseph : Bravo François ! Portez-moi encore quelque chose ! Avec cette chaleur cela fait plaisir de
gosier !

se rafraichir le

François : Tout de suite (avec autorité à Albert) Albert, sert à boire ici !
Albert : j’arrive (et il reprend la carafe, mais à un coup d’œil de François, il se calme pour ne pas
encore, puis il en verse un peu à Joseph)

en

renverser

Musset : Toutefois n’exagérez pas.
Joseph : Qui c’est qui exagère ? Avec toute la poudre à charbon que je me retrouve dans la gorge,
que deux verres de vin suffisent ?

vous

Jean Gemonat (à haute voix à François qui pendant ce temps est allé vers la troisième table)
Nous avons soif nous aussi (élevant la voix sur les paroles qui va dire) François.

François

François (se dirige à toute vitesse vers la table de Gemonat) Me voici Jean, mais ne vous
boire il y a n’a pour tous : le vin ne manque pas ici. Mais s’il vous plait, n’exagérez pas.

préoccupez

croyez

vient

pas :

ici !

à

Jean Gemonat (haussant les épaules) Et qui exagère ? Mais plutôt versez, versez…Ne soyez pas radin ! Nous payons ce
que nous buvons !
François (en soupirant fait un signe à Albert qui verse) Voilà ! (en s’adressant à Jacques) et vous
en voulez encore ?

Jacques ? Vous

Jacques (en levant la mais) Non merci, j’en ai assez. Le vin réchauffe et il fait déjà assez chaud comme-ca. Je voudrai
pas qu’il me monte à la tète, et qu’il me fasse faire des choses que je
ne veux pas.
François (cherchant de changer discours) Et comment va Paulette ? Et votre femme ?
Jacques : Mieux merci. Mais nous avons du appeler Camille vous savez ? Celle qui met en place
entorse ne partait pas toute seule et elle ne pouvait plus travailler.

les nerfs. Cette

Jean Gemonat (il se tourne tout d’un coup intéressé) Camille ? Quel mal elle a du lui faire ! Celle
pas par 4 chemins, si elle doit mettre en place les muscles ou les os.

la , elle n’y va

Jacques : Oui, oui ! Mais maintenant il faut que je retourne à la maison. Je n’aime pas la laisser seule. (Il se lève et met
des monnaies sur la table en les faisant sonner, pour payer
François. Tout de suite Albert tente de les prendre, mais
François est plus rapide et il les empoche.
Jean Gemonat : Mais pourquoi cette hâte ? (il se tourne vers Jacques) Et puis vous avez votre
s’occupe de la maison

jeune fille Susanne qui

Jacques (incertain) Vous dites… (il se décide) mais oui encore quelque minutes…
Musset (insiste)Et vous Joseph ? Ne croyez vous pas que c’est l’heure de l’imiter vous aussi ?
la maison on vous attend.

Vous avez assez bu et à

Jacques (insouciant, presque moqueur) Oh. Monsieur le Pasteur ! C’est justement parce que j’ai quelques-uns
m’attend que je reste encore un peu ici. Aujourd’hui j’en ai déjà écouté une de « prédication », ce matin.
Musset (avec intérêt) Vraiment ?
Joseph (riant d’une façon grivoise) Oui. A la votre !

qui

�François : Quel type vous faites, Joseph !
Jacques (rit lui aussi, ayant écouté la réplique, puis à Gemonat à voix basse) Je ne crois pas
Cette Marie doit le commander à la baquette !

qu’il ait tous les torts.

Jean Gemonat (sarcastique) On voit qu’en Piemont ce sont les femmes qui commandent. Ici
nous, nous
avons
d’autres habitudes. Ce n’est pas comme ça Jacques ? (vue que Jacques ne
semble pas comprendre, il hausse le ton
de voix et s’adresse à l’aubergiste) François, ce n’est pas comme ça ?
Francois (qui pour la tranquillité, même en ayant entendu la flèche de Jean fait semblant de
Jean, je n’ai rien compris ?

rien) Que dites vous

Jean Gemonat (à voix vraiment haute) J’ai dit que nos femmes françaises (il souligne ce mot)
Et ne commandent pas leurs hommes.

savent tenir leur place.

Musset (dans le silence glacial qui suit) Monsieur Gemonat ! Jacques ! Laissez perdre s’il vous plait. Dans chaque lieu
il y a des femmes et des hommes avec leurs caractéristiques. Je ne
crois pas que …
Jean Gemonat (superbe) Vous, vous n’avez pas voix en chapitre ! Vous n’êtes pas marié. Ici les seuls qui peuvent parler
c’est moi et Jacques. Et si le monsieur qui est assis à votre table a
quelque chose à dire … ou s’il a comprit de
quoi nous sommes en train de parler !
Jacques (le prend par la manche de la veste, mais Gemonat se dégage)
Joseph (se lève lentement et se tourne vers Gemonat) Vous me parlez ?
Jean Gemonat (se levant à son tour) Certainement ! Vous vous en êtes aperçu finalement.
Joseph (faisant la sourde oreille) Mah ! J’entendais des mots, des sons. Mais je ne comprenais pas
d’où ça venait.
Dans l’auberge il y a des bruits et les fenêtres sont ouvertes… pour ce qui
est de moi, ça pouvait être quelques
bêtes qui passaient sur la route.
Jean Gemonat (s’approche menaçant) Vous me donnez de la bête ?
François (se met entre eux) Maintenant ça suffit. Ou vous vous asseyez et restez tranquille, ou
Ici ce n’est pas un endroit pour les litiges et les prises de bec.

sinon vous sortez d’ici !

Musset (qui s’était levé à son tour) Brave François, ici l’ambiance est surchauffée. Et puis
pourquoi ? (et parlant
aux deux hommes) Vous êtes des honnêtes travailleurs. Ayez du
respect pour votre situation. Vous êtes des
hommes ! Des hommes qui travaillent ! Assoyezvous !
Jean Gemonat (s’assied à contrecœur, imité par Joseph de l’autre coté, pendant que Musset
reste debout à gauche,
Francois retourne à la troisième table. Mais après un silence de quelques secondes, il reprend) Vous avez raison
Monsieur Musset. Nous sommes des travailleurs.
Mais je ne sais pas si nous sommes tous honnêtes !
Joseph (se lève à son tour) Qu’est que vous insinuez ?
Jacques (à son tour) Mois je m’en vais (à Francois) J’ai laissé les sous sur la table (à tour) Bonsoir
de sortir quand Jean Gemonat l’arrête sur la porte).

(il est en train

Jean Gemonat (hurlant). Arrête-toi Jacques. Que la discussion est difficile et je sais ce que vous

en pensez !

Jacques : Moi je ne pense à rien. Je ne sais pas ce vous voulez dire, mais moi je dois aller à la
pas au milieu de vos affaires ! (il sort).
Jean Gemonat (regarde vers la sortie) Il y a des gens qui n’ont pas le courage de leurs opinions!

maison. Ne me mettez

�Joseph (avec sarcasme) Alors monsieur Gemonat, qu’est ce que voulez dire : Peut être que je ne suis pas un travailleur
honnête ?
Jean Gemonat (se lève lentement) Je ne sais pas si vous êtes un travailleur honnête ou non. Mais
je sais que du
travail il en a pas beaucoup et s’il n’y avait pas tous ce gens qui viennent de
loin pour le faire à notre place, nous
serions mieux.
Musset (conciliant intervient) Mais que dites vous, Jean ? Après toutes ces années Joseph
dire un de nous ! Et il travaille dur, nous le savons !

Charbonnier

peut

se

Jean Gemonat (reste sur sa position, l’exprimant avec mépris) Travaille dur ? Oh certainement…
mais nous aussi
les français nous travaillons dur. Nous n’avions pas besoin qu’ils
viennent du Piemont à voler notre travail. Lui
et tous les autres qui après lui sont venus.
Qu’ils portent leur familles, leurs habitudes, leur religion. Qu’ils
boivent notre vin et qu’un
jour leur fils épousent nos filles !
François (essaye de l’interrompre mais la situation a déjà dégénérée) Maintenant arrêtez ! Moi je
entendre vos discussions dans mon local (vers Albert) lève le vin à ces messieurs (Albert exécute).

ne

veux

pas

Joseph (regardant fixement Gemonat et déplaçant François d’une main). Moi je ne vole rien à personne. Je gagne mon
vin et mon pain et si vos filles un jour doivent épouser mes fils, elles devront se sentir orgueilleuses de fonder un
foyer avec un charbonnier honnête qui les maintient !
Jean Gemonat (lui aussi regarde fixement l’adversaire et rit fort. Les autres clients bougent
lentement vers la porte
et ils sortent) Un charbonnier honnête ! Un charbonnier honnête ?
Ça ne suffit pas de savoir bien faire un fagot
pour faire de vous ce que vous n’êtes pas !
Vous vous êtes un querelleur et un ivrogne ! Voilà ce que vous êtes !
Musset (prend par derrière le bras d’Albert lui disant) Albert appelle les gendarmes (Albert sort)
tous les deux, arrêtez ! Je vous en supplie !

Maintenant

Joseph (essaie de saisir un couteau sur la table et le lève vers Gemonat) Retirez ce que vous avez
seulement un arrogant !

dit ! Vous êtes

Jean Gemonat (à son tour saisit un couteau et le pointe vers Joseph) Je ne retire rien ! Regardez vous… vous puez le
vin, la sueur. Et quant à l’arrogance regardez-vous dan un miroir !
Vous n’avez pas … vous et tous vos
piémontais… vous vous faites commander par vos
femmes !
Joseph (hors de tète) Nos femmes ne nous commandes pas ! Nous les traitons comme des
comme des bêtes tenues à la chaine comme le font certaines personnes ici !

personnes

et

non

Musset (fâché) Arrêtez ! Vous avez avalé du seigle-ergoté ?
Jean Gemonat (ne fait pas attention à lui et rit vulgairement, puis se moquant de Joseph) Oh
vous les traitez comme
des personnes ! Et c’est pour ca qu’elles vont avec d’autres
hommes ? Peut-être des français (insistant sur les mots
qui suivent) des vrais hommes !
Joseph (hors des gongs) A qui faites vous allusion ? Vous n’osez pas parler de ca ! A qui faites vous allusion ? Retirez
ce que vous avez dit !
Jean Gemonat (avec un air rusé) Je ne retire rien ! Mais vous êtes le seul à pas savoir que votre femme… (il n’arrive
pas à finir la phrase, que Joseph lui saute dessus. Les deux luttent et
gémissent, jusqu’à ce qu’ un hurlement déchire
l’air. Les deux semblent enlacés, ils se mettent à genoux, mais Gemonat, peu après tombe par terre. Une grande tache
rouge ensanglante
sa chemise. Aussi sur la chemise de Joseph et sur la lame du couteau qu’il
tient dans sa
main il y a du sang) -la scène est figée- A ce moment entre en scène Albert
hurlant)
Albert : les gendarmes, les gend… (il s’interrompt et reste sidéré en regardant les quatre.

�La Chorale entre à ce moment et commence à chanter un chant triste (Canto IV : Loin de ma mie)

Acte IV
Dehors du Temple Reformé à Saumane (4 aout 1850)

(Pendant le chant de la Chorale, les décors son changés, sortent les personnages de la scène précédente. Dans la scène
qui sera vide, la Chorale ne sort pas, mais représente les fideles qui sortent du culte. Rentrent les acteurs de la scène
suivante)
Personnages : Musset, Francois, Jacques, Paulette, Susanne, Camille

Paulette : Quelle tragédie ! Mais vous qu’en pensez vous Monsieur le Pasteur ?
Susanne : Si vous qui était présent. Qui a raison ? Qui a tort ?
Musset : (essayant de se dérober) Mesdames… Quelles questions me posez-vous! Moi… je ne sais
pour moi il semble qu’ils avaient tort tous et tous raison.

…

à

moi…

Paulette (après un moment de silence) Mais que dites vous ? (puis comprenant d’avoir exagéré) Excusé moi Monsieur
le Pasteur. Mais je ne crois pas qu’ils avaient tous raisons et tous
torts !
Camille : Exact. Gemonat, Charbonnier. En somme vous étiez là, vous avez bien vu, entendu…
Musset : Vous la faites facile. Vous divisez le monde d’une façon nette. Qui est ici, qui est à. Mais
il y a tant de
nuances, tant de routes différentes… et puis, Paulette, votre mari était là. Je
l’ai vu aussi. Il ne vous à rien raconté ?
(Il appelle Jacques qui s’était éloigné et parlait à
François). Oh Jacques vient un peu ici un moment ! (Jacques
s’approche avec François).
Jacques, dites, votre femme voudrait savoir, qui a à tort et qui à raison, des deux…
Mais vous étiez là et une opinion vous vous la serait faite !
Jacques (levant les mains en signe de capitulation) Je sais seulement que je suis sorti, eux deux parlaient très fort et je
rentrais à la maison. Puis je suis revenu vite quand j’ai vu l’arrivée
des gendarmes. Qui était là ? C’étaient vous et
l’ami François.
François (d’un air évasif) Et moi je leur tournais le dos quand c’est arrivé. J’étais en train de servir
table. Et puis oui les deux là s’insultaient, mais jamais et puis jamais j’aurais
pensé que…

la

Musset (l’interrompt) Voilà. Et moi aussi je ne sais rien. J’étais derrière à Joseph à ce moment là
fait attention à ce qui se passait. Autrement je les aurais arrêtés.

et je n’ais pas

dernière

Susanne (décidée) Mais alors qui est le coupable ? Qui est innocent ? Un est mort et l’autre l’a tué,
mais le couteau
il l’avait tous les deux, paraît-il. Et si Charbonnier ne l’avait pas tué, à ce
point il serait mort lui !
Paolette. Quelle question Susanne ? Nous savons ce qu’il c’est passé, non ce qui aurait pu se

passer !

Camille : Oui mais ce qui se passe c’est que un est mort et que l’autre est en prison et qu’il y a une veuve et une autre
femme seule qui ne savent pas quel sera son futur.
Musset : Et c’est là le problème, mesdames ! Il y a deux familles en difficulté. Nous devons y

penser !

Jacques (arrogant) Y penser ? A qui devons nous penser : à la famille française ou à celle

étrangère ?

�François : Jacques mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ? … français, mais quelle
différence ca
fait ? On parle de gens qui auront dans pas longtemps faim et froid ! Et qui
n’auront pas d’argent à dépenser pour
avoir le strict nécessaire. Peu importe d’où ils viennent…
Jacques (têtard) Vous vous pensez seulement au fait que vous aurez deux clients en moins à
l’auberge. Mais moi je
pense à Jean qui est mort. Un pauvre homme qui travaillait dur et
qui s’occupait de sa famille.
François : Joseph aussi s’occupait de sa famille. Et maintenant il risque la guillotine ou les

travaux forcés.

Jacques(le rabrout) Si ce Joseph n’avait pas bu…
François (riposte) Et si Gemonat n’avait pas parlé à torts et à travers…
Camille : Mais monsieur le Pasteur ! Mais dites le vous ! Et si vous ne faites pas, je parlerai moi !
Musset : Voilà, Voyez la question n’est pas là. Je crois qu’ici Camille veut dire que ce qui est fait
nous devons faire attention maintenant à l’avenir.

est fait et que

Camille : Juste ! Ça ne fait rien si un était un provocateur et l’autre un ivrogne. Pour moi ce n’est
problème. Cela ne l’est plus.

pas

un

Paolette : Camille a raison (à Jacques) Jacques mon époux, vous avez une dent contre Charbonnier parce qu’ il a tué
votre amis Jean et vous avez raison. Mais ne croyez vous
pas que c’est à la loi française de le juger pour
l’assassinat qu’il a commis ?
Susanne : Mère, la famille de Joseph aura des problèmes, Hippolite est plus grand, lui il travaille
et il a déjà une
famille, mais il y a les jumeaux, Marie et Barthelmy. Ils ont douze ans. Nous ne pouvons pas laisser que la mère et
l’unique frère qui est resté à la maison …
Camille :Pierre est un brave garçon et il saura donner une main à sa mère et à ses frères et sœurs.
bien de te préoccuper, même si je crois que tu le fasse aussi parce que Pierre te plait.

Mais

Susanne (en baissant la tète, confuse) Mais que dites vous Camille… Je dis comme ça parce que je
le problème.

crois qu’est là

tu

fais

Paolette (foudroyant Camille d’un regard) Certes, Susanne, Camille ne voulait rien dire d’autre. Nous devons aider qui
a besoin. N’importe d’où il vient.
Jacques : Ce sera comme vous dites, mais je ne sais pas si dans le village ils seront tous prêts à aider un qui a assassiné
un français !
Musset : On ne parle pas d’aider un français ou un piémontais, mais leur famille. Jacques, mettez
dans la tète et ils faisaient partis de notre communauté. Je leur donnerai du
vin et des patates !
Musset : Bien. Maintenant partons. Je m’occuperais de recueillir ce que les gens voudront me
aux deux veuves.

vous

le

bien

porter pour le donner

Paulette : Monsieur le Pasteur… Marie n’est pas la veuve de Joseph. Pas encore du moins
Musset (se rendant conte de l’erreur) Oh vous avez raison, vous avez raison… Allez, allons (ils sortent tous comprise la
Chorale qui chante (Chant V : se chanto))

�Acte V
Dans la maison de Joseph Charbonnier et de Marie Peyrot à Saumane (fin août 1850)

(Pendant le chant de la Chorale, on dresse les décors. Une table dressée, quelques chaises. Un maigre repas. Rien
d’autre. Dans la maison il y a la mère et les trois enfants. Quelques minutes après arrivera le fils majeur)

Personnages: Marie Peyrot, Hippolyte, Pierre, Joseph Barthelemy et Maria
Marie Peyrot (détruite, pendant qu’elle dépose le maigre repas) Allez, mangez (Pierre et Marie commencent

à

grignoter quelque chose, Joseph Barthelemy se tait et ne mange pas. Sa mère s’adresse à lui) Toi tu ne manges rien ?
Joseph Barthelemy (sec) Je n’ai pas faim !
Marie Peyrot : Ah tu n’as pas faim ? Tes frères mangeront (elle enlève l’assiette et la tend au deux

qui

restent

interdits).
Pierre : Mais ce n’est pas juste !
Marie Peyrot : S’il n’a pas faim, cela veut dire que le repas devra être donné à quelqu'un qui a faim

vraiment.

Ou

vous croyez que vous ne le méritez pas ?
Maria (la fille) Allez, Joseph, mange…
Joseph Barthelemy : Non !
Pierre (à son frère) Ne fait pas la tète, nous savons que tu as faim.
Joseph Barthelemy (en colère, vers son frère) Je ne fais pas la tète! Plutôt Vous ! Comment faites-

vous à manger

comme si rien n’était ?
Pierre : Et ça mène à quoi si nous ne mangeons pas ?
Marie (la fille) Tant que il y en a, on mange …comme d’habitude…
Marie Peyrot : Tu as raison Marie, tant que il y en a. Puis nous savons pas ce qu’il nous arrivera !
Pierre : maintenant ça suffit ! Moi je travaille, Joseph est encore petit, mais il sait déjà faire son métier
donnera une main. Nous pouvons nous débrouiller.

et

Hippolyte

�Maria : Hippolyte a sa famille, une femme et un jeune fils. Nous ne pouvons rien lui demander.
Hippolyte (entre à ce moment d’une façon presque joyeuse) On parle de moi ? Voilà !
Pierre : Approche, nous devons te parler.
Hippolyte : Oh Pierre . Tu t’exprime comme l’homme de la famille, je vois…
Pierre (avec un air de défi) Homme je suis homme et je vis dans cette maison, donc…
Marie Peyrot : Arrêtez de vous prendre par le bec comme deux coqs ! Nous ne sommes pas dans la

condition

de

pouvoir nous disputer ! Maintenant nous devons penser à nous débrouiller !
Maria (la fille, ingénue) Beh mère, même si papa n’est pas là maintenant, il retournera bientôt, pas vrai ? (un lourd
silence suit). Il retournera, pas vrai ?
(Marie Peyrot s’assit sur une chaise, la tète entre les mains)
Marie Peyrot : Ma fille, nous n’en savons rien…
Hippolyte (avec mépris) Papa ? (il souffle) Si notre père avait été plus responsable !
Marie Peyrot (gronde son fils) Hippolyte !
Joseph Barthelemy : Laisse en paix notre père ! S’il a tué celui là il aura eu ses raisons ! Ce

maudit français ! Papa

a été provoqué !
Pierre : Mais arrête, tu ne sais pas ce que tu raconte !
Joseph Barthelemy : Mais regarde autour de toi Pierre ! Tu ne vois pas comme ils nous regardent ? Ce qu’ils disent
derrière notre dos ?
Maria (la fille) Mais qui ? Qui parle dans notre dos ? Je ne comprends pas !
Hippolyte : Marie, ici pas tout le monde nous regarde d’un bon œil… Nous piémontais, nous
certains. Parce que nous travaillons autant qu’eux. Et peut être même

sommes mal vu par

plus. Et nous nous contentons de moins

d’argent pour notre travail…
Marie (la fille) Mais moi à ces choses je n’y crois pas. Il y a plein de braves personnes. Et qui nous
Pierre : Tu as raison, Marie. Mais nous les plus grands et males je ne sais pas si nous sommes
nous qui volons leur travail, comme ils nous disent. Pas toi qui est
servante dans une maison, ou garder des

aiment bien.

aussi bien traités. C’est

un enfant et qui a comme avenir d’aller comme

enfants. Les tiens ou ceux des autres.

Hippolyte : Pierre a raison, je dois dire que parfois je me suis demandé si vraiment ces français n’ont pas raison…
Pierre : Qu’est ce que tu veut dire ?
Joseph Barthelemy (regardant son frère d’un air interrogatif) Mais qu’est ce que tu dis ? Papa

quoi ?

Hippolyte. En somme. Vous le savez bien ! Si papa n’était pas allé à l’auberge ce soir là ! S’il n’y

été jamais allé !

s’il n’avait pas bu ! S’il n’était pas un querelleur !
Joseph Barthelemy (furieux) Laisse notre père. Lui à l’auberge il y est allé parce que il avait soif et

il

faisait

chaud ! Non pour tuer quelqu’un !
Pierre (ironiquement) Il pouvait boire de l’eau à la fontaine et laisser le vin de François !
Joseph Barthelemy (hurle) Papa n’y est pour rien ! C’était ce bâtard qui…
Hippolyte (hurlent à son tour) Joseph tu est pareil à lui, à douze ans tu est querelleur comme

notre père et en plus tu

t’appelle comme lui !
Marie Peyrot (s’est levée lentement et s’approche des autres. A ce moment elle prend par un bras
Barthelemy et Hippolyte et s’exclame) Suffit. Mais qui êtes vous, vous trois ? Vous
jugement sur des choses que vous ne connaissez pas ! Vous,

Joseph

êtes déjà prêts à exprimer un

vous n’étiez pas en cette maudite auberge. Vous n’étiez

�pas là. Toi (elle indique Hippolyte)
que nous

tu viens dans cette maison pour juger ou pour nous aider ? Parce que c’est de ça

avons besoin ! Et vous (elle indique les fils plus jeunes) qu’est ce vous savez de la vie que

nous

avons faite moi et votre père, avant votre naissance à peine arrivés. Vous croyez que si nous n’avions vraiment pas eu
besoin nous serions partis de Bobbio ? Vous pensez que

nous aurions abandonné notre terre, nos familles, si

nous n’y avions pas étés obligé. Regardez vous, écoutez vous. Qui êtes vous ? Prêts à parler sans rien savoir !
Marie (la fille) Mère, moi je n’ai rien dit !
Marie Peyrot : Tu as raison Marie. Mais nous sommes tous prêts à tirer des conclusions sans

connaitre

l’histoire et la mémoire ! Nous croyons avoir des explications et la

chaque chose. Et au

contraire, nous ne savons rien. Mais ce n’est pas

solution prête pour

les

faits,

le moment de juger. C’est le moment d’aller de l’avant avec ce

que nous avons.
Marie (la fille) Quelqu’un nous aidera. Le Pasteur est un homme bon et tant d’autres aussi, ils

nous

donnerons

une

main. Mère j’en suis certaine.
Marie Peyrot : Oui quelqu’un nous aidera. Moi aussi je le crois Mais nous devons démontrer à tous et à nous à tous et
à nous même, que nous pouvons le faire. Je ne sais pas si votre père est coupable ou innocent. Ce n’est pas à moi de le
dire. C’est au Juge. Et le Juge le

fera. Nous pouvons seulement espérer que se soit un jugement juste. Et que

votre père soit puni s’il le mérite ou soit pardonné par la justice française. Mais maintenant lui il est

hors

de

la

maison et nous devons faire sans lui.
Hippolyte : Vous avez raison mère. Excusez-moi (il embrasse Joseph) Excuse-moi frangin. Je me
prendre, Je… chercherai à vous aider comme je pourrai. En fait vous êtes ma

suis

laissé

première famille. De toujours, même si

maintenant j’ai un fils et une femme à m’occuper.
Pierre : Oh bien. Et mettons nous à manger et prendre des forces que demain nous attend tous

une dure journée.

Joseph Barthelemy : Ça va, Pierre, mais redonne moi mon assiette. J’ai un peu de faim maintenant
Hippolyte). Écoute grand frère. Ce Joseph (il bat avec son doit sur
te confronter toutefois… (Les trois frères
Hippolyte reste debout prés d’eux.

moi

aussi.

(à

sa poitrine) te pardonne. Avec l’autre tu devras

rient et les deux plus jeunes s’assoient et mangent, pendant que

Les deux Marie, mère et fille se prennent par la main et avancent sur la scène).

Marie Peyrot :Ma fille ! Nous aurons à faire dans les jours qui viennent. Nous devrons êtres fortes.

Et toi, cherche

d’être toujours polie avec tous.
Maria : Mère je le suis. Et croyez moi, je ne crois pas qu’il y ait tant de personnes qui nous

regarde mal. Il y a

beaucoup de brave gens au monde. Piémontais, Français. Si nous nous avons du respect et de la compréhension les uns
vers les autres, il y a de la place pour
prend par la

tous. Ne croyez vous pas ? (Marie ne répond pas, elle sourit et soupire. Puis

main la fille et la conduit dehors. Peu de temps apres sortent les trois frères)

Acte VI

�A Bobbio Pellice (septembre 1850)

(Entre la Chorale. De nouveau le chant V –se chanto– Pendant que la Chorale chante, la scène
se vide et les personnages sortent. A la fin du chant, la Chorale sort. Entrent en scène, deux femmes, une après l’autre,
Elles se rencontrent par hasard. Nous sommes à Bobbio, symbolisé par la silhouette du monument de Sibaud sur le
fond).

Personnages : Caterina, Adelina
Caterina (surprise) Oh Adelina, vous êtes ici. Je suis contente de vous voir. On m’avait dit que vous n’étiez pas bien.
Adelina (contente de la rencontre) Caterina quelle surprise. Oui je vais mieux. J’avais une

méchante

toux

et

facile. Il

fait

j’avais de la fièvre. Cela sera à faire le foin…
Caterina : Peut être. Vous avez transpiré et vous avez pris un courant d’air. Rien de plus
une chaleur ces jours ici. Et quand il fait très chauds les bronchites sont les

pires !

Adeline (poliment) merci Caterina. Mais maintenant je vais mieux. Oui vraiment cette année il a fait vraiment sec et
chaud. Cela fait des années qu’on ne voyait pas un été aussi chaud à Bobbio. Trop ! Mais au moins on a pu faire trois
foins. Vous vous rappelez l’année dernière ? A cette période, le foin était pourri dans le prés ! De toute façon, je
retourne à la maison dans pas longtemps. Il vaut mieux que je ne reste pas trop dehors. J’ai seulement porté un peu de
lait à Paolina qui avec tous ses enfants ne sait pas où donner de la tête !

Caterina : Vous avez raison. Vous êtes très gentille à lui porter du votre. Ce malheur ne devait pas

lui arriver. Sans

le mari…
Adelina : Juste. Nous savons pas ce qui nous attend. Il suffit d’une maladie et la famille s’arrête.
Caterina (d’un air conspirateur) Vous avez entendu ce qu’il est arrivé à Giuseppe ?
Adelina (lève les bras au ciel) Et comment voulez vous que je sache ce qui se passe dans le monde.

Je suis restée à

la maison pendant plus d’une semaine !
Caterina (toujours à voix basse) Ils l’ont mis en prison !
Adelina (hurlant) Ah, mais en prison, mais pourquoi ? Qu’a-t-il fait ?
Caterina (comme ci-dessus) Parait il qu’il a tué un …
Adelina (se couvrant la tète avec les mains) Oh « Signur » Mais , mais ce n’est pas possible. Mais

comment

ça

s’est passé. Racontez moi !
Caterina : Maria c’est ma cousine ! Cousine acquise. Vous vous rappelez? Sa mère Maria Artus,
et l’un d’eux, Giacomo, était le père de mon feu mari. Nous nous sommes
plus vieille, mais avec ma sœur, Francesca, de tant

avait sept frères

très peu fréquentées parce que je suis

en tant… elles s’écrivent. Et il y a quelque jours est arrivée une

lettre…
Adelina : (curieuse) Racontez, racontez.
Caterina : Mais je ne sais pas grande chose. Ils étaient à l’auberge. Il y a eu une discussion
puis des paroles aux couteaux ça va vite,,,

violente, et voilà ! Et

�Adelina (fait une petite pause) Ce... Giuseppe. Il a toujours été un querelleur ! Un fanfaron (elle s’aperçoit de le gaffe) :
Excusez-moi je ne voulais pas insulter votre cousin.
Caterina : Oh Adelina, ne vous excusez pas, moi aussi je le pense. Mais il faudrait en savoir plus.

Giuseppe

a

toujours été une tète brulée, mais de le à tuer quelqu’un, il en faut.
Adelina : Vous avez raison. Et puis là-bas, savoir comme deviennent les personnes. Loin de la maison… au milieu de
gens qu’on connait pas… peut-être qu’il a été provoqué. Peut-être ce

n’est pas de sa faute.

Caterina : Ou peut-être Giuseppe a vraiment changé. Il a toujours eu l’envie de travailler, mais quand tu changes de
terre, tu changes toi aussi ! Peut-être que restant au milieu

d’étrangers,

on change. Tu reconnais plus tes

racines. Ou peut-être tu en trouves d’autres.
Adelina : Nous ne le savons pas et nous le sauront jamais, je crois.
Caterina : Oui, c’est comme ca. Nous ne serons jamais aptes à juger. Il ne reste que des idées sur

la base de ce

que nous connaissons ou sur comme nous connaissions les personnes.
Adelina (après une pause) Maintenant je rentre, j’ai un peu froid, je ne voudrai pas retomber…
Caterina : Ah, non. Vous faites bien…Au revoir Adelina.
Adelina : Bonsoir Caterina (les deux sortes).

Intervalle

(Dans un lieu imprécisé dans les Vallées de nos jours)
(Après la sortie des deux femmes, au devant de la scène les deux jeunes reviennent et retrouvent le décor qu’ils avaient
laissé au début du spectacle)

Personnages : Marco et Sonia

Sonia (avec le même air rêveur du prologue, mais avec un’ idée de mystère en tête). Quel affaire,

Marco, tu as

vu ?
Marco : Oui. Qui se le serais attendu ? Tu regarde dix mille films policiers et tu sais que tout est inventé

et

puis

par

hasard tu tombes sur le set d’un vrai meurtre.
Sonia (après une pause) Marco… mais… ce Joseph, qui est ce Giuseppe de Bobbio qui s’est marié
mais selon toi, il est innocent ou coupable ?
Marco (net) Coupable !
Sonia ( ne comprend pas) Mais excuse moi, comment fait tu à juger ?
Marco (décidé) Un qui tue un autre est toujours coupable !
Sonia : Mais il y a les atténuantes, la légitime défense par exemple. Peut être il a été provoqué…
Marco : Cela ne me convainc point. Un qui tue un autre…
Sonia (interrompt) est toujours coupable. Je le sais, tu vient de le dire (elle boude)
Marco (s’approche) Qu’est qu’il y a maintenant ?
Sonia (disinvolte) Rien.
Marco (la reprimende) Sonia !

avec

Marie,

�Sonia (se tourne d’un coup). Mais comment fais tu à être toujours aussi dur ? Pour toi c’est blanc

ou noir ! Tu ne

pense pas que dans la vie il y a des demies mesures ? Des nuances ? Ce Gemonat dont on parle, peut-être était il un
querelleur et peut être il a commencé lui…
Marco : Mais ça, nous ne pouvons pas le savoir ! Tenons nous au fait. Qu’avons-nous ? Un mort,

un meurtre, bon

rien d’autre.
Sonia (semblant admettre) Et ça va. Tenons nous aux faits. Nous avons une femme qui reste seule

à

élever

une

famille. Et nous avons un homme en prison, qui devra rencontrer juge, geôliers et prisonniers. Et avec qui il devra
établir des relations. Comment la vie de ces personnes aura été dure ?
Marco : Mais nous n’en savons rien. Ici (il montre le coffre) il n’y a rien d’autres que ces quelques

feuilles.

Sonia : S’il n’y a pas d’autres documents, cela ne veut pas dire que les faits n’existent pas. Pense à

la vie de ceux

qui ont vaicu avant nous ; de la majorité d’entre eux, nous n’en savons rien.
tu voudrais nier qu’ils soient passés sur cette

Même pas s’ils ont existé ou non. Mais

Terre ?

Marco(incertain) Non, certes. Et puis ?
Sonia(de nouveau rêveuse) Et alors laissons nous porter par la fantaisie et essayons d’imaginer ce

qu’il a pu ce

passer…(ils sortent)

Acte VII
Dans une rue de Saumane (septembre 1850)

(Entre la Chorale. De nouveau le chant VI –Il est bel et bon–. A la fin du chant, la Chorale sort. Pendent le chant on
prépare le décor pur les actes VIII, IX et X. Il n’y a pas de décor pour cette scène et l’acte se déroule de l’autre coté.
Ceux sont les lumières qui entrent en jeux. Marie entre sur la scène en première. Elle s’arrête et attend).

Personnages : Marie Peyrot et Antoine Durand
Durand (entre. C’est un homme d’un certain âge, bien habille, élégant. On comprend qu’il est aisé,
commerçant. C’est un homme impatient et frémissant mais attentif et

peut-être

un

attentionné). Marie !

Marie (sursaute en attendant sa voix. Mais peut-être elle l’attendait). A mais c’est vous ?
Durand : Et qui d’autre !
Marie : Vous avez raison.
Durand (s’approche) Comment allez- vous ? comment vous sentez-vous ?
Marie (avec un soupir) Comment voulez-vous que je me sente ?
Durand (abaisse la tète) je comprends (tout de suite il l’a relève et excité il s’exclame) Mais peutdestin que tout ceci soit arrive !
Marie (troublée) Que voulez-vous dire ?
Durand : Vous le savez comme moi : Si votre mari ne devrait plus revenir …

être

c’est

le

�Marie (lève un bras) Taisez-vous (après une pause) Vous croyez que je n’y ais pas pensés ? Il y a

des mois, des

années (une autre pause) mais qu’importe.
Durand (apres une pause, avec impétuosité) Marie. Maintenant vous devez penser à vous. Et à votre famille : Votre
mari est en prison. Qu’il soit coupable ou innocent peu importe : Mais il y a de fortes possibilités qu’il ne puisse pas
retourner. On parle de guillotine. Ou pire de

travaux forcés ou de déportation.

Marie (avec anxiété) Qu’est-ce que cela veut dire ?
Durand : Condamné à travailler toute la vie. Ou à être prisonnier pour toutes les années qu’il lui reste à vivre, mais en
Amérique. Une prison sur une terre insalubre. Pour lui mieux la mort

sans souffrance, que se détruire le physique et

l’âme à casser des pierres au milieu des marécages, dévoré par la fièvre !
Marie (se couvre le visage avec ses mains) Oh mon Dieu
Durand (il s’approche et après avoir regardé autour de lui, lui enlève les mains du visage pour la

serrer

contre

lui) Marie ! mais vous ne comprenez pas ? Vous pouvez avoir une alternative ! si seulement vous..
Marie : Antoine…
Durand : Il y a des mois, des années que je vous prie… Votre mari, vous a négligé pendant votre

vie.

Toujours

partagé entre un travail misérable et l’auberge !
Marie (l’interrompt en frottant ses mains) un travail honnête toute fois !
Durand (tourne le dos) mais un travail miséreux ! (il fait une pause, et se retourne vers elle) Marie ! Vous avez renoncé à
votre vie pour élever vos enfants, pour aider votre mari aux
bourgeois, pour assembler les

charbonnières, pour faire la bonne dans les maisons des

deux bouts, vous méritez mieux.

Marie (à tète haute) j’ai fait ce qui était juste pour maintenir ma famille.
Durand : certainement (avec douceur) et je dois dire merci à votre dévouement, parce que c'est comme ça que nous
sommes connus. Vous vous en souvenez ? Vous êtes venue chez moi
femme pour m’aider… et c’est proprement là

que

dans

ma maison après la mort de ma pauvre

je… nous…

Marie (elle aussi se souvient avec douceur) comment pourrai-je l’oublier ! (elle change de ton) mais

cela appartient

au passé.
Durand (semble ne pas comprendre) mais pourquoi ? (revenant à la charge) Marie ! Evaluez bien.
besoin de quelqu’un qui vous aide. Vous et vos enfants. Pensez aux deux plus
pourrai vous aider . Vous pourriez les envoyer à

Vous

avez

jeunes. Moi je suis seul, je suis riche, je

l’école. Moi avec la boutique je gagne bien. Vous ne devrez

plus faire une vie de bonne. Et ensemble, nous nous ferions compagnie pour notre vieillesse.
Marie (le regarde, elle semble titubante, elle entrevoie un autre vie) Antoine, cela serait beau, je pourrais
avec de vrais vêtements, pas de chiffons usés. Aller dans la rue à tète

m’habiller

haute. Les gens ne me traiterons plus comme

une quelconque étrangère…
Durand (plein d’espoir reprend les mains de Marie) Et avec le temps vous pourriez devenir (il fait
Madame Durand (il la regarde fixement) pensez y Marie ! Ne laissez pas tomber
opportunité. Vous, vous méritez autre qu’attendre un

une

pause)

ce futur. Donnez vous un autre

homme qui sort de prison. Sur ses jambes ou les pieds devant.

Marie (lentement, laisse tomber les bras, séparent les mains de celles de Durand, puis se tourne) Je ne peut pas…
Durand (ne comprend pas) Mais pourquoi ?
Marie (se tourne de nouveau vers lui et répète sur un ton décisif qui ne laisse pas de possibilité de
peux pas. Voyez vous Antoine, vous me faites rêver une vie qui ne pourra
Durand (désarmé) Je ne comprend pas.

réplique) Je ne

jamais être. Une illusion.

�Marie (avec amertume) Il n’existe pas d’alternative pour les femmes comme moi. Et je ne crois pas
d’alternative pour une femme en général, du moins dans ces temps. Mon mari est

qu’il

y

ait

en prison, peut être il mourra,

peut-être non. Mais moi j’ai d’autres routes qui m’attendent.
Durand (il essaie de parler) Mais si…
Marie (l’arrête avec une main) Je vous en prie Antoine, ce que nous avons imaginé avant, les
mes enfants, ma condition de femme riche ceux sont des images qui

vêtements, l’école pour

disparaissent. Même si cela se vérifiait, je

resterai ce que je suis, la charbonnière piémontaise, et ou la femme du charbonnier assassin, du piémontais ivrogne et
querelleur.

Ce sont eux les vrais vêtements, ceux que les gens m’ont cousu dessus et dont je ne pourrai

pas me

défaire (elle lève la tète avec orgueil) autant les porter avec orgueil et dignité.
Durand (essaie encore) Marie, mais ce n’est pas dit que… Moi je suis une personne influente,
un peu parleront et puis s’arrêteront. Les gens (avec mépris) oublient

connue, les gens pour

facilement, l’opinion des gens et comme les

orages d’été, passent, font beaucoup de bruit et puis s’en vont et ne laissent pas de traces.
Marie : Peut-être, mais pas pour moi. Dans mon cœur je sais qui je suis. Je ne pourrai plus me
miroir. Non Antoine. Peut-être un jour les femmes pourrons choisir mais

regarder

dans

un

ce n’est pas encore aujourd’hui.

Durand : Je vous en prie Marie, dites au moins si vous pour moi… Si seulement vous pouviez… si

vous

le

sentiez…
Marie (tristement) Oui, Antoine. Je peux le dire avec grand orgueil oui Antoine, je le voudrai, je le

voudrai

vraiment. Mais maintenant laissez moi. Nous n’en parlerons plus.
Durand (après un long moment de silence) Alors… au revoir Marie.
Marie (regardant au loin) Adieu monsieur Durand.
(Durand sort tristement, Marie après un moment un mouchoir à la main, s’essuie à peine une
la chaise qui est restée au fond de la scène, s’assoie et baisse la tète.

larme). Puis elle prend

Elle restera là, immobile, dans le noir dans les

trois actes successifs).

Acte VIII
Première scène dans la prison de Digne (fin novembre 1850)

(Le décor déjà préparé au début de l’acte VII, sera composé d’une paillasse, une chaise, une bassine et un broc avec de
l’eau pour se laver, un chiffon sale comme serviette. En scène il y a Joseph Charbonnier).

Personnages : Joseph Charbonnier et Monsieur Lalande)
Lalande (homme pompeux, d’un certain âge. Entre pendant que Joseph est allongé sur la paillasse

dos au public)

Bonjour monsieur Charbonnier.
Joseph (se lève d’un coup) Bonjour monsieur !
Lalande (avec gravité) Non, non, je vous en prie, restez assis (Joseph s’assoit sur la paillasse, Lalande (s’assoie aussi sur
la chaise) Je suis le juge Lalande, président du Tribunal Civil de Digne. Donc ! Je suis venu porter le résultat de la
sentence (il fait une pause d’effet).

�Joseph (très anxieux triture son chapeau) Dites moi…
Lalande : Comme vous savait, votre cas est sérieux, mais … peut-être est-ce mieux si je vous lise
judiciaire. (Il mets un paire de lunettes pince-nez, extrait un document et commence

l’acte

à lire) Ehm…ehm… La Court

d’Assise du Département des Basses Alpes, vue la déclaration des jurés, concernant le nommé Joseph Charbonnier, 50
ans, né à… (un peu incertain)
de la

Boebi, circonscription de Pignerol, Piemont, de profession charbonnier (il lève les yeux

feuille) charbonnier de nom et de fait (pompeux) « nomen omen » comme disaient les latins… (Voyant que

l’autre ne comprend pas il se remet à lire) Ehm … ehm, résident à

Saumane,

coupable d’avoir le 28 juillet 1850, à Banon, commis

sur la personne de Jean Gemonat, à l’aide d’un

couteau… (il lit des yeux en
prévoient

pour

un meurtre

présent

dans

la

salle

est

vitesse) mmm… mmm…mmm… Vues les articles 295. 304 du code pénal qui

meurtre la peine de mort, la déportation ou les travaux forcés à perpétuité mmm…

mmm… vue la défense qui soutient que le meurtre est défini involontaire
(pause) et voici la Court condamne le sus dit Joseph Charbonnier à

mmm...

mmm…mmm…mmm…

la peine de 4 ans de prison et au payement des

frais envers l’Etat de la somme de 255 francs et 65 centimes. Digne, Palais de Justice, 21 novembre 1850. Signé etc.
etc. etc. Voilà !
Joseph (après un long moment d’incertitude durant lequel il triture son chapeau et Lalande

s’enlève et nettoie les

lunettes) Je ne sais pas si j’ai tout compris.
Lalande (se levant et tournant autour de la paillasse de Joseph) En somme ! Qu’est ce qui n’est pas clair ? Vous avez
tué un citoyen français mais vous ne l’avez pas fait exprès. On vous à

reconnues les circonstances atténuantes pour le

meurtre volontaire mais non à charge. Donc vous avez évité la peine maximale, mais vous devrez passer 4 ans en
prison. C’est

clair ?

Joseph (incrédule, il ne sais pas si être content pour avoir échappé au danger ou triste pour la

condamnation)

Certes…
Lalande (s’acharnant, se penchant vers le condamné) Et à payer les frais de l’Etat…
Joseph ( à voix basse) 255 francs.
Lalande (comme dessus) e 65 centimes…
Joseph ( en soupirant) C’est un chiffre énorme !
Lalande (avec un coup de colère) Mais en somme ! Que prétendez vous. Mais vous rendez conte de

ce vous avez

risqué ?
Joseph (lève la tète) Mais moi cet argent je ne l’ai pas !
Lalande (avec nonchalance) Oh c’est votre problème, votre femme et vos enfants le trouveront. On
de même pas faire payer à la famille du mort, qui déjà doivent pleurer la fin
souligne avec la fois) Français. Avec une autre Cour

ne pouvait tout

de leur soutien ! Un brave travailleur (il

cela serait allé pire…

Joseph (après une pause) Et maintenant ?
Lalande (expéditif) Et maintenant restez en prison pendant 4 ans et puis vous sortirez et vous
métier comme toujours, comme si rien ne s’était passé. (il s’arrête de
de Joseph). Mais attention ! Mais si vous

retournerez faire votre

tourner autour de la paillasse et se met en face

devriez retomber pour une raison analogue, vous ne serez plus aussi

chanceux).
Joseph (peureux) Comment… que voulez vous dire ?

�Lalande : Pour vous il y aura la peine de mort avec la guillotine ! Ou si la Cour sera clémente vous
au travaux forcé à perpétuité ou … (s’abaissant vers le condamné comme

serez

expédié

auparavant) la déportation dans une

colonie pénale de Cayenne en Guyane.
Joseph (ne sait pas de quoi il parle) Cayenne, Guyane…
Lalande : En Amérique ! pour toujours (coupant court) mieux la guillotine.
Joseph (relève la tète avec orgueil mesuré) Il n’y aura pas de seconde fois ! Vous ne me reverrez
plus dans cette pièce !
Lalande (ricanant) Oh n’en soyez pas si sur ! Moi je sais comme vous êtes, vous les charbonniers.
connaissez pas de limites. Vous travaillez comme des bêtes et buvez jusqu’à vous
piémontais… Tous !(peut-être avec un brin de compréhension) et
coupable ou innocent dans ces cas…
êtes tous

abrutir.

Vous

ne

Tous,

français,

d’autre part on ne saura jamais qui est vraiment

Quand on a dans le corps du vin et dans la tète de la poussière de charbon, vous

condamnes dès le départ. Mais ça suffit maintenant ! Le jugement a été donne et moi je n’ai

plus

rien à faire ici ! Au revoir (il est entrain de sortir)
Joseph (se lève et le retient) Monsieur Lalande ! (Lalande se tourne mais ne dit rien) Merci… je
Saurai être un homme différent…
Lalande (soupire) je l’espère. Nous l’espérons tous. Ce pays a besoin de travailleurs non de

prisonniers

ou

de

déportés, ou de veuves et d’orphelins. (il se tourne et sort en vitesse) Joseph (s’assied et se prend la tète entre les mains,
puis lentement se couche dos au public. Obscurité).

Acte IX
Deuxième scène dans la prison de Digne (été 1852)

(Même décor, mais entre en scène Martel à la place du Juge Lalande. Les lumières s’allument)

Personnages : Joseph Charbonnier et Martel)

Martel (est un homme narquois qui cache en lui une nature méchante due peut-être à la jalousie. Quand il rentre il
trouve Joseph couché sur la paillasse, dos au public. Pendant

tout l’acte il reste debout parfois appuyé au dos de la

chaise) Et toi ! Charbonnier ! Lève-toi. Qu’est-ce que tu crois ? d’être au Grand Hôtel de Paris ?
Joseph (fatigué, se tourne sur sa paillasse mais ne fait pas signe de se lever) Et ça va Martel !
Je le sais que je ne suis pas à l’hôtel, mais laisse moi en paix, au moins !
Martel (se penchant sur le prisonnier) Je te rappelle, en premier que moi je suis (appuyant sur les

paroles

qui

suivent) Monsieur Martel, pour toi ; pour toi et tous les autres de cette maudite prison : et maintenant lève toi (il le
saisit)
Joseph (toujours à contrecœur se met debout) ça va (lui aussi insiste sur les paroles qui suivent) Monsieur
vous y tenez …

Martel.

Si

�Martel : Écoute un peu, le piémontais, mais à toi, dans ton pays on ne t’a pas enseigné la bonne éducation, le respect ?
Moi je suis le gardien de vous tous misérables. J’ai droit d’être traité

comme il faut.

Joseph (soupirant) Oh je ne le conteste pas. Mais nous aussi les détenus nous avons droit à…
Martel (l’interrompt et le maintient le faisant se lever de force) A quoi ? Vous vous êtes la lie de la
êtes ceux qui ne servent à rien. Seulement à manger, dormir et boire gratis

France ! Vous

aux frais de l’Etat !

Joseph (réagit finalement) Et tu l’appelle manger ceci, pain sec et moisi ? Dormir dans une petite

cellule en vingt,

avec un trou dans un angle pour cabinet ! Sous les insultes et les coups continus de vous gardiens ?
Martel : Vous ne mérites rien d’autres , vous ! N’oublie pas ce que tu as fait ! Tu es toujours

l’assassin

d’un

homme ! Et français en plus !
Joseph (amer) Oh certes je ne l’oublie pas ! Je ne l’oublierai pas même si vous n’étiez pas là à me
les jours. La conscience me le ramène devant les yeux chaque fois que je

le rappeler tous

cherche de l’oublier…

Martel (narquoisement) La conscience (il rit) Ah! Ah! Ah! Comme si vous aviez une conscience !

Vous !

Vous

êtes la lie ! Homme sans Dieu et sans patrie !
Joseph (têtu) peut-être…peut-être. Mais que vous le croyez ou non , je sais ce que j’ai fait et je m’en repent. Et non
pour cet homme qui a eu seulement ce qu’il méritait au fond, et que si
quelqu’un d’autre à le tuer ! Non ! Moi je me
sans moi

ce n’était pas moi à le faire, cela aurait été

repent pour ma famille et pour mes enfants qui doivent aller de l’avant

maintenant !

Martel : Oh tranquillise-toi ils s’en sortiront. Et quand tu sortiras, peut-être tu n’auras plus
auront trouvé un moyen pour aller de l’avant. Je les connais ceux

besoin d’y penser, ils

comme vous !

Joseph (à voix basse avec amertume) Et je me le mériterai vraiment !
Martel : Et tu resteras obligé pour t’en sortir, peut-être de mendier. Un autre poids pour la

France et les français.

Joseph : Oh je ne crois pas ! Eh Martel, n’oublie pas que c’est la France qui m’a donné seulement

quatre ans de

prison ! Signe qu’à quelque chose je sers encore… La France a besoin d’hommes comme nous qui travaillent dur et
tirent la charrette :
Martel (le prend par le col) N’insulte pas ce pays qui t’a donné à manger et qui te maintient !
Joseph (plus docile) Oh je n’y pense pas d’insulter la France, mais je sais qui m’a accueilli comme

un frère et qui

m’a traité comme une bête !
Martel (après un moment de silence ou il regarde fixement le prisonnier avec haine) Une bête ! Ne

fait

pas

le

malin ! (il le laisse avec un évident mépris) Reste à ta place plutôt. Souviens toi piémontais, tu as encore deux ans à
purger et que deux ans c’est long et plein de choses

peuvent arriver. Beaucoup de choses peuvent t’arriver ….

Joseph (se calmant) Je ne l’oublie pas, excusez moi. Mais dans deux ans, vous avez raison à me le
sortirai de cette prison et je serai libre. Peut-être ma famille m’aura
m’aidera ; je serais contraint de me trainer de
de choisir. D’autres

rappeler, moi je

abandonné. Je me le serais mérité ; personne

ci de là jusqu’à la fins de mes jours. Mais je serais complètement libre

ici dedans ne le seront pas…

Martel (suspect) Que veut tu dire ?
Joseph : Regardez-vous (insistant avec ironie sur les mots qui suivent) Monsieur Martel, Vous dans deux ans vous
serez encore ici à travailler. Et vous le ferez jusqu’à la fin de votre vie. Ici dedans.
Martel (tète haute) Certainement ! Et j’en suis fier ! Je sers mon pays travaillant honnêtement ! Et
des délinquants et assassin comme toi !

je le protège

�Joseph(levant les mains) Ah je n’en doute pas… Mais votre métier de geôlier que vous apporte t’il ?
vous en tirez ? Seulement haine et mépris de la part de nous tous ? Et les

Qu’est

que

ordres de vos supérieurs. Vous portez à

la maison un salaire, certes, mais vous étés liés pieds et mains à la prison. Et c’est votre prison.
Martel : Tu parle par jalousie ! Toi tu voudrais être à ma place… Faire subir aux autres au lieu de

subir toi…

Joseph : Surement vous avez raison. Vous me l’avez rappelé tout à l’heure que suis une bête… Mais, faites vous un
examen de conscience, vous qui dites de l’avoir à ma place.. Demandez vous si dans cette prison, au fond, nous ne
sommes pas tous derrière des barreaux ! A

différence que moi j’en sortirai, vous à l’inverse…

Martel (durement en poussant Joseph) Ca suffit ! Tu ne sais pas ce que tu dis ! Retourne à
couche et tourne le dos au public, dans la position du début) Maudit

t’assoir.

(Joseph

se

bâtard ! ( murmurant in sort. Obscurité).

Acte X
Troisième scène dans la prison de Digne (décembre 1854)

(Même e décor, mais entre en scène Bouvier à la place de Martel le geôlier. Les lumières s’allument)

Personnages : Joseph Charbonnier et Bouvier)
Bouvier (c’est un homme à l’air modeste, il entre, s’assied sur un coin de la paillasse sur laquelle

Joseph

toujours allongé, dos au public) Bonjour Joseph.
Joseph (se lève et s’assoie à coté de Bouvier) Bonjour Emmanuel.
Bouvier : Alors demain tu pars.
Joseph (soupirant) Oui
Bouvier : Tu n’est pas content ?
Joseph: Oui, oui…
Bouvier : Je ne comprend pas. Tu ne semble pas content, préoccupé…
Joseph (restant dans le vague) Mais non… Je ne sais même pas moi…
Bouvier : Pense à ceux qui restent. Pense à ceux qui ne sortiront jamais d’ici. Tu le sais le vieux
Robert est en
train de mourir. Il est rentré il y seulement deux ans, mais avec le froid, l’humidité et (abaissant le voix) les coups,
maintenant il est mal fichu ; il n’arrivera pas à demain.
Joseph. Oui je sais…
Bouvier : Pense à moi aussi ! J’en ai encore pour sept ans ! Moi qui n’ait fait que voler dans la maison du Préfet. Je
n’ai tué personne (s’apercevant de la gaffe). Oh excuse moi !
Joseph (sourit) Ne t’en fais pas. C’est une vieille histoire et je n’y pense plus. J’ai purgé ma peine.
Bouvier : Et alors qu’ as-tu ?

est

�Joseph (le regard perdu) J’ai peur, tu sais ?
Bouvier (ne semble pas comprendre) Peur ? Mais de quoi ? Il y a avoir peur de rester ici…
Joseph (met un bras sur l’épaule de Bouvier et le regarde fixement) Cher Bouvier, mon vieux, on a
toujours peur
de quelque chose (pause) Oui je suis content de sortir. Je suis content d’avoir escompté ma peine. Je serais content
demain de passer sous le regard de Martel et de lui
rire au nez en homme libre…
Bouvier : Espérons que il ne me le fasse pas payer à moi parce que je suis ton ami.
Joseph (le rassurant) N’ait pas peur, il ne pourra pas s’acharner plus de son habitude…
Bouvier (rit) Tu as raison. Même un comme lui ne peut pas empirer plus que tant…
Joseph (retournant à ses pensées) Non la question est une autre.
Bouvier : Dis moi.
Joseph : Les changements font toujours peur. Moi pendant ces années j’ai beaucoup pensé, tu sais ! Et je suis arrivé à
me dire qu’ ici bien ou mal c’était clair : je savais qui j’étais et qui
vous étiez autour de moi.
Bouvier : Prisonniers et gardiens…
Joseph : Exact.
Bouvier : Et alors…
Joseph : Hors d’ici le monde a continué à tourner, mois pendant quatre ans je suis resté immobile. Ici c’était toujours
pareil. Chaque jour les mêmes choses, les mêmes visages.
Bouvier : Faces de galère.
Joseph (rit de nouveau) Mais tètes connues ! Au dehors au contraire…
Bouvier : Mais dehors tu as ta famille ! tes enfants ! ta femme !
Joseph : oui, va savoir ! J’avais deux enfants de 12 ans, un de 16. Le plus grand déjà marié.
Maintenant je trouverai
tout changé : Pierre aura 20 ans et les deux autres ? A 16 ans je ne
les reconnaitrai plus, mais surtout ceux seront
eux qui ne me reconnaitront plus…
Bouvier : Tu n’as pas beaucoup changé : Laid hier, et laid tu es resté…(il rit)
Joseph (rit lui aussi) c’est vrai ! mais moi j’ai changé en mon fond intérieur. Mais eux ? Eux

comment seront-ils ?

Bouvier (timidement) Mais ta femme ? elle n’aura pas changé…
Joseph (le regarde fixement) quatre années sans un mari c’est long.
Bouvier (fait une pause) Tu as raison. Je te comprends. Moi je ne suis pas marié : Je n’ai pas d’enfants : Je volais
pour moi, pour manger et parce que je n’était pas capable de rien faire d’autre. Hors d’ici je n’ai personne qui
m’attend, sinon la vie que je faisait avant. Quelques
amis et quelques parents lointains . Pour moi cela sera facile de
retrouver les mêmes
choses . Si on ne me tue pas dans cette prison à force de coups.
Joseph (le pousse Bonnaire) Mais va… Mais je vois que tu as compris l’idée…
Bouvier (après une pause avec un soupir) Bien maintenant allons (il se lève) tu as encore une nuit
ici avec nous.
Essaye de ne pas ronfler trop, au sinon je te tue cette nuit et demain tu n’auras plus aucun problème (il sourit, Joseph
lui aussi rit, puis il se retourne dos au public, s’allonge sur la paillasse, Bouvier sort).

�Acte XI
Dans la maison de Joseph Charbonnier et de Marie Peyrot à Saumane (décembre 1854)

(Dans un angle la paillasse ou reste couché Joseph, sur l’autre coté de la scène se trouve une chaise oû s’assiéra
Marie. Monologue de Marie : ses paroles se croisent avec celles de Joseph dans un dialogue imaginaire. A la fin de la
scène, ils se lèverons et idéalement dans l’acte XIII -une scène réelle- ils commenceront à se parler )

Personnages : Marie Peyrot
Marie Peyrot (reste silencieuse pour un peu, puis commence à parler d’une façon incertaine,
soupirant de tant en
tant. Ce sont des pensées plus que des paroles) Je ne croies pas que
le temps serait passé si vite (elle sourit) mais
c’est toujours pareil Le temps que nous avons devant semble éternel et puis, dans un souffle, le voilà qu’ il est passé
(après un moment
de pause) et demain je me retrouverai devant cet homme, que je reconnaitrai peut être plus. Je
me le souviens d’une façon… savoir si la prison l’aura changé…
(première intervention de Joseph)
Marie Peyrot (en levant la tète) Et moi ? Moi j’ai changé pendant ces quatre années ! Et aussi tout
le monde !
Comment sera demain soir dans cette maison qu’avec difficulté j’ai réussi à
garder ? Que nous dirons nous ?
Comment nous comporterons nous avec nos enfants. Oui,
pendant ces quatre années nous nous sommes vus au
parloir de la prison de Digne, mais à
travers une grille. Paroles formelles. « Comment allez vous ? Vous avez maigri,
On vous
donne à manger ? …» Mais dedans… dedans comme sommes nous ?
(deuxième intervention de Joseph)
Marie Peyrot (secoue la tète soupirant) Nous ne sommes plus les-mêmes. Tout ceci nous a changé.
Quatre années
d’éloignement forcé mais avant encore vingt années d’incertitude, de difficulté et de tentatives de planter des racines
sur cette terre qui n’est pas la notre. Pas
encore. Peut-être la sera-t-elle pour nos enfants… Peut-être. Mais eux
aussi… comment
regarderont ils nos Vallées, notre « Beubi » que nous avons quitté il y a tant de temps, pour
finir ici, comme ça ?
(troisième intervention de Joseph)
Marie (énonçant) si tu restes à un poste, tu es comme un arbre bien planté qui enfonce ses
propres racines dans la
terre que l’on connait bien, qui dresse branches et feuilles vers le
ciel qu’il connait, qui fait grossir son propre
tronc dans un lieu qu’on connait bien. Qui
grandit et
vit au milieu des autres qui te ressemblent et forment un
bois ! Mais
maintenant que sommes-nous ? L’arbre s’est renversé et les racines sont au contraire. Si je
regarde
ma
terre, celle d’où nous sommes partis et cette France, où maintenant nous
vivons, où nous mourrons, je
ne sais plus où est le bas où le haut. Où sont les racines où les branches.Pourquoi sentir la nostalgie et la tristesse…

(quatrième intervention de Joseph)

Marie (joint les mains en prière) Seigneur, Notre Père, Toi qui a conduit le peuple d’Israël à travers
des
terres
inconnues pour chercher un lieu où vivre et y construire une maison, pourquoi m’as-tu laissée seule dans cette

�situation ? Pourquoi ne m’as-tu pas aidé, tu n’es pas resté
près de moi ? Moi je t’ai cherché pendant de longues
heures toutes ces années…
Maintenant je ne sais plus qui je suis…
(Obscurité. Marie se lève et s’approche du centre de la scène en attendant Joseph)

�Acte XII
Dans la prison de Digne (décembre 1854)

(Sur les paroles de Marie, Joseph se lèvera lentement de sa paillasse et se mettra assis)
(les monologues de Joseph et de Marie se croisent).
(A la fin les deux se lèveront et commencerons à se parler dans un dialogue réel dans l’acte XIII).
(première intervention de Marie)

Joseph (au début presque joyeux, il commence à parler pour ensuite tomber dans l’incertitude et les doutes. Ce sont des
pensées plus que des paroles) C’est fini. Demain je serai hors d’ici.
Je pourrai voir le ciel, non à carreaux, mais tout
entier au dessus de ma tète ! Le ciel ! Comme il est grand le ciel ! Le même qui couvre et écrase tous, français et
étrangers… Y aura-t-il quelqu’un pour m’attendre ? Ou serais-je seul, demain et dans les jours à venir ?
(deuxième intervention de Marie)

Joseph (le moral sous les talons) Certes que s’il n’y a personne, je ne pourrai pas me plaindre… Leur vie a changé et
elle est allée de l’avant. Y aura-t-il encore une place pour un comme
moi ? (il lève la tète et énonce) Joseph
Charbonnier le charbonnier (à haute voix) ; Joseph
Charbonnier l’étranger, le piémontais (à voix éteinte) ; Joseph
Charbonnier l’ivrogne, celui
qui ne s’occupe pas de sa maison et de sa famille (un murmure), l’assassin… De ceuxlà,
qui suis-je ?

(troisième intervention de Marie)

Joseph (avec conscience amère, il relève la tète et regarde dans le vide). C’est comme si
maintenant
j’émigrai
une deuxième fois. Je ne pars plus de « Beubi » pour la France, je pars de la prison pour des espaces ouverts…J’avais
perdu mes racines, me détachant de ma Vallée et je pensais les avoir planté ici, mais maintenant l’arbre s’est retourné
une autre
fois et je ne sais plus, si mes branches sont réellement capables de sortir de ces grilles et
mes
racines capables d’être replantées en terre inconnue. Ou bien je suis condamné désormais à rester ici, à coté de Bouvier
et de Martel…

(quatrième intervention de Marie)

Joseph (baisse la tète et se met le mains sur les épaules) Notre Père qui étés au cieux,… enfant je
priais
par
devoir et par peur. Puis pendant des années, j’ai prié seulement par habitude,
mais maintenant je prie peut-être pour
la première fois avec sincérité. Je t’ai haï pour ce
qui m’est arrivé, pour la méfiance, la distance et la haine des
français. Puis je t’ai haï pour ce dimanche soir maudit et pour toutes les vexations et les violences de la prison. Et
maintenant je sors d’ici et j’ai encore besoin de Toi. Que Tu m’aide à trouver une route et
être finalement
en paix. Amen.

�(cinquième intervention de Marie)

(apres les dernières paroles de Marie, dans l’obscurité elle se lèvera et attendra Joseph au centre de la scène. Les
lumières s’éclairent et Joseph à son tour, se lève et idéalement sortira de la prison et rencontrera sa femme au centre de
la scène)

Acte XIII
Hors de la prison de Digne (décembre 1854)

Joseph (émotionné) Maria !
Marie (elle aussi un peu anseuse) Bonjour, Giuseppe…
Joseph (comme ci-dessus) Vous êtes venue…
Maria (comme ci-dessus) Naturellement… Nous avons une longue route avant d’arriver à
semblait juste de ne pas vous laisser seul à la faire.

Saumane.

Il

me

Joseph :Merci
Marie : Allons-y (elle se tourne pour sortir)
Joseph (incertain la retient par le bras) Attendez (Marie interrogative se tourne) nos enfants

comment vont-ils ?

Marie (se retourne vers lui) Hyppolite et Pierre travaillent, comme toujours et avec eux s’est joint
Joseph
Barthelemy. Désormais il est grand lui aussi. Et Marie est allée à Marseille dans
une famille à faire la bonne.
C’est le Pasteur Musset qui nous a donné l’adresse : Il a écrit une lettre de référence et ils l’ont prise. Il y a six mois
maintenant…
Joseph : ils sont tous loin maintenant.
Marie : Il fallait travailler pour nous maintenir tous. Moi aussi je suis allé dans d’autres maisons…
Joseph : Je comprends. Mais maintenant je retournerai moi aussi travailler !
Marie : Vous devez vous reprendre. Vous êtes fatigué.
Joseph : J’y arriverai. Aussi parce que nous sommes restés seulement nous deux à ce que j’ai

compris…

Marie : Oui.
Joseph (cherche à changer de discours) Ils vont biens ? Je parle des fils.
Marie : Oui, ils vont biens
Joseph : Eh eux désormais ils ont leurs racines en France.
Marie (cherchant de minimiser la chose) Ils ont des amis. Hyppolite une femme et des enfants. Pierre aussi voudrait se
marier rapidement…
Joseph (avec une sorte d’amertume) C’est naturel… Et vous ?
Marie (semble ne pas comprendre) Nous ?

�Joseph (en difficulté) Oui, nous. Sommes-nous bien ici ?
Marie (en souriant) Vous voudriez partir ? Une autre fois. De nouveau ? Ou bien retourner dans les Vallées !
Joseph : Non … c’est que je me demande, si…
Marie ( le regarde fixement) Joseph ! Nous sommes étrangers, certes. Nous le seront partout. Le
choix
nous
l’avons fait il y a des années. Beaucoup d’années. Et vous, vous sortez de
prison. C’est ce que ils voient en vous.
Mais ce sont des choses que les autres nous ont attribué. Nous devons avoir bien clair qui nous sommes vraiment.
Laissons aux autres
leurs jugement faciles. Moi je sais qui je suis.
Joseph : Et qui êtes vous ?
Marie : Moi je suis Marie Charbonnier, née Peyrot. Votre femme. La mère de nos enfants et la « sirventa »
de
beaucoup de maisons de « Monsieur » de Saumane. Je ne peux pas être quelqu’un d’autre. Et je n’ait pas envie. Le
temps… Vous qui voulez-vous être ?
Joseph (après une pause) Vous avez raison. Maintenant j’ai les idées claires.
Marie (décidée) Alors partons. La route est longue de Digne à Saumane. J’ai loué un charriot, si vous
pouvez le conduire.
Joseph (va partir, puis hésite et s’arrête un instant) Allez devant, je veux m’arrêter quelques
murs. Au fond… pendant quatre années ils ont été ma maison.

voulez,

vous

minutes à… saluer ces

Marie (avec un sourire et un soupir, l’atmosphère est semblable à celle de la scène de l’acte II) ça
va. Pendant le
trajet nous pourrons beaucoup parler. (elle regarde dehors) Moi j’y vais.
Vous ne vous pressez pas. Vous me
rejoignez la bas. (elle indique dehors et sort).

Acte XIV
Dans un lieu imaginaire (décembre 1854)
(Personnages : Joseph -58 ans- et Joseph vieux)

Joseph-58 ans (avec un soupir) Allez, Giuseppe. Allez, tu est arrivé jusqu’ici et tu peux recommencer ! Au diable ceux
qui me regarderont mal et penserons de moi ce que je ne

suis pas.

Joseph vieux : Personne n’est capable de juger qui que ce soit.
Joseph-58 ans : j’ai encore à démontrer beaucoup de choses : Que je suis un honnête homme, un

travailleur

et

que je ne crains pas le futur.
Joseph vieux : Chaque homme, chaque femme doit démontrer avant tout à lui-même qui il est et

qu’est-ce qu’il

fait.
Joseph-58 ans (à tète haute) Mes enfants, Marie et tous ceux qui sont autour de moi, pourront

voir ce dont je suis

capable.
Joseph vieux : ceux ne sont pas les vivants à juger les vivants. Seulement l’histoire peut le faire.
Joseph-58 ans : Mon histoire sera celle d’un étranger qui a fait de la prison et qui en est ressorti meilleur. L’histoire des
autres… ? chacun écrit la sienne.

�Joseph vieux : L’histoire de chaque homme et de chaque femme vaut en soi-même et peut servir

comme

enseignement, de façon consciencieuse et attentive pour que personne n’oublie.
Joseph-58 ans (comme s’il entendait une voix lointaine) Juste ! Pour que personne n’oublie (apres

une

pause)

Mais maintenant il faut y aller. (avec un immense soupir, comme pour récupérer énergie et courage pour ce lancer
dans le vide, il se tourne vers la sortie et appelle

à grand voix) Marie ! Attend moi ! J’arrive…( il sort)

(sur la scène entre lentement la Chorale qui commencera le Chant VII : «Amara terra mia » (Domenico Modugno). A la
fin du chant la chorale reste sur la scène.

EPILOGUE
(Dans un lieu imprécisé dans les Vallées, aujourd’hui)

(A la fin du chant de la Chorale,
les deux jeunes du début du spectacle, retournent sur le devant de la scène,
le décor c’est celui du prologue)

Sonia (enthousiaste) Quelle histoire, mais quelle histoire.
Marco (absorbé par ses pensés) Nos pensées se sont envolées, n’est ce pas ?
Sonia : Mais non pourquoi ?
Marco ( minimisant) Mais tu rigoles ! Nous avons inventé pas mal de choses. Certainement. Nous

avons deux qui

se sont mariés, puis lui qui a tué quelqu’un en France…
Sonia : Mais cela pourrait être vrai ! Le reste je dis…
Marco : Ben certes, peut-être.
Sonia : Marco, des fait nous avons tirez une séries d’idées, de pensées. Je ne vois rien de mal. De

plus

nous

n’avons émis aucun jugement.
Marco : C’est sur.
Sonia (insiste) Et nous n’avons inventé rien d’absurde, d’impossible. Nous ne les avons pas

envoyés sur la lune !

Marco (riant) Il ne manquait plus que ça…
Sonia : Alors cela pourrait être la vérité, pourquoi pas ? On pourrait en faire un film, un spectacle ?
Marco (riant) Oui, appelons Spielberg…
Sonia (absorbée, en rigolant) Ehm, Ehm, Ehm. Je ne sais pas. Mieux Bertolucci, cela me semble

plus dans son

style.
Marco : Allez, Sonia, arrête de te moquer (changeant de ton), au fond (pause) mais non, va !
Sonia(curieuse) Quoi ? dis le moi !
Marco : Tu sais, je me disais, nous n’avons rien inventé vraiment. Nous avons imaginé quelques
des faits, mais pour le reste, nous avons parlé des émotions et des

sentiments

choses

autour

de gens communs. Ne crois-tu

pas ?
Sonia (après une pause) Beh, tu n’es pas aussi idiot comme parfois tu veux le paraitre …(elle rit)
chose importante.

Tu as dit une

�Marco (faisant l’idiot) Vraiment ?
Sonia : Va, Marco, écoutes . Ce que je veux dire, est que ceux sont réellement ces choses qui
sentiments et les émotions. Ce qui ne change pas est lié à nos peurs et à

comptent.

Les

l’insécurité de chacun d’entre nous. Et

qui ne laisse aucune trace dans les livres d’histoire.
Marco (sournois) Et tu sais pourquoi ? (pendant que Sonia secoue la tète) parce que ces choses sont éternelles. Elles
sont présentes dans chaque époque, donc inutile de l’écrire dans les

livres d’histoire. Nous les connaissons depuis

des milliers d’années.
Sonia (après une dernière pause) Écoutes ! Et si au lieu de tourner un film, on écrivait le texte

pour

une

pièce

de

théâtre ?
Marco : Pour le théâtre ? Bonne idée !
Sonia (le prend par la main) Allons à la maison alors. Allons l’écrire avant de tout oublier !
jamais entendu notre histoire ! Ici nous n’avons plus rien à faire pour

Jusqu’ici personne a

cette fois… (elle l’entraine dehors en courant).

La Chorale exécute le morceau final du Chant VIII « Gracias a la vida ».
Sur cette mélodie tous les acteurs rentrent sur scène en dernier Marco et Sonia.
A la fin du chant le spectacle se termine.

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�DAGLI ATOMI
AI MINERALI

DES ATOMES
AUX MINÉRAUX

Avete mai osservato un ﬁocco
di neve sotto una lente o al
microscopio? Non è difﬁcile...
qui sotto avete un esempio della
regolarità e
insieme della
complessità e
della bellezza
del suo aspetto.
Dicono che non
esistano al mondo
due ﬁocchi di neve
uguali!
Direte: che c’entra
questo con atomi
e molecole e minerali? Invece
nasce proprio da un’osservazione
di un cristallo (o ﬁocco) di neve la
cristallograﬁa moderna. Siamo nel
1611 e Keplero, uno scienziato già
noto per le leggi che governano
il moto dei pianeti intorno al sole,
ipotizzò che la forma (o morfologia)
dei cristalli di neve fosse da far
risalire ad una disposizione regolare
di ‘atomi’ di acqua. Si pensava infatti
a quel tempo che l’acqua fosse un
elemento chimico di forma sferica
e Keplero scoprì allora quello che
oggi chiamiamo impacchettamento
esagonale compatto. Dovettero
passare quasi due secoli prima
che Lavoisier capisse che l’acqua
non è un ‘atomo’ ma un composto
chimico di idrogeno e ossigeno.
L’idea originale di Keplero rimane
però valida ancora oggi e la struttura

Avez vous déjà observé un ﬂocon de
neige à la loupe ou au microscope?
Ce n’est pas difﬁcile, ci-dessous, vous
avez un exemple de la régularité et en
même temps de la
complexité et de
la beauté de son
aspect. Il paraît
qu’il n’existe pas
deux ﬂocons de
neige identiques
au monde!
Vous me
direz:qu’est ce
que ça à voir avec
les molécules et les minéraux? Eh bien,
vous serez surpris d’apprendre que la
cristallographie moderne provient de
l’observation d’un cristal (ou ﬂocon) de
neige. Ca se passe en 1611: Képler, un
scientiﬁque déjà connu pour les lois sur
le mouvement des planètes autour du
soleil, émet l’hypothèse que la forme
(ou morphologie) des cristaux de neige
doit être due à une disposition régulière
d’ «atomes» d’eau. On pensait en effet
à l’époque que l’eau était un élément
chimique en forme de sphère et à cette
époque Képler découvrit ce que nous
appelons aujourd’hui l’assemblage
hexagonal compact. Presque 2
siècles passèrent avant que Lavoisier
comprenne que l’eau n’était pas un
atome mais un composé chimique
constitué d’hydrogène et d’oxygène.
L’idée originale de Képler reste en
revanche valide encore aujourd’hui:

ATTRAVERSO
I FIOCCHI DI NEVE

2

EN PASSANT PAR LES
FLOCONS DE NEIGE

�del ghiaccio è
una disposizione
regolare di
molecole, come si
vede qui a destra.
Ma partiamo da
una molecola
d’acqua. Una
sfera di legno
in rosso vivace
rappresenta
l’ossigeno,
collegato con
due asticciole (i legami chimici) a
due sferette bianche più piccole
(idrogeno). E’ un modello ingrandito
200 milioni di volte di H2O; tutto è
in scala, anche l’angolo formato dai
tre atomi. Ragazzi! Potete osservare
e manipolare questo modello,
come anche altri, smontandoli e
rimontandoli per rendervi partecipi
di quello che a livello atomico (e
con modalità estremamente più
complesse) è la formazione di una
molecola partendo dagli atomi.
Costruendo una molecola partendo
da sfere e asticciole (in inglese stick
and ball) con l’aiuto del docente,
potrete immaginare le dimensioni
reali dei componenti della materia,
le loro distanze e anche gli angoli
stessi di legame. Le molecole
realizzate sono infatti fedeli
riproduzioni in scala 1:200.000.000
realizzate rispettando il codice
internazionale dei colori per gli
atomi.
In questo modo scoprirete che la
materia, nei suoi tre stati, solido,
liquido, gassoso, è costituita da
particelle elementari indivisibili
(appunto atomi, dal greco)
rappresentati da sfere colorate, a

la structure de
la glace provient
d’une disposition
régulière de
molécules,
comme on le voit
ici à gauche.
Mais partons
d’une molécule
d’eau. Une sphère
en bois rouge vif
représente l’oxygène, relié avec
deux bâtonnets (les liaisons chimiques)
à deux sphères blanches plus petites
(molécules d’hydrogène) . C’est un
modèle de H20 grossi 200 millions de
fois ; tout est à l’échelle, même l’angle
formé par les 3 atomes. Vous pouvez
observer et manipuler ce modèle et
bien d’autres, en les démontant et en
les remontant pour vous rendre compte
de ce qu’est, au niveau atomique (avec
des modalités beaucoup plus complexes), la formation d’une molécule en
partant des atomes.
En construisant une molécule à partir
de sphères et de bâtonnets (en anglais «stick and ball») avec l’aide de
l’enseignant, vous pourrez imaginer
les dimensions réelles des composants de la matière, leurs distances
et même les angles entre les liaisons.
Les molécules réalisées sont en effet
de ﬁdèles reproductions à l’échelle
1:200.000.000 construites en respectant le code couleur international des
atomes.
De cette façon ; vous découvrirez que
la matière, dans ses trois états - solide,
liquide, gazeux- est constituée de particules élémentaires indivisibles (d’où le
mot atome, du grec) représentées par
des sphères colorées, à leur tour inter-

3

�4

loro volta interconnesse da legami
chimici, rappresentati da asticciole
di legno.
Ma veniamo al passo successivo:
Madre Natura ama l’ordine, si
diceva. Questo almeno in parte,
è vero. Quando l’acqua solidiﬁca,
le molecole si dispongono
ordinatamente in un reticolo, con un
modello tangibile. Con la fantasia e
l’immaginazione potete avvicinarvi ai
minerali con le loro strutture.
Un ﬁocco di neve impiega qualche
minuto a formarsi ma la formazione
dei minerali richiede tempi geologici,
spesso decine di migliaia di anni, o
anche milioni. In tutto questo tempo
i costituenti elementari della materia
(atomi o gruppi atomici), favoriti
spesso da temperature elevate nella
crosta terrestre, ebbero la possibilità
di disporsi in maniera ordinata
formando un reticolo cristallino,
esattamente come nel nostro ﬁocco
di neve le molecole d’acqua. Dalle
molecole quindi passiamo ai reticoli
minerali, in qualche ora ma non
dimentichiamo che nel progredire
della scienza questo processo

connectées par des liaisons chimiques,
représentés par les bâtonnets de bois.
Mais venons-en à l’étape suivante:
Mère Nature aime l’ordre, on disait.
Cela, au moins en partie, est vrai.
Quand l’eau se solidiﬁe, les molécules
se disposent de manière ordonnée en
formant un réseau, selon un modèle
tangible. Avec de la fantaisie et de
l’imagination, vous pourrez donc
appréhender les minéraux grâce à leur
structure.
Un ﬂocon de neige prend quelques
minutes à se former mais la formation
des minéraux requiert des temps géologiques, souvent des dizaines de millier d’années, ou même des millions.
Avec tout ce temps, les constituants
élémentaires de la matière (atomes ou
groupes atomiques), aidés souvent
par les températures élevées dans la
croûte terrestre, ont pu se disposer de
manière ordonnée en formant un réseau cristallin, exactement comme les
molécules d’eau dans notre ﬂocon de
neige. Des molécules, on passe donc
aux réseaux cristallins en quelques
heures, mais n’oublions pas que dans
le cadre du progrès de la science, ce

�richiese secoli e secoli.
Anche il reticolo cristallino di un
minerale ha la sua tridimensionalità,
spiegata con la realizzazione di
semplici unità elementari, che poi
concettualmente si immaginano
ripetute nello spazio a formare
appunto il reticolo. Ecco dunque
il concetto di cella elementare: il
cloruro di sodio (sale da cucina) o il
ﬂuoruro di calcio (ﬂuorite) o ancora
la graﬁte.

processus a requis des siècles et des
siècles.
Le réseau cristallin a lui aussi un aspect tri-dimensionnel, expliqué avec
la réalisation d’unités élémentaires
simples, que l’on peut s’imaginer
répétées dans l’espace pour former
ledit réseau. Voilà donc le concept de
structure élémentaire: par exemple le
chlorure de sodium (sel de table) ou le
ﬂuorure de calcium (ﬂuorite) ou encore
la graphite.

Partendo da questo concetto di regolarità atomica è abbastanza intuitivo passare ad un aspetto morfologico molto appariscente nei minerali:
la presenza di facce piane e regolari
che si intersecano ad angoli costanti. Questo crea un aspetto regolare
e simmetrico nei cristalli, molto attraente. I cristalli possono essere di
qualche millimetro ma anche molto
più grandi.

En partant de ce concept de régularité atomique, il est assez intuitif de
passer à un aspect morphologique
très remarquable dans les minéraux: la
présence de faces planes et régulières,
qui s’intersectent avec des angles
constants. Cela donne aux cristaux
un aspect régulier et symétrique très
agréable. Les cristaux peuvent être de
quelques millimètres mais parfois aussi
beaucoup plus grands!
Prof. Daniele MAZZA

5

�LA CARTA
LA CARTE
D’IDENTITÀ
D’IDENTITÉ
DEI MINERALI DES MINÉRAUX

6

Abbiamo parlato di come gli atomi,
associandosi tra di loro, danno vita ai
composti ed ai minerali. Il modo in cui
si legano i diversi elementi chimici è
anche alla base di una caratteristica
fondamentale dei minerali: la
DUREZZA. La scala di Mohs è una
scala, che possiamo quasi paragonare
ad un podio del minerale più forte, del
tutto immaginaria che rappresenta
per l’appunto la durezza dei minerali
e si articola in 10 “gradini” che vanno
da 1 a 10, dove 1 indica il minerale
più tenero e 10 il più duro. Vediamo
alcuni esempi:
Talco: avete presente il Borotalco?
Nonostante la poca fantasia, è davvero
fatto da talco! Molto conosciuto nelle
valli occitane per le miniere di Prali,
è uno tra i minerali più teneri che si
conosca. Per questa ha durezza 1;
Oro: il metallo più conosciuto al
mondo, essendo un metallo è molto
duro. SBAGLIATO! È invece molto
tenero. Con durezza da 2.5 a 3 è
quindi molto malleabile. Questo
permette di usarlo per ﬁli, lamine,
smartphone, in campo medico per
la cure di certe malattie… insomma,
non chiamatelo “duro”!; Quarzo:
lo sapevate che la crosta terrestre
è formata dal 75% da silicio ed
ossigeno? Ebbene si! Il quarzo, che
contiene silicio e fa parte dei silicati,
entra a pieno diritto tra i minerali
più abbondanti sulla Terra ed ha
durezza 7;

Nous avons discuté de comment les
atomes, en s’associant entre eux,
donnent vie aux composés et aux minéraux. La manière dont sont reliés les différents éléments chimiques est aussi à la
base d’une caractéristique fondamentale
des minéraux: la DURETÉ. L’échelle de
Mohs est une échelle que nous pouvons
presque assimiler à un podium du minéral
le plus fort, complètement imaginaire, qui
représente dans notre cas la dureté des
minéraux et se décompose en 10 échelons, qui vont de 1 à 10, où 1 indique le
minéral le plus tendre et 10 le plus dur.
Voyons quelques exemples :
Talc: vous connaissez la poudre de talc?
Malgré le peu de fantaisie, c’est vraiment
fait avec une roche appelée talc. Très
connu dans les vallées occitanes autour
des mines de Prali, c’est un des minéraux
les plus tendres que l’on connaisse. C’est
pour cela que sa dureté vaut 1;
L’or: le métal le plus connu au monde,
souvent comme étant un métal très dur!
FAUX! Il est au contraire très tendre. Avec
une dureté comprise entre 2.5 et 3, il
est donc très malléable. Cela permet de
le réduire en ﬁls ou en ﬁnes plaques; bref,
ne le qualiﬁez pas de «dur»!;
Quartz: vous saviez que la croûte terrestre est constituée à 75% de silice et
d’oxygène? Eh bien si ! Le quartz, qui
contient justement de l’oxygène et de la
silice fait partie des silicates, il entre de
plein droit dans la catégorie des minéraux
les plus abondants sur Terre et a une
dureté de 7.

�Corindone: meglio conosciuto anche
come rubino (ricco in cromo) e
zafﬁro (ricco in titanio e ferro), ha
una durezza esorbitante! Ben durezza
9. Per questo viene usato per alcuni
vetri molto particolari (e costosi) o
gioielli;
Diamante: squillo di trombe per
Sua Maestà il Re dei Minerali! Il più
prezioso e il più duro minerale sulla
Terra, con durezza 10! Forse solo
Wolverine riesce a batterlo…

Corindon: Mieux connu sous le nom
de rubis (riche en chrome) et de
saphir (riche en titane), il a une dureté
faramineuse. Un bon 9. Pour cette
raison, on l’utilise dans la fabrication de
certains verres particuliers (et chers) ou
bijoux.
Diamant: roulement de tambour pour
Sa Majesté le roi des Minéraux! Le minéral le plus précieux et le plus dur sur
la Terre, avec une dureté de 10. Parait-il
que seul Wolverine pourrait le battre.

Sebbene la Scala di Mohs sia da sè
sufﬁciente a caratterizzare i minerali,
alle volte è bene avere un aiuto in
più. E questo è dato da alcune altre
caratteristiche fondamentali dei
minerali, facili da ricordare ovvero:
colore, lucentezza, aspetto (o abito)
e le caratteristiche speciale. Vediamo
alcuni esempi:
COLORE: spesso ogni minerale ha
uno o più colori che lo distinguono; ad
esempio la galena è grigio piombo,
il rubino rosso. Ma ci sono casi
particolari in cui questo non aiuta: un
esempio è il quarzo che presenta una
diversità di colori ENORME! Infatti
può essere di qualsiasi colore, persino
non averne nessuno (incolore), che

Bien que l’échelle de Mohs soit en elle
même sufﬁsante pour caractériser les
minéraux, parfois, c’est bien d’avoir une
aide en plus. Et celle-ci est donnée par
certaines autres caractéristiques fondamentales des minéraux, dont il facile de
se rappeler: couleur, éclat, faciès (ou
habitus) et autres caractéristiques
spéciales. Voyons quelques exemples:
COULEUR: souvent les minéraux ont une
ou plusieurs couleurs qui les différencient;
par exemple la galène est gris plomb,
le rubis rouge. Mais il y a aussi des cas
particuliers pour lesquels la couleur n’aide
pas: le quartz en est un exemple, il comporte une diversité de couleur ÉNORME!
En effet, il peut être de n’importe quelle
couleur, voire même n’en avoir aucune;

7

�8

dipende dalle impurezze o elementi
chimici al suo interno. Un esempio
lo sono l’ametista (colore viola) ed
il quarzo moriore (colore nero).
Questo fenomeno è anche detto
allocromatismo;
LUCENTEZZA: ovvero “quanto
luccica”. Molto semplice, vero?
Niente affatto. Alle volte è più difﬁcile
di quanto sembra… Il quarzo ha
lucentezza vitrea (simile del vetro),
l’oro e la graﬁte hanno lucentezza
metallica, lo zolfo ha lucentezza
resinosa (simile alla resina);
ASPETTO: altro parametro
fondamentale che può essere molto
utile, ma anche molto insidioso.
Ad esempio il nostro onnipresente
quarzo ha un abito appuntito, la
pirite è cubica, lo
zafﬁro è a barilotto.
Poi esiste sempre
qualcuno che
vuole esagerare:
un esempio è il
bismuto sintetico,
che ha un abito a
tramoggia. Mah,
a me sembra
una scalinata…
giudicate voi!
CARATTERISTICHE SPECIALI:
le caratteristiche dette prima è
essenziale che siano usate assieme
per poter essere sicuri di identiﬁcare
un minerale. Ma esistono dei casi unici
in cui basta solo la sua “specialità” per
andare a colpo sicuro!
Un esempio è la magnetite, che viene
attirata dalla calamita (per questo
il fenomeno è detto magnetismo),
l’arsenopirite se colpita da un martello
puzza di aglio (ottima contro i vampiri:
risultati assicurati!), l’uraninite è

cela dépend des impuretés ou des
éléments chimiques qu’il contient. Par
exemple, l’améthyste (couleur violet)
et le quartz morion (couleur noir). Ce
phénomène est aussi appelé allochromatisme;
ÉCLAT: cela dépend de comment
«brille» un minéral. Très simple, n’est ce
pas? Pas le moindre du monde. Parfois
c’est plus difﬁcile que ça en a l’air. Le
quartz a un éclat vitreux (similaire au
verre), l’or et le graphite ont un éclat
métallique, le soufre a un éclat résineux (similaire à la résine);
FACIÈS: un autre paramètre fondamental qui peut être très utile, mais
aussi très traître. Par exemple notre
omniprésent quartz a un faciès pointu, la pyrite est cubique, le soufre
est en tonnelet.
Ensuite il existe
toujours certaines
personnes qui
veulent exagérer: par
exemple, le bismuth
synthétique qui a
un faciès en trémie.
Bon, moi j’aurais plutôt dit un escalier...
je vous laisse juger
par vous-même!
CARACTÉRISTIQUES SPÉCIALES:
pour les caractéristiques citées ci-dessus,
il est essentiel de les utiliser ensemble aﬁn
d’être sûr d’identiﬁer le minéral. Mais il
existe des cas uniques pour lesquels seule
sa «spécialité» sufﬁt pour être sûr de son
coup!
Un exemple est la magnétite, qui est
attirée par un aimant (c’est pour ça que
ce phénomène est appelé magnétisme);
l’arsénopyrite, lorsqu’on lui donne un coup
de marteau, elle sent l’ail (excellente contre
les vampire, résultat assuré!); l’uraninite

�radioattiva (beh, questo è anche dato
dal suo nome: contiene un SACCO
di uranio!), la calcite si scioglie
sotto l’azione dell’acido cloridrico
(per intendersi è la stessa cosa che
fa l’idraulico liquido con il calcare),
l’halite, se assaggiata, è salata (lo si
usa ovunque e sempre. Non sapete
cos’è? È il nostro sale da cucina!). E
molti, molti, molti altri ancora…
Si potrebbe andare avanti all’inﬁnito:
in fondo, al mondo sono stati scoperti
più di 5400 specie di minerali, tra
microminerali (visibili solo attraverso
un microscopio) e macrominerali
(visibili ad occhio nudo). Ma forse la
caratteristica speciale più curiosa è la
ﬂuorescenza: se un minerale viene sottoposto ad uno speciale “trattamento”
(raggi UV, raggi X, riscaldamento, ecc.)
può assumere un colore diverso da
quello che ha di solito. Non ci credete?
Ecco alcuni esempi: sotto una lampada a raggi ultravioletti (UV)…

est radioactive (bon, on le comprend aussi
à son nom, elle contient beaucoup d’uranium!); la calcite se dissout sous l’action
de l’acide chlorhydrique (pour mieux se
comprendre, c’est la même chose que ce
que fait le détergent pour les canalisations
avec le calcaire); l’halite, lorsqu’on la goûte
est salée (on l’utilise partout et tout le
temps. Vous ne savez pas ce que c’est?
C’est notre sel de table!). Et plein, plein,
plein d’autres encore.
On pourrait continuer à l’inﬁni: au ﬁn fond
du monde, on a découvert plus de 5400
espèces de minéraux, entre microminéraux (visibles seulement à travers un
microscope) et macrominéraux (visibles
seulement à l’oeil nu). Mais peut-être
que la caractéristique la plus étrange est la
ﬂuorescence: si un minéral est soumis à un
«traitement» spécial (rayons UV, rayons X,
chauffage, etc), il peut prendre une couleur
différente de celle qu’il a habituellement.
Vous n’y croyez pas? Voici quelques
exemples: sous une lampe à rayons UV...

E con queste basi si dia il via alla
caccia al minerale più curioso
e particolare che avete. Buon
riconoscimento!

Et avec ces bases, vous pouvez partir à
la chasse du minéral le plus curieux et
spécial que vous avez. Bonne reconnaissance!
Dott. Matteo GIAI

9

�LE ROCCE

LES ROCHES

I bei cristalli che si possono
ammirare nei musei o alle mostre
sono purtroppo abbastanza
eccezionali. I minerali si trovano di
solito come costituenti delle rocce,
nelle quali crescono – per così
dire – in competizione tra loro e
quindi non riescono generalmente
a sviluppare le loro forme
geometriche.
Questi minerali, “brutti” dal punto
di vista cristallograﬁco, danno però
molte informazioni sul modo in cui
le rocce si sono formate o evolute,
come vedremo in una serie di
fotograﬁe al microscopio.

Les beaux cristaux que l’on peut
admirer dans les musées ou pendant
les expositions sont malheureusement
assez exceptionnels. Les minéraux
se trouvent d’habitude comme
constituants des roches, dans lesquels
ils grandissent, pour ainsi dire, en
compétition entre eux et donc ils
ne réussissent pas à développer
leurs formes géométriques. Ces
minéraux, pas très jolis du point de vue
cristallographique, donnent par contre
beaucoup d’informations à propos du
mode dans lequel ils se sont formés ou
ont évolué, comme nous le verrons dans
une série de photos au microscope.
La Fig. 1 montre une rhyolite, une
roche magmatique volcanique riche en
oxyde de silice, SiO2. Au moment de
l’éruption, la lave (magma) contenait
déjà des minuscules cristaux de
Sanidine (sa) et de quartz (qz). La lave
cristallise très rapidement formant
une matrice aux grains très ﬁns, dans
laquelle les minéraux ne sont même pas
reconnaissables au microscope.

La Fig. 1 mostra una riolite, roccia
magmatica vulcanica ricca in
ossido di silicio, SiO2. Al momento
dell’eruzione il fuso (magma)
conteneva già minuscoli cristalli di
sanidino (sa) e quarzo (qz). Il fuso
è cristallizzato molto velocemente
formando una pasta di fondo
a grana ﬁnissima, nella quale i
minerali non sono riconoscibili
nemmeno al microscopio.
10

La Fig. 2 montre en revanche un
granit, roche magmatique plutonique
de composition chimique analogue à
la rhyolite, mais cristallisée lentement
à plusieurs kilomètres de profondeur.
Dans ce cas, les minéraux ont pu
se développer et on remarque
que le plagioclase (pl) a son faciès
caractéristique et a bloqué la croissance
de l’orthoclase (or). Le quartz a cristallisé
en dernier et a rempli les vides laissés
par les minéraux déjà formés.

�La Fig. 2 mostra invece un granito,
roccia magmatica plutonica di
composizione chimica analoga alla
riolite, ma cristallizzata lentamente
alla profondità di alcuni km. In
questo caso i minerali si sono
potuti sviluppare e notiamo che il
plagioclasio (pl) ha il suo abito e ha
ostacolato la crescita dell’ortoclasio
(or). Il quarzo (qz) è cristallizzato per
ultimo e ha riempito i vuoti lasciatigli
dai minerali già formati.

La Fig. 3 mostra un’arenaria, roccia
sedimentaria che si forma per
la cementazione di una sabbia.
Si vedono minutissimi cristalli di
calcite, riconoscibili per i colori
vivaci, che saldano tra di loro
granelli di quarzo e feldspato.
La Fig. 4, inﬁne, mostra un
micascisto, cioè una roccia
metamorﬁca formatasi da un’argilla
ricristallizzata alla temperatura
di alcune centinaia di gradi e
alla profondità di alcuni km. La
pressione orientata, legata alla
formazione di una catena montuosa,
ha parallelizzato le lamine di mica,
riconoscibili per i colori vivaci, e ha
conferito alla roccia la caratteristica
struttura scistosa.

La Fig.3 montre un grès, roche
sédimentaire qui se forme par la
cimentation d’un sable. On observe
des minuscules cristaux de calcite,
reconnaissables par leur couleurs
vives, qui soudent entre eux les grains
de quartz et de feldspath.
La Fig.4, enﬁn, montre un micaschiste,
c’est à dire une roche métamorphique
formée d’une argile recristallisée à une
température de plusieurs centaines
de degrés et à une profondeur de
plusieurs km. La pression orientée,
liée à la formation d’une chaîne

montagneuse, a parallélisé les couches
de mica, reconnaissables à leurs
couleurs vives et a conféré à la roche
sa structure schisteuse caractéristique.
Prof. Riccardo SANDRONE

11

�Lusernaite-(Y) Foto Finello

Si ringraziano
Dott. Francesco GIACOMINO
Dott. Matteo GIAI
Prof. Daniele MAZZA
Sig. Antonio Valter PIGNATARO
Prof. Riccardo SANDRONE
per le lezioni didattiche
e
Dott. Ing. Thomas BREHON
per la traduzione in francese

Nous remercions
Dott. Francesco GIACOMINO
Dott. Matteo GIAI
Prof. Daniele MAZZA
Sig. Antonio Valter PIGNATARO
Prof. Riccardo SANDRONE
pour les cours didactiques
et
Dott. Ing. Thomas BREHON
pour la traduction en français

Associazione Culturale
Strada del Saret, 4 - 10062, Luserna San Giova
v nni (TO)
C.F.:
F 94573910018
Tullio Parise (Presidente): 348.03.82.734
T
Manuela Campra (Vicepresidente): 348.79.336.74
7 4
Paolo Falco (Tesoriere): 338.46.10.618
12

info: Ferramenta Michele Malan - via 1° Maggio, 5 - Luserna S.G. (TO) - 0121.909310 - 340.6815881
Mail: associazionesengian@gmail.com - associazionesengian@pec-legal.it
Facebook: fb.me/AssociazioneSenGian

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                  <text>Le attività degli Sportelli Linguistici fanno in modo che la popolazione entri in contatto con la lingua storica minoritaria sia nella sua forma orale, sia in quella scritta, ponendo le Pubbliche Amministrazioni nella condizione di corrispondere in lingua minoritaria, ai sensi della L.482/99, garantendo la presenza di personale che sia in grado di rispondere alle richieste del pubblico usando la lingua ammessa a tutela.</text>
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      <description>A resource consisting primarily of words for reading. Examples include books, letters, dissertations, poems, newspapers, articles, archives of mailing lists. Note that facsimiles or images of texts are still of the genre Text.</description>
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                <text>Locandina delle lezioni "Dagli Atomi alle Rocce"</text>
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                    <text>�UN PARCOURS LINGUISTIQUE:
ses raisons
Pour réaliser ce parcours linguistique
en langue française, on a isolé, dans
chants et chansons, un certain nombre
de mots, dont la plupart sont simples
et connus, mais il y en a aussi
d’amusants ou de désuets, de
classiques ou de modernes, de sérieux
ou de bizarres, dont nous avons fait
une courte biographie. Outre les
textes et leur traduction, vous
trouverez donc, en bas de la page, une
sorte de glossaire. Les mots qui le
composent ne sont que des exemples
d’une langue qui témoigne d’une
culture extrêmement riche. Nous nous
plaisons de penser que, vous aussi,
poussés par la curiosité, vous vous
aventurerez dans les pages d’un
dictionnaire, ou vous trouverez le
temps de flâner parmi les avenues
littéraires de cette belle langue sœur.

UN PERCORSO LINGUISTICO:
i motivi
Per realizzare questo percorso linguistico
in lingua francese, abbiamo isolato da
canti e canzoni alcune parole, per lo più
semplici e conosciute, ma anche
divertenti o desuete, classiche o
moderne, seriose o bizzarre, e ne
abbiamo abbozzato una breve biografia.
Oltre ai testi e alla loro traduzione,
troverete quindi a piè pagina una sorta di
glossario. Le parole che lo compongono
non sono che piccoli “assaggi” di una
lingua
veicolo
di
una
cultura
straordinariamente ricca. Ci piace
pensare che, spinti da una qualche
curiosità,
vi
avventurerete
a
vagabondare, come abbiamo fatto noi,
tra le pagine di un dizionario o a
passeggiare tra le aiuole letterarie di
questa nobile lingua nostra consorella.

«IJ SONADOR AMBULANT»
EN QUATRE MOTS

“IJ SONADOR AMBULANT”
IN QUATTRO PAROLE

D’un coin de rue placé hors du temps, le
trio Vietraverse propose des chants
traditionnels d’amour, de guerre et de
travail en français et en occitan sur des
arrangements originaux.
Plusieurs sont issus des cahiers des
Vallées vaudoises Germanasca, Pellice
et Chisone. Il s’agit de chansons
anciennes qui datent du XVIe jusqu’au
milieu du XIXe siècle. Elles parlent de
Noël, de la vie à la montagne,
d’épisodes d’histoire piémontaise mais
elles donnent aussi la parole à des
femmes, que ce soient des prisonnières,
des mal aimées ou bien des pasteures
épanouies.

Come stesse suonando ad un angolo di
una piazza in un momento fuori dal
tempo, il trio Vietraverse propone
arrangiamenti
originali su canti
tradizionali di lavoro, amore e guerra in
francese ed occitano. Molti sono tratti
dai cahiers delle Valli Valdesi della Val
Germanasca, Pellice e Chisone. Sono
canzoni antiche appartenenti ad un
periodo che va dal 500’ fino alla prima
metà dell'800. La vita della gente di
montagna,
episodi
della
storia
Piemontese, la festa del Natale ma
anche
sorprendenti
canzoni
al
femminile che parlano in prima persona
di donne prigioniere, di mogli trascurate

�1

e di pastore felici.

LE PRISONNIER –IL PRIGIONIERO
À travers le grillage
Je vois, de ma prison,
Reverdir le feuillage,
Fleurir le vert gazon ;
Je vois à ma fenêtre
L’hirondelle accourir:
Le printemps va renaître,
Et moi je vais mourir!

Attraverso le sbarre
Vedo, dalla mia prigione,
il fogliame rinverdire
il prato verde fiorire
Vedo alla mia finestra
La rondine volare
La primavera rinasce
Mentre io morirò!

Philomèle2 plaintive,
Est-ce toi que j’entends?
Violette craintive,
Est-ce toi que je sens?
La rose aussi, peut-être,
Déjà songe à s’ouvrir:
Le printemps va renaître,
Et moi je vais mourir!

Filomela lamentosa,
è te che sto sentendo?
Violetta impaurita
è te che avverto?
Forse anche la rosa
Già pensa di schiudersi;
La primavera rinasce
Mentre io morirò!

Doux parfums, doux ramages,
A mes sens éperdus
Pourquoi rendre l’image
Des biens que j’ai perdus?
Ah! laissez disparaître
Jusqu’à leur souvenir:
Le printemps va renaître,
Et moi je vais mourir!

Dolci profumi, dolci rami,
ai miei sensi spersi
perché rendere l’immagine
di tutto ciò che ho perso?
Ah! Lasciate che sparisca
Finanche il ricordo;
La primavera rinasce
Mentre io morirò!

Malgré la double porte,
Pour moi close à jamais,
L’écho lointain m’apporte
Des refrains que j’aimais.
Le chalumeau champêtre
Recommence à gémir: Le printemps va renaître,

Malgrado la doppia porta,
a me chiusa per sempre,
l’eco lontana mi trasmette
ritornelli a me cari.
Lo zufolo campestre
Ricomincia a gemere: La primavera rinasce

1

I due distici di questa complainte(letteralmente: lamentazione, cantilena, nenia), canzone narrativa del genere epicolirico di tradizione valdese, restituiscono i pensieri di un condannato a morte rinchiuso in una prigione. Da dietro le
sbarre della sua finestra vede fiorire la primavera, rinascere la natura, sbocciare i fiori, volare le rondini.La vita è in
piena attività mentre lui è destinato alla morte. Daniele Tron, in un saggio sulle Complaintes, sottolinea: “Benché in un
manoscritto valligiano la canzone, sotto il titolo di Le prisonnier de Saluces, sia attribuita ad un certo Buffa dei Peyrots
di S. Giovanni, detenuto nelle carceri di Saluzzo, dal testo non appare alcun elemento a comprova che il protagonista
del racconto sia effettivamente un valligiano condannato per motivi di religione durante una delle tante azioni
repressive cui è stata sottoposta nei secoli la minoranza valdese”. È probabile che la versione del canto attualmente
conosciuta nelle Valli sia una fusione tra alcune strofe della poesia Le prisonnier di Antoine Vincent Arnault datata «La
Haye, 1818» e di alcune altre scritte forse da Emmanuel Pons di Massello, imprigionato, forse per accuse di
contrabbando, durante la seconda metà del XIX secolo e autore anche di altre poesie in italiano e in francese. (fonte:
testi del corso «Mots et musique. Le français à travers le chant», 2007-2008, Fondazione Centro Culturale Valdese).
2
Philomèle: Filomela, personaggio della mitologia greca, figlia di Pandione, l’ottavo mitologico re di Atene, e di
Zeusippe. Venne violentata da Tereo re della Tracia che, nonostante avesse sposato la sorella Procne, era innamorato
non corrisposto di lei. Per impedirle di riferire le violenze le tagliò la lingua, ma Filomela riuscì ad informare la sorella
ricamando un messaggio per lei su una tela che le fece pervenire. Così Procne uccise il figlio Iti avuto da Tereo e glielo
diede in pasto, prima di fuggire a Daulia nella Focide insieme alla sorella. Quando Tereo comprese la natura del cibo si
diede alla ricerca delle due sorelle, che per salvarsi invocarono l’aiuto dagli dei e da cui furono trasformate in uccelli.
Procne divenne una rondine, Filomela un usignolo e infine anche Tereo fu trasformato in un’upupa.

�Et moi je vais mourir!

Mentre io morirò!

NOUS SOMMES VINGT-CINQ OU TRENTE – SIAMO VENTICINQUE O TRENTA
oppure
LE(s) VOLEUR(s) –IL LADRO/I LADRI 3
Nous sommes vingt-cinq ou trente
Tous des voleurs ensemble,
Et moi le gouverneur,
Le maître des voleurs.

Siamo in venticinque o trenta
ladri tutti quanti
e io il comandante
il capo dei briganti.

La plus grande volerie
Que j’ai fait pendant ma vie
Au château désolé.
Je m’en suis allé voler.

La prima ruberia
che ho fatto in vita mia
in un castello isolato
a rubare sono andato.

Je suis entré dans une chambre.
Oh, mon Dieu, qu’elle était grande!
J’ai vu là cet écus;
J’y ai mis la main dessus.

Sono entrato in una stanza.
Dio mio, com’era grande!
ho visto cento scudi
e ho allungato la mano.

Je suis passé en France
Ma marchandise à vendre,
A vendre et à débiter;
A l’heure di marché

Sono andato in Francia
Con le mie merci da vendere
A vendere e a smerciare
All’ora del mercato

Les messieurs de Grenoble,
Avec leurs longues robes
M’ont pris et m’ont mené
Pour me faire juger.

I signori di Grenoble
con le loro grandi toghe
mi han preso e condotto
in tribunale.

Ils m’ont jugé à pendre,
-Oh mon Dieu, quelle sentence!D’être pendu ou brûlé
À l’heure du marché.

Mi han condannato all’impiccagione
Che sentenza, mio Signore!
Impiccato o bruciato
In un giorno di mercato

Quand j’ai été sur la potence
J’ai regardé la France
J’ai vu mes compagnons
A l’ombre d’un buisson.

Quando sono stato sulla forca
ho guardato verso la Francia
ho visto i miei compagni
all’ombra del fogliame.

Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant...
Vous m'entendez ?
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant perdu !

Compagni di miseria
Dite a mia madre
Che non mi rivedrà più,
sono un figlio…
Mi sentite?
Non mi rivedrà più
Sono un figlio perduto.

3

Di questa canzone esistono molte versioni. Alcune compaiono anche con il titolo Complainte de Mandrin interpretata
anche da Yves Montand. Una delle versioni del testo è attribuita a ms. Henri-ThéophileBounous della Val Chisone
(1915).

�NOËL4–NATALE
L’enfant de Dieu es nascu
Pauramen dins un estable
Lou grand ben qu’es avengu
Per lou pòple miserable
Sortèn lèu d’a quest coutau,
E courrèn à soun oustau.
RIT.
Ola ! lou bèu journau !
Ola ! grando meravelho
Ola ! lou bèu journau
Quand Diéu es na eiçavau.
Peire tu n’as pas ausi
L’ange cridant pèr la plano ?
Me sèmblo, l’ai entrevist
Releva à la lugano
Pèr vrai a crida tout aut :
Laissas eici lou bestiau.
RIT.
Sus metèn-nous en camin
Anen cerca soun repaire
Pèr vèire lou rèi divin
Vole laissa mis alaire
Ièu n’aurai jamai de repaus
Qu’ieu ne siegue à soun oustau.
RIT.
Disès-me que faren-nous
Quand saren a soun repaire ?
Nous metre tous à genous ;
Grand ounour li pourra faire.
Nous auren perdo un dòu mau
Pèr certain coumpaire Arnau.
RIT.

4

I Noëls sono canti popolari destinati a rallegrare la veglia della notte di Natale prima della messa di mezzanotte.
Nascono nell’XI secolo nelle diverse lingue derivate del latino, diffondendosi dalla Francia al resto d’Europa, nelle città
e nelle campagne, grazie ai trouvères e ai troubadours, e trasmettendosi di generazione in generazione. Dal IX secolo
si comincia ad innalzare delle tende che rappresentano la mangiatoia del Cristo, con le figure dell’angelo, di San
Giuseppe, il bue e l’asino. Nel X secolo, nelle cattedrali e nelle abbazie si affianca a questi riti ingenui uno spettacolo
più elaborato, con diversi soggetti, dall’Antico Testamento alle vite dei santi, alle parabole, all’Apocalisse, che punta
sulla spettacolarità e sull’imprevisto. Per la presenza di personaggi e scene, alcuni Noëls potevano essere
rappresentati come mystères, come quello in cui Giuseppe e Maria cercano asilo a Betlemme e non trovano altro che
dinieghi. (fonte:testidel corso «Mots et musique. Le français à travers le chant»)

�LE SIÈGE DE CONI 5–L’ASSEDIO DI CUNEO
Le roi écrit une lettre
Au prince Conti
Pour lui faire savoir
Ce que c’est que Coni
C’est un retranchement
Qui durera longtemps
Avant qu’il en soir pris
Je vous en avertis.

Il re scrive una lettera
Al principe Conti
Per fargli sapere
Cos’è Cuneo
È una fortezza ben difesa
Che resisterà a lungo
Prima di essere presa.
La avverto

Je sais bien de même
Que Coni il est très fort,
Et sa beauté suprême,
Mais je plains sur son sort.
J’ai cent mille hommes en train
Qui disent que Turin
Sera le brandevin 6
Pour le premier matin.

So bene
Che Cuneo è molto forte
e supremamente bella
Ma mi spiace per lei
Ho centomila uomini che
Dicono che la conquista di Torino
Sarà poco più che una formalità
Risolta all’alba.

Oh Prince cette affaire
Mérite attention.
Pour bien faire la guerre
Il faut des munitions
Pour nourrir vos soldats
Vous aurez d’l’embarras
Cent mille hommes en effet
Pèsent dessus vous bras.

Oh Principe questa storia
Merita attenzione.
Per fare bene la guerra
Ci vogliono le munizioni
Per nutrire i suoi soldati
Avrà dei problemi
Centomila uomini infatti
Saranno un bel peso per lei

Mais rien de manque
Dedans mon armée
Car pour la dépense
Elle est fort bien réglée
J’aurais pour les années
A nourrir les Français
Aussi ceux de Coni
Et tous les Piémontais.

Invece non manca nulla
Al mio esercito
Perché la dispensa
È ben fornita
E avrei di che nutrire nei prossimi anni
Sia i Francesi
Che i cuneesi
Che tutti i piemontesi.

5

Le siège de Coni: L’assedio di Cuneo anche noto come Le Roi écrit une lettre au Prince Conti (il Re scrive una lettera al
Principe Conti) fa riferimento all’assedio di Cuneo del 1744 avvenuto durante la guerra di successione austriaca (17411748). Nell’agosto di quell’anno le truppe francesi comandate da Luigi Francesco di Borbone, principe di Conti, e
quelle spagnole al comando del marchese di Las Minas, scesero lungo la Valle Stura, conquistarono la fortezza di
Demonte e presto arrivarono a cingere d’assedio la piazzaforte di Cuneo, alleata dei Savoia, ultimo baluardo a difesa di
Torino e della pianura piemontese. La canzone immagina un dialogo fra il Re assediato ed il Principe di Conti. Il Re
avverte che Cuneo è una fortezza ben difesa, che resisterà a lungo, ha un comandante valoroso (il Barone Von
Leutrum, il famoso Baron Litron, come lo chiamavano i cuneesi, un tedesco da sempre al servizio dei Savoia che per la
sua fedeltà ed abilità verrà nominato governatore a vita di Cuneo). La lettera aggiunge che Cuneo non teme fucili, né
bombe, né cannoni, il principe avrà difficoltà a nutrire un esercito così numeroso, poi arriverà il freddo, neve e gelo,
che lo costringeranno a tornare sui propri passi. Il principe risponde dicendo che ha un esercito numeroso, che non ha
problemi di rifornimenti per le sue truppe, che piange la sorte di Cuneo perché la conquisterà senza problemi
proseguendo poi per Torino e per il freddo costruirà ripari e gallerie per i suoi soldati.
La conclusione è un consiglio: il Re invita il principe a tornare a Parigi e proseguire i suoi studi, non soltanto di latino,
ma soprattutto nell’arte militare, perché il Principe di Conti, che ha appena 27 anni, non ha ancora doti sufficienti per
un impegno così difficile. Il Re aveva visto giusto: Cuneo resiste all’assedio e le truppe assedianti visti inutili i loro
sforzi, il 22 ottobre cominciarono a ritirarsi, lasciando in quella campagna oltre 6000 morti, mentre i cuneesi
contarono appena 400 vittime.
6
Brandevin: aperitivo.

�L’hiver qui avance vous obligera
De retourner en France
Et de quitter cela
Le froid de la saison
La neige et les glaçons
Obligeront Conti
D’abandonner Coni.

L’inverno che avanza la costringerà
A tornare in Francia
A lasciare così
Il freddo della stagione
La neve e i ghiacci
Obbligheranno Conti
Ad abbandonare Cuneo.

J’ai fait pour mon piège
Un chemin couvert
Je ne crains ni la neige
Ni le froid de l’hiver
Ni vos coups de canon
Fusils et mousquetons
Ne m’épouvantent pas
Je vais franchir le pas 7.

Ho realizzato come riparo
Un tunnel
Non temo la neve
Né il freddo dell’inverno
Né i vostri colpi di cannone
Fucili e moschetti
Non mi spaventano
Andrò avanti per la mia strada.

Vous parlez trop rude
Pour être écolier
Il vous faut de l’étude
Pour vous fortifier
Retournez à Paris
Trouver votre régent
Car pour prendre Coni
Il faut être savant.

Parla in modo troppo rozzo
Per un giovinetto
Bisogna che s’istruisca
Per attrezzarsi meglio
Torni a Parigi
Vada a trovare il suo Re
Perché per prendere Cuneo
Bisogna saperla lunga.

J’ai fini mes classes
Dedans le latin
J’enlèverais vos places
J’irai jusqu’à Turin
C’est là que j’apprendrai
A me fortifier
A finir mes études pour vous en réguler.

Ho terminato gli studi
Di latino
Smantellerò i vostri presidi
Giungerò fino a Torino
È lì imparerò
A rafforzarmi
A finire gli studi per governarvi a dovere.

7

Franchir le pas: proseguire diritto, andare avanti per la propria strada senza timore.

�JE SUIS LE LIBRE BERGER – SONO IL PASTORE LIBERO
Je suis le libre berger – dont les pieds parcourent
Les vallons et les rochers – que les lacs entourent :
Mes brebis pendant le jour – en font mille fois le
tour
En broutant, tant, tant
En brou-l’her, l’her, l’her
En broutant, en brou-l’her, en broutant
l’herbette
Thyms et violettes.
Phébus è peine sorti – du fond des abîmes,
Je vais paître mes brebis – sur les hautes cimes
Dont mon œil peut parcourir – tous les vallons à
loisir :
Même la, la, la,
Même ver, ver, ver,
Même la, même ver, même la verdure
Qui en fait la parure.
J’vois courir avec fierté – les chamois sauvages
Qui par leur agilité – bien que sans plumage
Dépassent en rapidité – le grand aigle carnassier
Qui d’un vol, vol, vol,
Qui d’un ra, ra, ra,
Qui d’un vol, qui d’un ra, qui d’un vol
rapide
Se dérobe si vite.
Il n’y a rien de si charmant – que l’onde agitée
Qui reflète en ce moment – le Grand Miando8
aimée :
Tout y parait dessiné, - les vallons et les rochers !
Même la, la, la,
Même pa, pa, pa,
Même la, même pa, même la parure
De la riche nature.

8

Sono il libero pastore – i cui piedi vanno
Per valli e alture – attorno ai laghi
Le mie pecore di giorno – ne fanno il giro mille
volte
Brucando, ando, ando
Bruler, ler, ler
Brucando, bruler, brucando l’erbetta
Timo e violetta
Quale Febo appena uscito – dal fondo degli abissi,
pascolo le mie pecore – sulle alte cime
di cui il mio occhio può percorrere – tutte le valli a
piacimento:
Anche la, la,la
Anche ver, ver, ver,
Anche la, anche ver, anche la verzura
Che ne orna l’altura 9.
Vedo correre con fierezza – i camosci selvaggi
Che con la loro agilità – benché senza vello
Superano per rapidità – la grande aquila predatrice
Che con volo, volo, volo
Che con ra, ra, ra,
Che con volo, che con ra, che con volo
rapido
Agguanta velocemente.
Non c’è niente di bello – come l’onda agitata
Che riflette in questo momento – la grande
Miando amata:
tutto sembra come dipinto – le valli e le alture!
Anche la, la,la
Anche or, or, or,
Anche la, anche or, anche l’ornamento
Della ricca altura.

Miando: la parola significa in occitano baita.
Che ne orna l’altura: non è una traduzione alla lettera del verso ma una licenza che ci siamo permessi per ottenere
una rima e mantenere il ritmo. La traduzione letterale sarebbe “anche la verzura che ne è ornamento”.
9

�AVIS AUX FILLES–AVVISO ALLE RAGAZZE
Quand j'étais dans mon jeune âge - je formais mille
désirs
Je croyais qu’au mariage – l’on goûtait les vrais
plaisirs
Mais je change de langage – quand j’éprouve à
mon tour
Que le jour du mariage – c’est le tombeau de
l’amour
Tous les jours c’était ma fête – il me faisait mille
présents
Sa main couronnait ma tête – ou de fleurs ou de
rubans
Et pendant toute l’année – mille fêtes pour mon
nom
Mais depuis notre hyménée 10 – l’on ne me fit plus
aucun don.
Dans l’hameau j’étais chérie – avant le nœud
conjugal
Mais le perfide m’oublie – depuis le contrat fatal
Ce n’était que complaisance – langage doux et
flatteur
Ce n’est plus qu’indifférence – ce n’est que
mauvais humeur.
Il admirait mes caprices – il n’osait pas murmurer
A présent ses plus grand vices – il me faut les
supporter
Je régnais en souveraine – sur son cœur et sur sa
foi
Comme amant j’étais sa reine – comme époux il
est mon roi.
Il me faisait des caresses – à ma mère comme à
moi
Il me comblait de tendresses – heureux de suivre
ma loi
A présent sans cesse il gronde 11 – dedans son
brusque dépit
Il accuse tout le monde – du bien qu’il nous a uni.
Fille il me trouvait belle – femme je n’ai plus
d’attrait
Si mon miroir est fidèle – j’ai gardé mes attraits
Consolons-nous c’est des sages – à Paris comme à
la Tour
Que le jour du mariage – C’est le tombeau de
l’amour.

10
11

Quando ero giovane – avevo mille desideri
Credevo che nel matrimonio – si potessero gustare
i veri piaceri
Ma il discorso è cambiato – quando ho provato
personalmente
Che il giorno del matrimonio – è la tomba
dell’amore
Ogni giorno era una festa – mi faceva mille regali
La sua mano cingeva il mio capo con corone – di
fiori o nastri
E per tutto l’anno – mi festeggiava come avessi
mille onomastici
Ma dal nostro sodalizio – non mi ha fatto più alcun
dono
In paese ero apprezzata – prima di stringere il nodo
coniugale
Ma il perfido mi ha dimenticata – dalla firma del
contratto fatale
Una volta era tutto compiacimento – paroline dolci
e lusinghiere
Ora non è che indifferenza – non è che cattivo
umore.
Ammirava i miei capricci – non osava protestare
Ora i suoi più grandi vizi – devo sopportarli
Regnavo sovrana – sul suo cuore e la sua fede
Come amante ero la sua regista – come sposa lui è
il mio re
Mi faceva carezze – a me e a mia madre
Mi riempiva di tenerezze – felice di seguire le mie
decisioni
Ora mi rimprovera a ogni occasione – con il suo
fare brusco
Accusa chiunque – del bene che ci ha uniti
Da ragazza mi trovava bella – da donna non ho
attrattive
Ma se il mio specchio è fedele – le mie attrattive le
ho ancora
Non c’è niente da fare, dicono i saggi – da Parigi a
Tours
Il giorno del matrimonio – è la tomba dell’amore.

Hymenée: espressione poetico-letteraria per indicare l’unione matrimoniale.
Gronder: verbo. Può significare muggire/ululare/emettere un verso ma anche lamentarsi, sgridare, rimproverare.

�ROSSIGNOLIN DU BOIS12–USIGNOLO DEL BOSCO
Rossignolin du bois, rossignolin sauvage,
Apprends-moi ton langage, apprends-moi à parler.
Apprends-moi la manière dont il faut s’aimer.

Usignolino del bosco, usigliolino selvaggio,
insegnami la tua lingua, insegnami a parlare.
Insegnami ad amare.

Pour bien faire l’amour il faut la bonne grâce ;
Il faut la bonne grâce, ne point être trompeur ;
A nos chères maîtresses il nous faut garder
l’honneur.

Per fare bene l’amore ci vuole grazia;
ci vuole grazia e onestà;
bisogna mantenere l’onore delle nostre care
compagne.

« Belle, l’on dit partout que vous avez des
pommes,
Des pommes, des reinettes, dedans votre jardin ;
Permettez-moi, la belle, que j'y mette la main ».

“Bella, si sente dire ovunque ci siano mele,
mele, renette, nel giardino:
Mi permetta, mia bella di toccarle”.

« Non je ne permets pas que personne ne le
touche ;
Va-t’en prendre la lune, le soleil à la main
Et puis tu toucheras les pommes qui sont dans
mon jardin ».
Le beau galant s’en va d’une montagne à l’autre :
La lune elle est trop haute, le soleil est si loin !
La chose est impossible, la belle le sait bien !
« Va-t’en amant trompeur, grand abuseur de
filles !
Tu as pris mon cœur en gage 13, à présent tu t’en
vas.
En passant la rivière 14, galant, tu périras ».
« Je ne périrai pas, je suis un garçon sage,
Je suis un garçon sage, un garçon marinier,
En passant la rivière adieu nos amitiés ».

12

“No permetto a nessuno di toccarle;
va a prendere la luna o il sole in mano
e poi potrai toccare le mele del mio giardino”.
Il bel galante se ne va da un monte all’altro:
la luna è troppo alta, il sole tanto lontano!
La cosa è impossibile e la bella lo sa bene!
“vattene, amante ingannatore, molestatore di
fanciulle!
Hai preso in pegno il mio cuore e ora te en vai.
Attraversando il fiume, oh galante, morirai”.
“Non perirò, sono un ragazzo per bene,
sono un ragazzo per bene, ho confidenza con
l’acqua,
passato il fiume addio alla nostra amicizia”.

Rossignolin du bois: anche noto come Rossignolet du bois, era un canto che tradizionalmente veniva intonato alla
fine del raccolto per riunire la comunità. Ne esistono moltissime varianti e versioni in diverse regioni.
13
Prendre en gage: prendere a pegno. Ricevere un prestito in cambio di una garanzia, di qualcosa offerto come
garanzia in caso il prestito non venisse restituito.
14
Rivière: fiume. Nella lingua francese il termine italiano “fiume” si rende tramite due espressioni della geografia ben
distinte: nel caso di rivière si intendono gli affluenti, cioè tutti quei corsi d’acqua che approdano in altri corsi d’acqua,
siano essi fiumi o altri affluenti. Rivière è anche l’affluente di un lago. La Marna è un esempio di rivière francese.
Invece, con fleuve si intende un corso d’acqua che sfocia in un oceano o in un mare. La Loira, la Senna, il Volga e il
Danubio, così come il Nilo o il Rio delle Amazzoni, sono tutti esempi di fleuves. È interessante rilevare il fatto che
questa distinzione linguistica manca anche in altre lingue, come ad esempio l’inglese e lo spagnolo.

�LI TRÉI SOUDÀ–I TRE SOLDATI
Sunt tréi soudà chi venën d'la ghèro
Tout deiciousà, mal abilhà
sënso souper dunt anar lougiar.
I sounanà da madammo d'l'osto:
Madammo d'l'osto avè-u d'vin rozé
chë li soudà î n'an pâ lu pié.
Li tré i soudà sounmiz a tabblo
Soun miz a tabblo a béure e mingiar
madammo d'l'osto à plûrà.
Soc avè-u madammo d'l'osto?
Soc avè-u tant aplûrar
chë li soudà î sun aribà.
L'è pà mo un vin rozé chë plûru:
plûru moun tant bèl eipû
chë l h'à sè' ann ch'al è oub vû.
Böicavo l'ün, böicavo l'autre
il à tant bén böicà:
L'è proppi vû chë m'avè eipuzà.
O ch'à-tù fait, la maleirûzo!
e t'ai laisà oub düi meinâ
öiro î n'à cattre pâ trop grâ.
I m'an eicrit de fausa lëttra
chë t'ère mort e ëntërà
mi ai fait l'amour oub ün soudà.
Alûro ma fënno fëzoummo partagge
Fëzummo partagge di meinà
Tü lî maigre, mi lî pi grà.
En Franso lh'èro dë grandà ghèra
Dë grandà ghèra e di tûrmënt
vai ma fënno e lh'inüsënt.

�ADIEU BERGÈRES 15–ADDIO PASTORE
Bergers :
Adieu charmantes bergères,
Nous quittons ces beaux climats
Nous allons porter nos pas
Vers des terres étrangères
Là jusqu’à notre retour
Point de plaisir, point d’amour

Pastori :
Addio belle pastore
Lasciamo questi bei climi
Ce ne andiamo
Verso terre straniere
Là fino al nostro ritorno
Non avremo né piacere, né amore

Bergères :
Adieu, nos amis, nos frères ;
adieu, fidèles amants ;
rapportez des cœurs constants
à celles qui vous sont chères ;
pour nous jusqu' à ce retour,
point de plaisir, point d' amour

Pastore:
Addio, amici, fratelli;
addio, amanti fedeli;
mantenete i vostri cuori fedeli
a coloro che vi sono care;
anche per noi fino a quel ritorno
né piacere, né amore

Bergers :
Sur ces montagnes lointaines
Vos troupeaux s'embelliront
Mais vos bergers souffriront
Et pour soulager leur peine
Ils n’auront dans ce séjour
Point de plaisir, point’ d’amour

Pastori :
Su quelle montagne lontane
Le vostre greggi s’abbelliranno
Ma i vostri pastori soffriranno
E per trovare sollievo dalle loro pene
Non avranno in questo soggiorno
Né piacere, né amore

Bergères :
Le voyageur solitaire,
qui verra notre pays,
s' arrêtera tout surpris,
en disant à la bergère :
eh quoi ! Dans ce beau séjour,
point de plaisir, ni d' amour ?

Pastore:
Il viaggiatore solitario
Che vedrà il nostro paese
Si fermerà tutto sorpreso;
dicendo alla pastora:
eh, com’è possibile che in questo bel posto
non ci sia piacere, né amore?

Bergers :
Si, pour nous rendre infidèles,
les beautés de ces hameaux
viennent consoler nos maux,
nous dirons : vous êtes belles ;
mais pour nous jusqu' au retour,
point de plaisir, ni d' amour

Pastori:
Se, per renderci infedeli,
le bellezze di quei villaggi
verranno a consolarci dei nostri mali,
noi diremo: siete belle;
ma per noi fino al nostro ritorno,
né piacere, né amore

Bergères :
Si quelqu' amant de la ville,
venait d' un air séducteur,
pour surprendre notre cœur,
nous dirons : c' est inutile ;
pour nous jusqu' à leur retour,
point de plaisir, ni d' amour.

Pastore:
Si qualche bell’imbusto di città
Venisse con aria seduttrice
Per sorprendere il nostro cuore,
noi diremo: è inutile;
per noi, fino al loro ritorno,
niente piacere, niente amore.

15

Il testo di questo canto si trova in Estelle, roman Pastoral di Jean-Pierre Claris De Florian del 1788. L’opera racconta
la storia di Estelle, giovane abitante di Marsanne, paesino dell’Alvernia-Rodano-Alpi, e del suo amico Némorin, pastore
innamorato di lei sin dall’infanzia. I due sono cresciuti insieme e sono inseparabili. La loro vita scorre tra le cure delle
greggi e la vita all’aria aperta. Si tratta di un poema bucolico e allo stesso tempo di un resoconto della vita pastorale.
Ad un certo punto si racconta il momento della transumanza ed è allora che si trascrive questo canto intonato a strofe
alternate dai pastori che partono e dalle pastore che restano al villaggio attendendo il loro ritorno.

�RIFERIMENTI BIBLIOGRAFICI E SITOGRAFICI:
-

Portaildupatrimoineoral
Jean-Pierre Claris de Florian, Estelle: roman pastoral
La bello a la fenetro. Registrazioni dal vivo di cantori e suonatori delle Valli Chisone e Germanasca
(A cura del Gruppo di Musica Popolare di Pinerolo)
Testi del corso «Mots et musique. Le français à travers le chant», 2007-2008, Fondazione Centro
Culturale Valdese
Nouveau Petit Robert de la Langue Française
Dizionario francese-italiano Boch
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales
Grammaire méthodique de la Langue Française de Riegel, Rioul et Pellat

Foglio di sala a cura di Silvia Nugara (francesista, organizzatrice presso Unione culturale Franco Antonicelli)

��ASSOCIAZIONE MUSICAINSIEME
Scuola di Musica della Val Pellice, Chisone e Germanasca
Via Roma 41 Luserna San Giovanni – 10062 – To
Tel. 0121 902734 – Fax. 0121 396699
Cell. 3357827403 – www.assmusicainsieme.it

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                  <text>Le attività degli Sportelli Linguistici fanno in modo che la popolazione entri in contatto con la lingua storica minoritaria sia nella sua forma orale, sia in quella scritta, ponendo le Pubbliche Amministrazioni nella condizione di corrispondere in lingua minoritaria, ai sensi della L.482/99, garantendo la presenza di personale che sia in grado di rispondere alle richieste del pubblico usando la lingua ammessa a tutela.</text>
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                <text>Programma di sala del concerto "Ij sonador ambulant" volto all'approfondimento linguistico francese</text>
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                    <text>�UN PARCOURS LINGUISTIQUE: ses raisons
Pour réaliser ce parcours linguistique en
langue française, on a isolé, dans chants et
chansons, un certain nombre de mots, dont
la plupart sont simples et connus, mais il y en
a aussi d’amusants ou de désuets, de
classiques ou de modernes, de sérieux ou de
bizarres, dont nous avons fait une courte
biographie. Outre les textes et leur
traduction, vous trouverez donc, en bas de la
page, une sorte de glossaire. Les mots qui le
composent ne sont que des exemples d’une
langue qui témoigne d’une culture
extrêmement riche. Nous nous plaisons de
penser que, vous aussi, poussés par la
curiosité, vous vous aventurerez dans les
pages d’un dictionnaire, ou vous trouverez le
temps de flâner parmi les avenues littéraires
de cette belle langue sœur.

UN PERCORSO LINGUISTICO: i motivi
Per realizzare questo percorso linguistico in
lingua francese, abbiamo isolato da canti e
canzoni alcune parole, per lo più semplici e
conosciute, ma anchedivertenti o desuete,
classiche o moderne, seriose o bizzarre, e ne
abbiamo abbozzato una breve biografia.
Oltre ai testi e alla loro traduzione, troverete
quindi a piè pagina una sorta di glossario. Le
parole che lo compongono non sono che piccoli
“assaggi” di una lingua veicolo di una cultura
straordinariamente ricca. Ci piace pensare che,
spinti da una qualche curiosità, vi avventurerete
a vagabondare, come abbiamo fatto noi, tra le
pagine di un dizionario o a passeggiare tra le
aiuole letterarie di questa nobile lingua nostra
consorella.

EDITH PIAF EN QUATRE MOTS
Edith Piaf, surnommée "Môme Piaf" au début
de sa carrière pour sa toute petite taille, est
connue pour sa voix puissante et mordante. La
légende Piaf est liée non seulement à sa
vocalité extraordinaire mais surtout à la
passion que l'artiste a su transmettre à travers
ses chansons et qu'elle a mis dans tout ce
qu'elle a fait et vécu, sans épargne. À la fois
chanteuse et parolière, Édith Piaf est un
monument de la chanson française, à l’origine
de classiques tels que La vie en rose, Milord, La
foule, ou encore Non, je ne regrette rien. Née
dans la misère en 1915, Édith Piaf grandit dans
le manque d’hygiène et d’affection. Après
avoir suivi pendant quelques années son père
dans des cirques itinérants, elle fuit le foyer
familial à 15 ans et commence à chanter dans
la rue, puis dans les bals musettes. Un jour,
elle est repérée par Louis Lepléequi l'introduit
dans le monde des cabarets où elle est
aussitôt acclamée et plébiscitée: c’est la
naissance de la "Môme Piaf". De vedette de
music-hall adorée du public, elle passe ensuite
rapidement au rang de star internationale.
Malgré ce succès phénoménal, la vie d'Édith
Piaf est marquée par de grands drames
personnels, par les excèset la souffrance. Elle
s’éteint en 1963, à 47 ans seulement. Ce
concert rend hommage à une artiste
formidable et inimitable.

EDITH PIAF IN QUATTRO PAROLE
Edith Piaf, soprannominata agli esordi
“passerottino” (ma môme in francese significa
anche bambino/a) perla sua corporatura assai
minuta, è ricordata da tutti per lasua voce
potente e graffiante. La leggenda Piaf è
legatanon soltanto alla straordinaria vocalità,
ma soprattutto allapassione smisurata che
l’artista ha saputo trasmettere con lesue
canzoni e che metteva in tutto ciò che faceva e
viveva,senza risparmio. Cantante e paroliera,
Édith Piaf è un monumento della canzone
francese, autrice di classici comeLa vie en rose,
Milord, La foule, o ancoraNon, je ne regrette
rien. Nata in miseria nel 1915, Édith Piaf cresce
nell’abbandono e nell’incuria. Segue il padre
per un po’ nei circhi itineranti, poi fugge a 15
anni e comincia a cantare per strada, poi nelle
feste popolari. Un giorno viene notata da Louis
Leplée che la introduce al favoloso mondo dei
cabarets dove ottiene subito enormi successi:
nasce così la "Môme Piaf". Da vedette di
music-hall adorata dal pubblico, si trasforma
presto in una star internazionale. Ma
nonostante questo successo fenomenale, la
vita di Édith Piaf è segnata da grandi drammi
personali, eccessi e sofferenze.Si spegne nel
1963, a soli 47 anni. Questo concerto vuole
rendere omaggio a un’artista formidabile e
inimitabile.

��A QUOI ÇA SERT L'AMOUR - A CHE COSA SERVE L’AMORE
À quoi ça sert l'amour?
On raconte toujours
Des histoires insensées
À quoi ça sert d'aimer?
L'amour ne s'explique pas!
C'est une chose comme ça
Qui vient on ne sait d'où
Et vous prend tout à coup
Moi, j'ai entendu dire
Que l'amour fait souffrir
Que l'amour fait pleurer
À quoi ça sert d'aimer?
L'amour ça sert à quoi?
À nous donner d'la joie 1
Avec des larmes aux yeux?
C'est triste et merveilleux!
Pourtant on dit souvent
Que l'amour est décevant
Qu'il y en a un sur deux
Qui n'est jamais heureux?
Même quand on l'a perdu
L'amour qu'on a connu
Vous laisse un goût de miel
L'amour, c'est éternel!
Tout ça, c'est très joli
Mais quand tout est fini
Qu'il ne vous reste rien
Qu'un immense chagrin 2
Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant
Demain, sera pour toi
Un souvenir 3 de joie!

A che cosa serve l’amore?
Si raccontano sempre
Storie insensate
A cosa serve amare?
L’amore non si spiega!
È una cosa così
Che non si sa da dove venga
Vi prende d’un tratto
Io, ho sentito dire
Che l’amore fa soffrire
Che l’amore fa piangere
A cosa serve amare?
L’amore a cosa serve?
A darci gioia
Fino alle lacrime?
È triste e meraviglioso!
Eppure si dice spesso
Che l’amore delude
Che ce n’è uno su due
Che non è mai felice?
Anche quando lo si è perduto
L’amore che si è provato
Lascia un gusto di miele
L’amore è eterno!
Tutto questo è bello
Ma quando finisce
Che non ne resta nulla
Solo un immenso dolore
Tutto ciò che ora
Sembra dilaniante
Domani sarà per te
Un ricordo di gioia!

1

D’la joie: forma contratta di De la joie scritta così per rendere nello scritto la musicalità dell’orale popolare. Di queste
elisioni se ne trovano diverse nei testi qui proposti. Di solito è la “e” a cadere, ma non solo. Si pensi a una canzone
come Y’a d’la joie del 1938 cantata da Charles Trenet e scrittacon quello stesso Michel Emer che per Piaf firmerà
alcuni testi tra cui L’Accordéoniste. Sin dal titolo, il testo presenta una doppia elisione poiché la forma estesa sarebbe
Il y a de la joie. Ecco l’incipit:
Y'a d'la joie bonjour, bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par dessus les toits
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie.
2

C’è gioia buongiorno, buongiorno rondini
C’è gioia nel cielo sopra i tetti
C’è gioia e sole nelle stradine
C’è gioia ovunque, c’è gioia.

Chagrin: sost. masc. Afflizione, dolore, pena. Curiosamente, il temine nasce nell’ambito della pelletteria (in it. zigrino)
per indicare una pelle ruvida, coperta di dentelli cutanei tipica di certi pesci, usata per la levigazione dell’avorio e
dell’ebano o per la foderatura di astucci e oggetti d’uso. Celebre a questo proposito il romanzo di Balzac La peau de
chagrin (La pelle di zigrino): spunto per il titolo del libro è un talismano che dovrebbe permettere al protagonista della
storia, Raphael de Valentin, di dare soddisfazione alle proprie veementi passioni. Questa pelle di zigrino ha però la
caratteristica di essere tagliata su misura della vita di Raphael ed è così destinata a ridursi progressivamente, a
restringersi ad ogni nuova gioia provata, fino a sparire del tutto, come il suo proprietario. L’accezione maggiormente
in uso del sostantivo chagrin è però quella legata a un’afflizione, una sofferenza morale, un dispiacere che può anche
condurre alla morte come spesso accade nelle canzoni d’amore.
3
Souvenir: sost. masc. Ricordo o anche facoltà del ricordare. Per estensione, può indicare anche l’oggetto che suscita il
ricordo come nel prestito dal francese all’italiano utilizzato in espressioni come souvenir di Venezia; Ti ho portato un
souvenir dal mio viaggio alle Maldive. La parola può essere utilizzata in formule di cortesia epistolari come per

�En somme, si j'ai compris
Sans amour dans la vie
Sans ses joies, ses chagrins
On a vécu pour rien
Mais oui! Regarde-moi!
À chaque fois j'y crois
Et j'y croirai toujours?
Ça sert à ça, l'amour!
Mais toi 4, t'es le dernier
Mais toi, t'es le premier!
Avant toi, y avait rien
Avec toi je suis bien!
C'est toi que je voulais
C'est toi qu'il me fallait!
Toi que j'aimerai toujours?
Ça sert à ça, l'amour!

Insomma, se ho ben capito
Senza amore nella vita
Senza le sue gioie, i suoi dolori
Si vive invano
Ma sì! Guarda me!
Ogni volta ci credo
Ma ci crederò ancora?
A questo serve l’amore!
Ma tu, tu sei l’ultimo
Ma tu, tu sei il primo!
Prima di te non c’era nulla
Con te sto bene!
È te che volevo
È di te che avevo bisogno!
Te che amerò sempre?
Serve a questo l’amore!

esempio Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mon respectueux souvenir (Voglia gradire, Signore,
l’espressione del mio ricordo rispettoso).
4
Toi: pron. pers. «Aide-toi, le ciel t’aidera» La Fontaine (aiutati che il ciel ti aiuta); «Moi d’abord, toi ensuite» Mérimée
(io prima, te poi); «Il n’y a que toi pour y voir clair» Gide (non ci sei che tu per vederci chiaro in questa storia); Il est
plus gentil que toi (è più gentile di te); Un autre que toi (un altro rispetto a te) ; Elle est grande comme toi (è alta come
te). Louis Aragon, da Que serais-je sans toi (che sarei senza te):
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Che sarei senza te che mi sei venuta incontro
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Che sarei senza te, solo un cuore addormentato nel bosco
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Questa ora ferma nel quadrante dell’orologio
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Che sarei senza di te se non un gorgoglio.

�DANS MA RUE - NELLA MIA VIA
J'habite un coin 5 du vieux Montmartre 6
Mon père rentre soûl 7 tous les soirs
Et pour nous nourrir tous les quatre
Ma pauvr' mère travaille au lavoir.
Moi j'suis malade, j'rêve à ma fenêtre
Je r'garde passer les gens d'ailleurs
Quand le jour vient à disparaître
Il y a des choses qui me font un peu peur
Dans ma rue il y a des gens qui s'promènent
J'les entends chuchoter dans la nuit
Quand je m'endors bercée 8 par une rengaine 9
J'suis soudain réveillée par des cris
Des coups d'sifflet, des pas qui traînent 10, qui vont
et viennent
Puis le silence qui me fait froid dans tout le cœur
Dans ma rue il y a des ombres qui s'promènent 11
Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur
Mon père m'a dit un jour: « la fille,
Tu ne vas pas rester là sans fin
T'es bonn' à rien, ça c'est d'famille 12
Faudrait voir à gagner ton pain
Les hommes te trouvent plutôt jolie
Tu n'auras qu'à sortir le soir
Il y'a bien des femmes qui gagnent leur vie
En "s'baladant sur le trottoir" »
Dans ma rue il y a des femmes qui s'promènent
J'les entends fredonner 13 dans la nuit

5

Abito in un angolo della vecchia Montmartre
Mio padre torna a casa ubriaco ogni sera
E per dare da mangiare a tutti e quattro
La mia povera madre lava i panni
Io sono malata, sogno alla finestra
Guardo passare gli stranieri
Quando finisce il giorno
Ci sono cose che mi spaventano un po’
Nella mia via passeggiano persone
Che sento bisbigliare nell’oscurità
Quando mi addormento cullata da una nenia
Improvvisamente mi svegliano delle urla
Dei fischi, dei passi strascicati, che vanno e
vengono
Poi un silenzio che mi gela il cuore
Nella mia via ci sono ombre che passeggiano
E io tremo, ho freddo e paura
Mio padre mi ha detto un giorno: “figlia mia,
non puoi restare qui per sempre
sei una buona a nulla, è una cosa di famiglia
bisogna che ti guadagni da vivere
gli uomini ti trovano piuttosto carina
basterà che tu esca la sera
ci sono parecchie donne che guadagnano
“Passeggiando sul marciapiede””
Nella mia via ci sono donne che passeggiano
Le sento fischiettare nella notte

Coin: sost. masc. Angolo, luogo, cantuccio, posto, località. Si può evocare a questo proposito la famosa canzone di
Charles Aznavour Et moi dans mon coin (e io nel mio angolo/cantuccio) in cui si possono apprezzare due diversi usi
della parola coin. Il primo è presente sin dal titolo poi ripreso nei versi del ritornello: Et moi dans mon coin/Si je ne dis
rien/ Je remarque toutes choses/Et moi dans mon coin/Je ronge mon frein/En voyant venir la fin (Ed io nel mio
cantuccio/Se non dico niente/Noto tutto quanto/Ed io nel mio cantuccio/Mi tengo a freno/Vedendo giungere la fine).
Il secondo uso presente nella canzone di Aznavour si trova nell’espressione observer du coin de l’oeil cioè osservare
con la coda dell’occhio. Piaf invece usa coin per indicare un angolo di strada.
6
Montmartre: nome proprio di un notissimo quartiere nella zona Nord di Parigi che sorge sull’omonima collina in cui
dalla fine dell’Ottocento si stabilirono artisti d’ogni tipo: pittori, scultori, cantanti, ballerine, scrittori.
7
Soûl: agg. masc. Ubriaco. Altre espressioni gergali in francese che servono a indicare l’ubriacatura: se griser, se
bourrer.
8
Bercer: verbo che può voler dire cullare, far dondolare, muovere qualcosa o qualcuno in modo ritmico e dolce come
una culla (da berceau, culla).
9
Rengaine: sost. femm. Ritornello, motivetto popolare. Sinonimo meno noto del termine usato anche in italiano
refrain, la rengaine corrisponde a quanto si sa a memoria e dunque significa anche formula trita e ritrita, espressione
inflazionata, banale, ripetuta fino alla nausea. C’est toujours la même rengaine: è sempre la solita tiritera. In francese
si deriva da questo sostantivo anche la formulazione rengainard, cioè colui che riprende sempre gli stessi modi di
esprimersi fino alla nausea.
10
Traîner: verbo. Trascinare, muovere qualcosa con inerzia, in modo svogliato e lento. Il verbo è curioso perché può
anche essere utilizzato in forma intransitiva per indicare l’atto di starsene per strada, essere abbandonati in giro,
sostare in un luogo più o meno sfaccendati, per esempio les enfants qui traînent dans la rue (i bambini che stanno per
strada).
11
Se promener: passeggiare, aggirarsi come nel verso della nota canzone di Françoise Hardy «Tous les garçons et les
filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux » (Tutti i ragazzi e le ragazze della mia età passeggiano per
strada due a due, in coppia). Può significare anche comparire qua e là.
12
Ça c’est de la famille: questa è una cosa di famiglia, è tipico di questa famiglia, in famiglia siamo tutti così.
13
Fredonner: verbo. Fischiettare, canticchiare, gorgheggiare, trillare. « On l’entendait fredonner sur l’air d’une
opérette en vogue » (lo si sentiva canticchiare l’aria di un’operetta in voga) scrive Alphonse Daudet in Rois en exil. Il

�Quand je m'endors bercée par une rengaine
J'suis soudain réveillée par des cris
Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et
viennent
Puis le silence qui me fait froid dans tout le cœur
Dans ma rue il y a des femmes qui s'promènent
Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur
Et depuis des semaines et des semaines
J'ai plus d'maison, j'ai plus d'argent
J'sais pas comment les autres s'y prennent
Mais j'ai pas pu trouver d'client
J'demande l'aumône 14 aux gens qui passent
Un morceau d'pain, un peu d'chaleur
J'ai pourtant pas beaucoup d'audace
Maintenant c'est moi qui leur fait peur
Dans ma rue tous les soirs je m'promène
On m'entend sangloter dans la nuit
Quand le vent jette au ciel sa rengaine
Tout mon corps est glacé par la pluie
Mais je n'peux plus, j'attends sans cesse que le bon
Dieu vienne
Pour m'inviter à me réchauffer tout près de Lui
Dans ma rue il y a des anges qui m'emmènent
Pour toujours mon cauchemar est fini. 15

Quando mi addormento cullata da un ritornello
Improvvisamente mi svegliano delle urla
Dei fischi, dei passi strascicati, che vanno e
vengono
Poi un silenzio che mi gela il cuore
Nella mia via ci sono donne che passeggiano
E io tremo, ho freddo e paura
E da parecchie settimane
Non ho più casa, non ho più soldi
Non so come facciano le altre
Ma io non sono riuscita a trovare clienti
Faccio la questua a chi passa
Un pezzo di pane, un po’ di calore
Ma non sono molto audace
Ora sono io che faccio paura
Nella mia via ogni sera passeggio
Mi si sente singhiozzare nella notte
Quando il vento getta in cielo la sua nenia
Tutto il mio corpo è gelato dalla pioggia
Ma non ne posso più, aspetto senza tregua che il
buon Dio venga
Per invitarmi a riscaldarmi vicino a Lui
Nella mia via ci sono angeli che mi portano con sé
Il mio incubo è finito per sempre.

verbo può essere usato in modo transitivo fredonner une chanson (canticchiare una canzone) oppure intransitivo Elle
fredonne sans cesse (gorgheggia continuamente).
14
Aumône: sost. fem. Carità, questua, elemosina.Vivre d’aumône (vivere di elemosina). In ambito
ecclesiastico,l’aumônier è il cappellano.
15
Mon cauchemar est fini: il mio incubo è finito. Il verso chiude la tragica parabola della protagonista, povera e
malaticcia, costretta a vivere per strada tra prostituzione ed elemosina. Alla fine, fiaccata dal freddo e dagli stenti,
muore. La morte però sancisce la fine dei suoi patimenti e incubi. Questa giovane sventurata racconta le difficoltà e le
condizioni difficili in cui si viveva a Parigi tra la fine del XIX secolo e gli inizi del XX e riprende alcune figure letterarie
della tradizione ottocentesca francese come per esempio la Nana protagonista dell’omonimo romanzo di Zola. Piaf,
che aveva avuto un’infanzia difficile, conosceva bene questa vita di fame e freddo.

�HYMNE A L’AMOUR - INNO ALL’AMORE
Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe, si tu m'aimes
Je me fous du monde entier
Tant que l'amour inondera mes matins
Tant que mon corps frémira sous tes mains
Peu m'importent les problèmes
Mon amour puisque tu m'aimes
J'irais jusqu'au bout du monde
Je me ferais teindre en blonde
Si tu me le demandais
J'irais décrocher la lune
J'irais voler la fortune
Si tu me le demandais
Je renierais ma patrie
Je renierais mes amis
Si tu me le demandais
On peut bien rire de moi
Je ferais n'importe quoi
Si tu me le demandais
Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu m'aimes
Car moi je mourrais aussi
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité
Dans le ciel, plus de problèmes
Dieu réunit ceux qui s'aiment. 16

16

Il cielo blu sopra di noi può accasciarsi
E la terra può pure sgretolarsi
Poco m’importa, se tu mi ami
Me ne frego di tutto il mondo
Fintanto che l’amore inonderà i miei mattini
Fintanto che il mio corpo fremerà sotto le tue mani
Poco importa dei problemi
Amore mio poiché tu m’ami
Andrei fino alla fine del mondo
Mi farei tingere di biondo
Se tu me lo chiedessi
Andrei a staccare la luna
Andrei a derubare la fortuna
Se tu me lo chiedessi
Rinnegherei la mia patria
Rinnegherei i miei amici
Se tu me lo chiedessi
Si potrà anche ridere di me
Io farei qualsiasi cosa
Se tu me lo chiedessi
Se un giorno la vita ti strappasse da me
Se tu morissi lontano da me
Poco importa, se tu mi ami,
Perché anch’io morirei
Noi avremo per noi l’eternità
Nel blu di tutta l’immensità
Nel cielo, niente più problemi
Dio riunisce coloro che si amano

Dieux réunit ceux qui s’aiment: Dio unisce coloro che si amano, dice questa canzone. Dal canto suo, la notissima Les
Feuilles mortes di Prévert et Kosma ammonisce «Mais la vie sépare ceux qui s’aiment» (Ma la vita separa coloro che si
amano). Al dolore della vita, pone rimedio la bontà di un’entità divina capace di comprendere e favorire l’amore.

�LA FOULE 17-LA FOLLA
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule
Et la foule vient me jeter entre ses bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne 18, écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort nous pousse, enchaînés l'un et
l'autre
Et nous laisse tous deux épanouis, enivrés et
heureux
Entraînés par la foule qui s'élance et qui danse
Une folle farandole 19, nos deux mains restent
soudées
Et parfois soulevés nos deux corps enlacés
s'envolent
Et retombent tous deux épanouis, enivrés et
heureux
Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi
Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne, nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de ma voix s'étouffe dans les rires des
autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage et je
pleure
Et traînée par la foule qui s'élance et qui danse
Une folle farandole, je suis emportée au loin
17

Rivedo la città in festa e in preda al delirio
Che soffoca sotto il sole e sotto la gioia
E nella musica sento le urla, le risate
Che scoppiano e riverberano attorno a me
E spersa tra queste persone che mi spintonano
Stordita, smarrita, resto lì
Quando all’improvviso, mi giro, lui arretra
E la folla mi getta fra le sue braccia
Travolti dalla folla che ci trascina
Ci risucchia, schiacciati l’uno contro l’altra
Formiamo un sol corpo
E l’onda senza sforzo
Ci sospinge, incatenati l’un l’altra
E ci lascia entrambi appagati, inebriati e
felici
Risucchiati dalla folla che si slanciae che danza
Una folle farandola
Le nostre mani restano saldate
E a volte sollevati i nostri due corpi
intrecciatiprendono il volo
E ricadono tutti e due appagati, inebriati e
felici
E la gioia sbalordita dal suo sorriso
Mi trafigge e sprizza nel mio intimo
Ma all’improvviso emetto un grido tra le risa
Quando la folla me lo strappa dalle braccia
Travolti dalla folla che ci trascina
Ci risucchia, ci allontana l’uno dall’altra
Io lotto e mi dibatto
Ma il suono della mia voce si perde tra le risa degli
altri
Ed io grido di dolore, di furore e di rabbia
e piango…
E risucchiata dalla folla che si slancia e che danza
Una folle farandola, vengo sospinta lontano

La Foule: il brano èla versione francese di un valzerscritto nel 1936 dagli argentini Enrique Dizeo e Ángel Cabral con

il titolo Que nadie sepa mi sufrir. Nel 1953, l’interpretazione di Alberto Castillo fu ascoltata e apprezzata durante il suo
tour in America Latinada Édith Piaf che ebbe l’idea di farne una versione francese. Il disco uscì nel 1957 nella versione
composta per Piaf da Michel Rivgauchee. Il titolo del brano ricorda l’omonimo film del regista statunitense King Vidor
del 1928 (The Crowd) che ebbe un grandissimo successo nel raccontare la storia di un giovane uomo che cerca di farsi
strada e diventare qualcuno nella New York sovrappopolata di inizio Novecento. Il protagonista, John è convinto di
essere destinato a grandi cose. Ma sarà sconfitto nello scontro con la spietata realtà della metropoli. La morte della
figlia lo porterà quasi alla follia e al pensiero del suicidio. Saranno l’affetto della coraggiosa moglie e dell’altro
figlioletto a dargli le energie per continuare la lotta quotidiana.
18
Entraîner: verbo. Portare via con sé, trascinare via qualcuno o qualcosa. « De tous les bancs, accouraient les mères,
les bonnes, les tantes, qui saisissaient par la main les fillettes confiées à leur garde et les entraînaient brutalement »
(Da ovunque accorrevano le madri, le domestiche, le zie che prendevano per mano le bambine affidate alle loro cure e
le portavano via brutalmente - Maupassant, Contes et nouvelles). Il verbo può significare anche indurre a compiere
un’azione come in questo esempio: «Par crainte d'entraîner maman au divorce»(Per paura di indurre mamma al
divorzio – Drieu La Rochelle). Nella canzone cantata da Piaf, si può apprezzare un gioco di allitterazioni e
accumulazioni tra traîner et entraîner che possono essere utilizzati come sinonimi e varianti di uno stesso concetto.
Attenzione perché se usato in forma pronominale, s’entrainer significa allenarsi.
19
Farandole: sost. fem. Farandola. Tipo di danza popolare provenzale che si pratica in gruppo come fosse una sorta di
corsa ritmata su un allegro in sei ottavi. La danza prevede che ci si disponga in una fila con danzatori e danzatrici
alternate che si tengono per mano ed eseguono una serie di figure.

�Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me
vole
L'homme qu'elle m'avait donné que je n'ai jamais
retrouvé.

E stringo i pugni, maledicendo la folla che mi
ruba
L’uomo che mi aveva dato e che non ho mai più
ritrovato.

�LA VIE EN ROSE 20- LA VITA IN ROSA
Des yeux qui font baisser les miens
Un rire qui se perd sur sa bouche
Voilà le portrait sans retouches
De l'homme auquel j'appartiens
Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose 21
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Il est entré dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est lui pour moi, moi pour lui dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré pour la vie
Et dès que je l'aperçois
Alors je sens en moi
Mon cœur qui bat
Des nuits d'amour à plus finir
Un grand bonheur qui prend sa place
Des ennuis, des chagrins s'effacent
Heureux, heureux à en mourir
Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Il est entré dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est toi pour moi, moi pour toi dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré pour la vie
Et dès que je t'aperçois 22
Alors je sens dans moi
Mon cœur qui bat
La la, la la, la la
La la, la la, ah la
La la la la

Se tu sei vicino a me
Sognando insieme a te
La vita è tutta rosa
È una musica d’amor
Che sento in fondo al cuor
Nell'aria in ogni cosa
Le parole che sai dir
Più lievi di un sospir
Non possono mentir
Socchiudo gli occhi e ti sento parlar
E la tua bocca mi par di baciare.
Se tu sei vicino a me
La vita è sempre rosa insieme a te
C’è la tua immagine nel cielo
C’è il tuo sorriso in ogni fiore
Tu vivi in ogni mio pensiero
è la mia vita è il tuo amor.
Le parole che sai dir
Più lievi di un sospir
Non possono mentir
Socchiudo gli occhi e ti sento parlar
E la tua bocca mi par di baciare.
Se tu sei vicino a me
La vita è sempre rosa insieme a te...
Traduzione letterale del ritornello:
Quando lui mi prende fra le braccia
Mi parla a bassa voce
Vedo la vita in rosa
Mi dice parole d’amore
Parole quotidiane,
E sento qualcosa dentro
Lui è entrato nel mio cuore
Una parte di felicità
Di cui conosco la causa
Tu sei per me, e io per te nella vita
Me l’ha detto, l’ha giurato per sempre.

L’ACCORDEONISTE 23- IL FISARMONICISTA

20

La vie en rose: si tratta di una delle canzoni francesi più note a livello internazionale. Il testo fu scritto dalla stessa
Piaf nel 1945 e musicato dal compositore e pianista Louiguy (Louis Gugliemi). Il brano è talmente rappresentativo della
poetica di Piaf che il film di Olivier Dahan sulla vita di Edith Piaf, nell’originale francese La Môme, in Italia è stato
titolato La Vie en rose. Moltissimi artisti ne hanno inciso una loro interpretazione e sarebbe impossibile redarre qui un
elenco esaustivo ma possiamo citare almeno Louis Armstrong, Petula Clark, Dalida, Marlene Dietrich, Céline Dion, Ella
Fitzgerald, Lady Gaga, Grace Jones, Cyndi Lauper, Madonna, Mireille Mathieu, Yves Montand, Dean Martin, Amália
Rodrigues, Donna Summer. Fra gli italiani: Ornella Vanoni, Bobby Solo e Milva (che a Piaf dedicò un intero LP). La
traduzione che abbiamo riportato in italiano è quella cantata da Milva, non è strettamente letterale ma conserva il
senso del testooriginale e si intitola La vita è rosa.
21
Voir la vie en rose: l’espressione idiomatica francese voir la vie en roseequivale all’italiano "vedere la vita tutta rose
e fiori", nel senso di essere ottimisti e privi di preoccupazioni per il futuro. Nel testo, Piaf esprime la sua incrollabile
fede nell’amore e il suo ingenuo ottimismo, temi ricorrenti nelle sue canzoni.
22
Apercevoir: verbo. Percepire, intuire, in questo caso in senso visivo, cioè vedere non chiaramente ma abbastanza da
sapere. Nella forma pronominale s’apercevoir significa invece accorgersi, sentire, ma non per forza in senso visivo: je
me suis aperçu qu’elle n’était pas contente (mi sono accorto che non era contenta).

�La fille de joie est belle
Au coin de la rue là-bas
Elle a une clientèle
Qui lui remplit son bas 24
Quand son boulot 25 s'achève
Elle s'en va à son tour
Chercher un peu de rêve
Dans un bal du faubourg
Son homme est un artiste
C'est un drôle de petit gars
Un accordéoniste
Qui sait jouer la java 26
Elle écoute la java
Mais elle ne la danse pas
Elle ne regarde même pas la piste
Et ses yeux amoureux
Suivent le jeu nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de chanter
C'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vraie tordue de la musique
La fille de joie est triste
Au coin de la rue là-bas
Son accordéoniste 27
Il est parti soldat
Quand il reviendra de la guerre
Ils prendront une maison 28
Elle sera la caissière
Et lui, sera le patron
Que la vie sera belle
23

La ragazza di piacere (prostituta) è bella
All’angolo della strada laggiù
Ha una clientela
Che le riempie il collant
Quando il suo lavoro è finito
Anche lei se ne va
A cercare un po’ di sogni
A un ballo di periferia
Il suo uomo è un artista
È un ometto buffo
Un fisarmonicista
Che sa suonare la Java
Lei ascolta la Java
Ma non la danza
Non guarda neanche la pista
E i suoi occhi innamorati
Seguono il gioco nervoso
E le dita asciutte e lunghe dell'artista
Le entra nella pelle
Dal basso, dall’alto
Ha voglia di cantare
È qualcosa di fisico
È tutta tesa
Il suo respiro è sospeso
È una vera appassionata di musica
La ragazza di piacere è triste
All’angolo della strada laggiù
Il suo fisarmonicista
È partito soldato
Quando ritornerà dalla guerra
Prenderanno una casa
Lei sarà la cassiera
E lui sarà il capo
Come sarà bella la vita

L’Accordéoniste o La Fille de joie est triste: il brano fu scritto per Piaf nel 1940 da un giovane caporale in partenza
per il fronte di nome Michel Emer. Il brano si intitolava originariamente La Fille de Joie est tristeche letteralmente
significa la ragazza di gioia/di piacere (ovvero la prostituta) è triste. Alla cantante il brano piacque subito perché
riprende temi, quello della prostituzione e quello degli amori spezzati dalla guerra, che le sono molto cari. La cantante
lo inserisce subito nel proprio repertorio cambiandone il titolo e presto ne fa un proprio cavallo di battaglia. La
versione in italiano che proponiamo è stata rivista e leggermente modificata rispetto a quella che compare nel sito
www.antiwarsongs.org che raccoglie canzoni e canti contro la guerra.
24
Qui lui remplit son bas: che le riempie il collant, ovvero che le permette di intascarsi parecchi soldi. Espressione che
rinvia al fatto che la fille de joie raccoglie il danaro nella giarrettiera.
25
Boulot: sost masc. Espressione colloquiale per indicare il lavoro. Il se rend au boulot (va a lavoro).
26
Java: tipo di musica e di danza di gusto esotico molto in voga nella Francia degli anni Quaranta e ancora
successivamente come dimostrano canzoni quali Java Javanaise di Boris Vian o La Javanaise di Serge Gainsbourg.
27
Accordéoniste: sost. masc. Suonatore di fisarmonica da accordéon in francese, accordion in inglese e Akkordeon in
tedesco (da achòrdion, "senza corde"). Si vedano ad esempio Ce Soir L'Accordeon, traduzione francese del brano di
Gianni Morandi La Fisarmonica. Si tratta di uno strumento musicale che è parte integrante della tradizione e anche del
cliché popolare parigino, a cui non da ultimo ha attinto copiosamente Yann Tiersen per comporre la colonna sonora de
Il favoloso mondo di Amelie e trasportare così lo spettatore nelle atmosfere tipiche e stereotipiche della capitale
francese. In senso figurato viene adoperato in letteratura per definire una gamma completa, una sinfonia, un
concerto: « La joie quoi! La violence avec de la rigolade! Tout l'accordéon des plaisirs! » (La gioia! La violenza e il
divertimento! Tutto il concerto dei piaceri!) Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 590.
28
Maison: la “casa” a cui qui ci si riferisce non è una casa privata qualsiasi ma una “casa chiusa” in cui lei svolgerebbe il
ruolo di cassiera e lui di fellone…è un immaginario legato all’epoca e al personaggio che oggi può farci trasalire perché
il contesto storico in cui viviamo è mutato.

�Ils seront de vrais pachas 29
Et tous les soirs pour elle
Il jouera la java
Elle écoute la java
Qu'elle fredonne tout bas
Elle revoit son accordéoniste
Et ses yeux amoureux
Suivent le jeu nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de pleurer 30
C'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vraie tordue de la musique
La fille de joie est seule
Au coin de la rue là-bas
Les filles qui font la gueule
Les hommes n'en veulent pas
Et tant pis si elle crève
Son homme ne reviendra plus
Adieu tous les beaux rêves
Sa vie, elle est foutue
Pourtant ses jambes tristes
L'emmènent au boui-boui 31
Où y a un autre artiste
Qui joue toute la nuit
Elle écoute la java
Elle entend la java
Elle a fermé les yeux
Et les doigts secs et nerveux
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de gueuler
C'est physique
Alors pour oublier
Elle s’est mise à danser, à tourner
Au son de la musique
Arrêtez!
Arrêtez la musique 32!

29

Saranno dei veri pasha
E tutte le sere per lei
Lui suonerà la Java
Lei ascolta la Java
Che canticchia piano piano
Rivede il suo fisarmonicista
E i suoi occhi innamorati
Seguono il gioco nervoso
E le dita asciutte e lunghe dell'artista
Le entra nella pelle
Dal basso, dall'alto
Ha voglia di piangere
È qualcosa di fisico
È tutta tesa
Il suo respiro è sospeso
È una vera appassionata di musica
La ragazza di piacere è sola
All’angolo della strada laggiù
Le ragazze fanno le offese
Gli uomini non le vogliono
E non importa se lei crepa
Il suo uomo non ritornerà più
Addio a tutti i bei sogni
La sua vita è rovinata
Tuttavia le sue gambe tristi
La conducono al boui-boui
Dove c’è un altro artista
Che suona tutta la notte
Lei ascolta la Java
Lei sente la Java
Ha chiuso gli occhi
E le dita asciutte e nervose
Le entra nella pelle
Dal basso, dall’alto
Ha voglia di gridare
È qualcosa di fisico
Allora per dimenticare
Lei si è messa a danzare, a girare
Al suono della musica
Fermi!
Fermate la musica!

Pacha: sost. masc. Pascià. Titolo onorifico che nell’antico impero ottomano si attribuiva al governatore di una
provincia, per esempio Pacha de Damas, il Pascià di Damasco. Per analogia, la parola si utilizza per indicare delle
persone ricchissime, che vivono nell’agio come nell’espressione “vivere come un pascià”.
30
Elle a envie de pleurer: questo verso ci suggerisce che è successo qualcosa di tragico al fisarmonicista,
probabilmente è morto in guerra.
31
Boui-boui: sost. masc. Locale notturno di seconda categoria dove si suona musica.
32
Arrêtez la musique!: in questo grido – Fermate la musica! – la protagonista esprime tutta la sua disperazione per
aver perso il suo amore fisarmonicista in guerra.

�LES AMANTS D’UN JOUR - GLI AMANTI DI UN GIORNO 33
Moi, j'essuie les verres
Au fond du café
J'ai bien trop à faire
Pour pouvoir rêver
Et dans ce décor
Banal à pleurer
Il me semble encore
Les voir arriver...
Ils sont arrivés
Se tenant par la main
L'air émerveillé
De deux chérubins 34
Portant le soleil
Ils ont demandé
D'une voix tranquille
Un toit pour s'aimer
Au cœur de la ville
Et je me rappelle
Qu'ils ont regardé
D'un air attendri
La chambre d'hôtel
Au papier jauni
Et quand j'ai fermé
La porte sur eux
Y avait tant de soleil
Au fond de leurs yeux
Que ça m'a fait mal
Que ça m'a fait mal...
Moi, j'essuie les verres
Au fond du café
J'ai bien trop à faire
Pour pouvoir rêver
Et dans ce décor
Banal à pleurer
C'est corps contre corps
Qu'on les a trouvés...
On les a trouvés
Se tenant par la main
Les yeux refermés
Vers d'autres matins
Remplis de soleil
On les a couchés
Unis et tranquilles
Dans un lit creusé
33

Io lavoro al bar
D'un Albergo A Ore
Porto su il caffè
A chi fa l'amore
Vanno su e giù
Coppie tutte eguali
Non le vedo più
Manco con gli occhiali...
Ma sono rimasto là come un cretino
Vedendo quei due arrivare un mattino:
Puliti, educati, sembravano finti
Sembravano proprio due santi dipinti!
M’ han chiesto una stanza
Gli ho fatto vedere
La meno schifosa
La numero tre!
E ho messo nel letto i lenzuoli più nuovi
Poi, come San Pietro
Gli ho dato le chiavi
Gli ho dato le chiavi di quel paradiso
E ho chiuso la stanza, sul loro sorriso
Io lavoro al bar
Di un Albergo A Ore
Porto su il caffè a chi fa l’amore
Vanno su e giù
Coppie tutte eguali
Non le vedo più
Manco con gli occhiali
Ma sono rimasto là come un cretino
Aprendo la porta
In quel grigio mattino
Se n’erano andati
In silenzio perfetto
Lasciando soltanto i due corpi nel letto
Lo so, che non c’entro, però non è giusto
Morire a vent'anni e poi, proprio qui!
Me Ii hanno incartati nei bianchi lenzuoli
E l’ultimo viaggio l’han fatto da soli:
Né fiori né gente, soltanto un furgone
Ma là dove stanno, staranno benone!
Lo lavoro al bar
D’un albergo ad ore
Portò su il caffè
A chi fa l’amore...

Gli amanti di un giorno: anche se questa è la traduzione letterale del titolo originale, la versione italiana della
canzone qui riportata è quella adattata dal grande musicista, artista e scrittore Herbert Pagani con il titolo Albergo a
ore e portata al successo dalle interpretazioni di Ornella Vanoni, Gino Paoli, Milva, Leopoldo Mastelloni. La storia,
tristissima, è la stessa della versione francese. Una coppia di amanti si dà la morte in un albergo a ore e la vicenda è
raccontata dal punto di vista del custode/barista che ritrova i due senza vita. Per il tema scabroso e l’epilogo
nerissimo, la canzone è stata oggetto di censura nella televisione italiana. Nel 2015 è uscito un romanzo, La cameriera
era nuova di Dominique Fabre che racconta una storia in qualche modo analoga alla canzone per le atmosfere
malinconiche che evoca. È ambientato ad Asnières, banlieue di Parigi, dove Pierre è il vecchio cameriere di un bar
vicino alla stazione che si trova davanti una coppia di amanti. Dà loro le chiavi della stanza e poi…
34
Chérubin: sost. masc. Cherubino, angelo del cielo.

�Au cœur de la ville
Et je me rappelle
Avoir refermé
Dans le petit jour
La chambre d'hôtel
Des amants d'un jour
Mais ils m'ont planté
Tout au fond du cœur
Un goût de leur soleil
Et tant de couleurs
Que ça me fait mal
Que ça me fait mal...
Moi, j'essuie les verres
Au fond du café
J'ai bien trop à faire
Pour pouvoir rêver
Et dans ce décor
Banal à pleurer
Y a toujours dehors...
La chambre à louer..

Io sarò fissato
Ma chissà perché
Non mi va di dare più
La chiave del tre!

�MILORD 35
Allez venez, Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise

Avanti, venite Milord!
a sedervi al mio tavolo,
fa così freddo fuori,
qui, invece, è così confortevole.
Lasciatevi fare, Milord!
e mettetevi comodo,
abbandonate le vostre pene sul mio cuore,
poggiate i piedi su di una sedia.

Je vous connais, Milord
Vous n’ m'avez jamais vue
Je n’ suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue

Io vi conosco, Milord!
Voi, invece, non mi avete mai vista,
non sono altro che una ragazza del porto,
un'ombra della strada.

Pourtant, j’ vous ai frôlé
Quand vous passiez y hier
Vous n'étiez pas peu fier
Dame, le ciel vous comblait
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules
Vous aviez le beau rôle
On aurait dit le roi
Vous marchiez en vainqueur
Au bras d'une demoiselle
Mon Dieu, qu'elle était belle
J'en ai froid dans le cœur

Tuttavia, io v'ho sfiorato
quando siete passato ieri
ed eravate così poco fiero.
Dama! Il cielo vi colmava,
la vostra sciarpa di seta
fluttuante sulle vostre spalle,
avevate il ruolo più bello.
E voi, sembravate un re,
Marciavate come un vincitore
al braccio di quella signorina.
Mio Dio! quant'era bella,
...mi si ghiaccia il cuore!

Allez venez, Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable

Suvvia, Milord
Venite a sedervi al mio tavolo
Fa così freddo fuori
Qui invece si sta bene

Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise

Lasciate fare a me, Milord
E mettetevi a vostro agio
Lasciate a me le pene del vostro cuore
E i piedi sulla sedia

Je vous connais, Milord
Vous n’ m'avez jamais vue
Je n’ suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue

Io vi conosco, Milord!
Voi, invece, non mi avete mai vista,
non sono altro che una ragazza del porto,
un'ombra della strada.

Dire qu'il suffit parfois
Qu'il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s'en va
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n'a pas su comprendre
Qu'elle brisait votre vie

E dire che basta, talvolta,
che ci sia una nave,
perché tutto si laceri
quando questa se ne va.
Portava via con sé,
la Dolce dagli occhi così teneri,
che non ha saputo comprendere,
che distruggeva la vostra vita.

35

Milord: scritta nel 1958 da Georges Moustaki e portata al successo da Piaf. Il brano parla di una ragazza del porto,
una prostituta, che invita un uomo dell’alta borghesia (il milord) ad avvicinarsi, mettersi comodo e a lasciarsi alle
spalle le pene d’amore che lo fanno soffrire.

�L'amour, ça fait pleurer
Comme quoi l'existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après

L'amore fa soffrire,
Ecco perché l’esistenza,
che prima vi dà tutte le possibilità
poi in seguito se le riprende.

Allez venez, Milord
Vous avez l'air d'un môme
Laissez-vous faire, Milord
Venez dans mon royaume

Avanti, venite Milord!
Avete l'aria di un ragazzino,
lasciatevi fare, Milord!
Venite nel mio regno,

Je soigne les remords
Je chante la romance
Je chante les milords
Qui n'ont pas eu de chance

Curo dai rimorsi,
canto il romanticismo
e tutti quei Milord
che non hanno mai avuto possibilità (con me).

Regardez-moi, Milord
Vous n’ m'avez jamais vue

Guardatemi, Milord!
voi non m'avete mai vista

Mais vous pleurez, Milord
Ça, j’ l'aurais jamais cru

Ma, Milord, state piangendo?
Non l’avrei mai detto.

Eh, bien voyons, Milord
Souriez-moi, Milord
Mieux qu’ ça
Un petit effort
Voilà, c'est ça!
Allez riez, Milord
Allez chantez, Milord

Ebbene, andiamo, Milord!
Sorridetemi, Milord!
Di più, però...
ancora un piccolo sforzo!
Ecco, proprio così!
Avanti, ridete Milord!
Cantate, Milord!

Mais oui, dansez, Milord

Ma sì, danzate pure!

Bravo 36, Milord

Bravo, Milord!

Encore, Milord

Ancora, Milord!

36

Bravo: interiezione di origine italiana ormai utilizzata a livello internazionale per complimentarsi, applaudire,
esprimere apprezzamento e ammirazione: «Bravo! c’est parfait» (Bravo! È perfetto). In francese, la parola è stata
lessicalizzata e dunque introdotta ufficialmente nel 1738, in un’epoca in cui i prestiti dall’italiano erano molto di moda.
L’interiezione nel corso del tempo è arrivata a diventare sostantivo: «On a reçu des bravos et des bis» (Abbiamo
ricevuto dei bravo e dei bis); «La salle croule sous les bravos» (la sala crolla a colpi di bravo). Un esempio di ciò si
trovain una scena di Mme Bovary di Flaubert: «La salle craquait sous les bravos; on recommença la strette entière; les
amoureux parlaient des fleurs de leur tombe, de serments, d’exil, de fatalité, d’espérances» (La sala quasi crollava
sotto i bravo; ricominciarono a suonare tutta la coda; gli amanti parlavano di fiori sulle loro tombe, di fatalità, di
speranze).

�MON MANÈGE A MOI (TU ME FAIS TOURNER LA TÊTE) - LA MIA GIOSTRA (MI FAI GIRAR LA TESTA)
Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi c'est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras
Je ferais le tour du monde
Ça ne tourn'rait pas plus qu'ça
La Terre n'est pas assez ronde
Pour m'étourdir autant qu'toi

Tu mi fai girare la testa
La giostra mia sei tu
Ogni giorno è una festa
Quando mi stringi tra le tue braccia
Se facessi il giro del mondo
Non girerebbe tanto così
La Terra non è abbastanza tonda
Per stordirmi come fai tu

Qu'est-ce qu'on est bien tous les deux
Quand on est ensembl' nous deux
Quelle vie on a tous les deux
Quand on s'aime comme nous deux
On pourrait changer d'planète
Tant qu'j'ai mon cœur près du tien
J'entends les flonflons de la fête
Et la terre n'y est pour rien

Come stiamo bene insieme
Quando siamo insieme noi due
Che vita che facciamo
Quando due si amano come noi
Potrebbero cambiare il pianeta
Finché il mio cuore è vicino al tuo
Sento i caroselli della festa
E la terra è altrove

Ah oui, parlons-en de la terre
Pour qui elle se prend, la terre?
Ma parole y a qu'elle sur Terre
Y a qu'elle pour faire tant de mystères
Mais pour nous il y a pas de problèmes
Car c'est pour la vie qu'on s'aime
Et s'il y avait pas d'vie même
Nous on s'aimerait quand même

Ah sì, parliamone della terra
Per chi si prende?
Parola mia si crede chissà chi
Solo lei fa tanto la misteriosa
Ma per noi non c’è problema
Perché l’amore è per sempre
E se anche non ci fosse vita
Noi ci ameremmo lo stesso

Car

Perché

Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi c'est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras
Je ferais le tour du monde
Ça ne tourn'rait pas plus qu'ça
La Terre n'est pas assez ronde
Pour m'étourdir autant qu'toi

Tu mi fai girare la testa
La giostra mia sei tu
Ogni giorno è una festa
Quando mi stringi tra le tue braccia
Se facessi il giro del mondo
Non girerebbe tanto così
La Terra non è abbastanza tonda
Per stordirmi come fai tu

Je ferais le tour du monde
Ça ne tourn'rait pas plus qu'ça
La Terre n'est pas assez ronde
Mon manège à moi c'est toi!

Se facessi il giro del mondo
Non girerebbe tanto così
La Terra non è abbastanza tonda
Per stordirmi come fai tu

�NON, JE NE REGRETTE RIEN 37- NO, NON RIMPIANGO NIENTE
Non! Rien de rien ...
Non! Je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait
Ni le mal tout ça m'est bien égal!
Non! Rien de rien ...
Non! Je ne regrette rien...
C'est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé!
Avec mes souvenirs
J'ai allumé le feu
Mes chagrins, mes plaisirs
Je n'ai plus besoin d'eux!
Balayés les amours
Avec leurs trémolos
Balayés pour toujours
Je repars à zéro ...
Non! Rien de rien ...
Non! Je ne regrette rien ...
Ni le bien, qu'on m'a fait
Ni le mal, tout ça m'est bien égal!
Non! Rien de rien ...
Non! Je ne regrette rien ...
Car ma vie, car mes joies
Aujourd'hui, ça commence avec toi!

No, niente di niente!
No, non rimpiango niente!
Né il bene né tutto il male che mi è stato fatto,
va tutto bene così!
No, niente di niente!
No, non rimpiango niente!
È stato tutto saldato, spazzato via, dimenticato.
Me ne frego del passato!
Coi miei ricordi,
ho acceso il fuoco
i miei dispiaceri ed i miei piaceri,
non ho più bisogno di loro!
Spazzati via gli amori
e tutti i loro tremolii,
spazzati per sempre.
Riparto da zero.
No, niente di niente!
No, non rimpiango niente!
Né il bene che mi è stato fatto,
né il male, non me ne importa niente!
No, niente di niente!
No, non rimpiango niente!
Perché la mia vita, le mie gioie
oggi tutto questo riparte con te!

PADAM PADAM 38
Cet air qui m'obsède jour et nuit
Cet air n'est pas né d'aujourd'hui
Il vient d'aussi loin que je viens
Traîné par cent mille musiciens
Un jour cet air me rendra folle
Cent fois j'ai voulu dire pourquoi
Mais il m'a coupé la parole
Il parle toujours avant moi
Et sa voix 39 couvre ma voix
Padam, padam, padam
Il arrive en courant derrière moi
Padam, padam, padam
37

Quest’aria che mi ossessiona giorno e notte
Quest’aria non è nata oggi
Viene da lontano quanto me
Portata da centomila musicisti
Un giorno quest’aria mi farà impazzire
Cento volte ho voluto dire perché
Ma lui non me l’ha lasciato fare
Parla sempre prima di me
E la sua voce copre la mia
Padam, padam, padam
Arriva correndo da dietro di me
Padam, padam, padam

Non, je ne regrette rien: la canzone, notissima, è del 1956 ed è un altro grande cavallo di battaglia della cantante. Ha
una storia piuttosto controversa che mostra la complessità del suo personaggio e delle vicende in cui la Storia e il
costume si intrecciano a volte in modo scomodo. Piaf, infatti, dedicò il brano alla Legione Straniera in piena guerra
d’Algeria e dal canto suo la Legione la adottò al termine del golpe contro il governo algerino nel 1961. I comandanti
del 1° Reggimento Paracadutisti Stranieri furono arrestati e processati per i crimini commessi ma gli ufficiali non
coinvolti, i caporali e i legionari furono semplicemente riassegnati ad altri corpi. Quando uscirono dalle caserme si
misero a cantare la canzone, come a dire che dei massacri compiuti dall’esercito non si pentivano. Da allora la canzone
è diventata parte integrante del retaggio della Legione Straniera.
38
Padam padam: nel 1989, la canzone è stata incisa anche dai Litfiba, storica band di Piero Pelù, come omaggio alla
canzone francese e al paese in cui il gruppo aveva organizzato un lunghissimo tour. Lo stesso Pelù nella sua biografia
scrive: “Nel 1988 volli omaggiare la Francia e la sua chanson con Paname, evidente riferimento alla Padam Padam di
Édith Piaf, che avevo, tra l’altro, registrato con Andrea Cimenti dei Moda e Nicoletta Megalotti dei Violet Eves per un
quarantacinque giri oggi introvabile”.
39
Voix: sost. fem. Voce. Insieme di suoni prodotti dalle vibrazioni delle corde vocali. Ma una voce può essere anche
interiore, ispirare pensieri e azioni come la voix de la conscience(la voce della coscienza).

�Il me fait le coup du souviens-toi
Padam, padam, padam
C'est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comme une drôle d'erreur
Cet air qui sait tout par cœur
Il dit "rappelle-toi tes amours
Rappelle-toi puisque c'est ton tour
Y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas
Avec tes souvenirs sur les bras"
Et moi je revois ceux qui restent
Mes vingt ans font battre tambour
Je vois s'entrebattre des gestes
Toute la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours
Padam, padam, padam
Des "je t'aime" de quatorze-juillet 40
Padam, padam, padam
Des "toujours" qu'on achète au rabais
Padam, padam, padam
Des "veux-tu" en voilà par paquets
Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue
Sur l'air qui m'a reconnue
Écoutez le chahut qu'il me fait
Comme si tout mon passé défilait
Faut garder du chagrin pour après
J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat
Qui bat comme un cœur de bois.

40

Mi fa lo scherzetto del ti-ricordi
Padam, padam, padam
È un’aria che punta il dito contro di me
E io porto con me come uno strano errore
Quest’aria che conosco a memoria
Che fa “ricordati dei tuoi amori
Ricordati perché tocca a te
Non c’è motivo perché tu non debba piangere
Sommersa da tutti i tuoi ricordi”
E io rivedo chi è rimasto
I miei vent’anni a tambur battente
Vedo avvicendarsi i gesti
Tutto il can can degli amori
Su quest’aria che fa sempre
Padam, padam, padam
Dei “ti amo” detti alla festa del 14 luglio
Padam, padam, padam
Dei “per sempre” d’accatto
Padam, padam, padam
Dei “ti va” a pacchi
E tutto questo per poi cascare lì all’angolo
Al suono di quest’aria che mi ha riconosciuta
Sentite che cagnara che scatena in me
Come se mi passasse davanti tutta la vita
Bisogna tenersi da parte un po’ di dolore
Se ne potrebbe fare tutta una romanza sulle note
di quest’aria che batte
Che batte come un cuore di legno.

Quatorze juillet: 14 luglio, festa nazionale francese, giorno della presa della Bastiglia nel 1789. Qui l’espressione è
utilizzata per riferirsi alle promesse d’amore pronunciate nel contesto festivo, spensierato e dunque poco affidabile di
bagordi e bevute che rendono audaci ed entusiasti. Una promessa d’amore pronunciata il 14 luglio è come una
promessa da marinaio: può far piacere ma bisogna diffidarne.

�SOUS LE CIEL DE PARIS - SOTTO IL CIELO DI PARIGI
Sous le ciel de Paris s'envole une chanson
Elle est née d'aujourd'hui sans le cœur d'un garçon
Sous le ciel de Paris marchent des amoureux
Leur bonheur se construit sur un air fait
pour eux
Sous le pont de Bercy
Un philosophe assis
Deux musiciens, quelques badauds 41
Puis les gens par milliers
Sous le ciel de Paris jusqu'au soir vont chanter
L'hymne d'un peuple épris de sa vieille cité.
Près de Notre Dame
Parfois couve un drame
Oui mais à Paname
Tout peut s'arranger
Quelques rayons du ciel d'été
L'accordéond'un marinier
L'espoir fleurit au ciel de Paris...
Sous le ciel de Paris coule un fleuve 42 joyeux
Il endort dans la nuit les clochards et les gueux
Sous le ciel de Paris les oiseaux du Bon Dieu
Viennent du monde entier pour bavarder entre eux
Et le ciel de Paris
A son secret pour lui
Depuis vingt siècles il est épris
De notre Île Saint Louis
Quand elle lui sourit, il met son habit bleu
Quand il pleut sur Paris c'est qu'il est malheureux
Quand il est trop jaloux de ses millions d'amants
Il fait gronder sur nous son tonnerre éclatant
Mais le ciel de Paris
N'est pas longtemps cruel
Pour se faire pardonner
Il offre un arc-en-ciel.

41

Sotto il cielo di Parigi una canzone prende il volo
È nata quest’oggi nel cuore di un ragazzo
Sotto il cielo di Parigi passeggiano degli innamorati
La loro felicità poggia su un'aria fatta apposta
per loro
Sotto il ponte di Bercy
Un filosofo seduto
Due musicisti, qualche spettatore
Poi la gente, a migliaia
Sotto il cielo di Parigi fino a sera canteranno
L'inno di un popolo innamorato della propria (cara)
vecchia città.
Vicino a Notre Dame
A volte cova una disgrazia
Sì, ma a Panama
Tutto si può sistemare
Qualche raggio del cielo d’estate
La fisarmonica di un marinaio
La speranza fiorisce nel cielo di Parigi...
Sotto il cielo di Parigi scorre un fiume gioioso
Accompagna di notte nel sonno i senzatetto e i
mendicanti.
Sotto il cielo di Parigi gli uccelli del Buon Dio
Vengono da tutto il mondo per chiacchierare tra
loro
E il cielo di Parigi
Mantiene il suo segreto
Da venti secoli è innamorato
Dalla nostra Île Saint Louis
Quando lei gli sorride lui si mette il suo abito blu
Quando piove su Parigi vuol dire che lui è infelice.
Quando è troppo geloso dei suoi milioni di amanti
Ci ringhia addosso col suo tuono luminoso
Ma il cielo di Parigi
Non resta crudele tanto a lungo
Per farsi perdonare
Ci regala un arcobaleno.

Badaud:(sost. e agg.) spettatore, curiosone, astante. Il termine si riferisce a colui che vagando per una città si ferma
a osservare spettacoli di varia natura offerti dall’ambiente urbano, assecondando gli eventi e la propria curiosità,
meravigliandosi di qualunque cosa, ammirando ogni spunto che la realtà circostante gli sottopone. È una figura
strettamente legata all’immaginario parigino e si può ricondurre al paradigma del flâneur, la persona che bighellona,
che si aggira per le strade oziosamente, il moderno «botanico da marciapiede», secondo il conio del poeta Charles
Baudelaire. In altro contesto è lo stesso poeta simbolista a utilizzare tuttavia il termine badaud in senso spregiativo
quando deve riferirsi ad esempio ai critici letterari che non sanno svolgere adeguatamente il loro lavoro: «Théophile
Gautier possédait (...) cette fameuse qualité que les badauds de la critique s’obstinent à lui refuser: le sentiment.»
(Théophile Gautier possedeva (...) quella famosa qualità che gli incompetenti della critica si ostinano a negargli: il
sentimento).Qui badaud assume il significato di dilettante, incompetente, «turista».
42
Fleuve: fiume. Nella lingua francese il termine italiano “fiume” si rende tramite due espressioni della geografia ben
distinte: nel caso di fleuve si intende un corso d’acqua che sfocia in un oceano o in un mare. La Loira, la Senna, il Volga
e il Danubio, così come il Nilo o il Rio delle Amazzoni, sono tutti esempi di fleuves. Con rivière si intendono invece gli
affluenti, cioè tutti quei corsi d’acqua che approdano in altri corsi d’acqua, siano essi fiumi o altri affluenti. Rivière è
anche l’affluente di un lago. La Marna è un esempio di rivière francese. È interessante rilevare il fatto che questa
distinzione manca anche in altre lingue, come ad esempio l’inglese e lo spagnolo.

�RIFERIMENTI BIBLIOGRAFICI E SITOGRAFICI:
-

Piero Pelù (e Massimo Cotto), Identikit di un ribelle (Rizzoli, 2015)
France Culture
Robert de la Langue Française
Dizionario francese-italiano Boch
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales
Grammaire méthodique de la Langue Française de Riegel, Rioul et Pellat

Foglio di sala a cura di Silvia Nugara (francesista) e Gabriele Nugara (traduttore).

�ASSOCIAZIONE MUSICAINSIEME
Scuola di Musica della Val Pellice, Chisone e Germanasca
Via Roma 41 Luserna San Giovanni – 10062 – To
Tel. 0121 902734 – Fax. 0121 396699
Cell. 3357827403 – www.assmusicainsieme.it

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                  <text>Le attività degli Sportelli Linguistici fanno in modo che la popolazione entri in contatto con la lingua storica minoritaria sia nella sua forma orale, sia in quella scritta, ponendo le Pubbliche Amministrazioni nella condizione di corrispondere in lingua minoritaria, ai sensi della L.482/99, garantendo la presenza di personale che sia in grado di rispondere alle richieste del pubblico usando la lingua ammessa a tutela.</text>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Samedi et dimanche avec le français, le musique et le chant - La Môme Piaf - Programma di sala </text>
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                <text>Associazione Musicainsieme</text>
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                <text>Programma di sala del concerto "La Môme Piaf" volto all'approfondimento linguistico francese</text>
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